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Eure-et-Loir

Musique et musiciens d’Église dans le département de l'EURE-ET-LOIR autour de 1790

Sommaire

Liste des musiciens de l'Eure-et-Loir

Url pérenne : http://philidor.cmbv.fr/musefrem/eure-et-loir

 Ainsi nous naviguons vers votre cathédrale.
 De loin en loin surnage un chapelet de meules,
Rondes comme des tours, opulentes et seules
Comme un rang de châteaux sur la barque amirale.

Charles Péguy, Présentation de la Beauce à Notre-Dame de Chartres, 1913.

* * *

Le territoire et ses musiciens

La constitution du département de l’Eure-et-Loir, le 4 mars 1790, fut pour les élites chartraines un jour de triomphe : celui de l’émancipation vis-à-vis de la métropole orléanaise voisine. Les limites du département reprenaient en les élargissant celles du bailliage de Chartres, plaçant comme attendu le chef-lieu au centre du territoire. Ce bailliage, pourtant, était une mosaïque au carrefour de trois généralités : celles d’Orléans, de Paris et d’Alençon. Il ne correspondait pas non plus à une unité géographique naturelle. L’idée un temps caressée d’un département de Beauce avait été abandonnée. Si l’Eure-et-Loir est en effet immanquablement associée aux riches terres du plateau beauceron, Chartres n’est en réalité situé que sur les marges nord-ouest de celui-ci. Les vallées de l’Eure et du Loir séparent un flanc ouest, autrefois bocager, constitué des collines du Perche, d’un flanc est, vieil openfield, d’abord vallonné puis plat à mesure que l’on avance vers Orléans, « nappe immense, élargie, toute nue, sous la rondeur du ciel » (Zola, La Terre, 1887). C’est d’ailleurs la complémentarité de ces terroirs qui avait, depuis le Moyen Âge, non seulement prémuni Chartres contre les grandes disettes, mais plus encore, fait sa prospérité. Entre élevage et céréaliculture, la ville avait servi d’une part de centre de commercialisation, d’autre part de centre de transformation des produits des campagnes, tels que laines ou cuir. Le XVIIIe siècle est pourtant une période de déclin. Les élites locales, peu ambitieuses, vivent essentiellement du prélèvement de la rente foncière, laissant mourir l’industrie textile face à la concurrence des manufactures de Rouen, et combler la voie d’eau indispensable aux échanges.
La ville d’ailleurs ne domine pas l’ensemble du territoire du bailliage : au nord, le Drouais est déjà une zone de transition vers la Normandie et l’Île-de-France ; et c’est tout l’est du territoire qui est davantage sous l’influence de Paris que sous celle de Chartres. Pôle de troisième ordre à l’écart des grandes routes de commerce, la ville est pourtant le siège de plusieurs instances administratives : outre le bailliage déjà cité, une subdélégation, un présidial et encore un grenier à sel. Quant au diocèse de Chartres, composé de 810 paroisses selon La France ecclésiastique de 1790, il couvre à cette date l’essentiel du département, hors d’une trentaine de paroisses au sud, rattachées aux diocèses de Blois et d’Orléans.

Vue de Chartres (1780)

Vue de Chartres en 1780, gravure d'Antoine François Sergent. Médiathèque l'Apostrophe, Chartres

Comme dans les autres départements français, la Révolution fut pour les musiciens d’Église une période de grandes incertitudes : dès le 12 mars 1789, l’un des chantres de la cathédrale de Chartres, Edme DUPONT, avait directement écrit à Necker que « personne n'est en droit de se plaindre, sinon le corps des chantres et musiciens attachés aux églises cathédrales et collégiales et à quelques communautés régulières : et ces corps réunis forment un ensemble de plus de 3 000 sujets du roi » (F-An/ BIII/45). La série D XIX des Archives nationales avait livré les noms d’une grosse douzaine de ces musiciens exerçant en 1790 sur le territoire de l’Eure-et-Loir, dont seulement sept pour Chartres, chiffre évidemment très bas en regard de la réputation de la musique de la cathédrale. La conclusion à laquelle était parvenue les premiers chercheurs travaillant sur cette source pour l’ensemble de la France s’appliquait donc à l’Eure-et-Loir : il était nécessaire de descendre dans les Archives départementales, en particulier pour y dépouiller la série L. Sa richesse permet de fait une enthousiasmante moisson de musiciens aux situations variées.

Chartres : Une des plus grandes musiques d’Église de France à la fin de l’Ancien Régime

Le poids des clergés d’une ville sainte

Carte du département de l'Eure-et-Loir (1856)

Carte du département de l'Eure-et-Loir. Victor Levasseur, Atlas national illustré, 1856. BNF-Gallica.

Chartres fait partie de ces villes particulièrement marquées par le clergé à la veille de la Révolution. « Ville sainte » placée sous la protection de la Vierge depuis l’époque… druidique (du moins selon la tradition défendue par les chanoines de la cathédrale qui expliquent ainsi l’origine de leur puissance), la ville est couverte de plus de quarante clochers intra muros, dominés bien entendu par la silhouette imposante de la cathédrale.

La contribution mobilière de 1791 recense 405 membres du clergé, et Benoît Garnot (1995) évalue leur nombre à plus de cinq cents avant les premières mesures révolutionnaires, soit au moins un habitant sur 25. Plus encore, alors que la ville, « en déclin », voit sa population diminuer (15 700 habitants en 1709, 13 100 habitants à la fin de l’Ancien Régime), le nombre des membres du clergé des deux sexes a été multiplié par près de deux entre 1700 et 1790.

On peut sommairement diviser ce clergé en trois groupes.

Le clergé paroissial tient numériquement une place mineure : la ville de Chartres et ses faubourgs sont divisés en onze paroisses, donc autant de curés mais davantage de vicaires, soit une trentaine de prêtres. Leur importance dans la vie quotidienne des Chartrains est évidemment inversement proportionnelle à leur faible nombre.

Le clergé régulier est, au contraire, en nombre particulièrement important à Chartres. Aux abbayes et prieurés installés depuis le Moyen Âge (entre autres l’abbaye de Saint-Père en basse ville depuis peut-être le VIe siècle, les Filles-Dieu hors des murailles près de l’Eure depuis le XIIIe siècle) se sont ajoutés avec la Réforme catholique des couvents d’hommes (minimes au lieu-dit La Treille en 1618, capucins en 1664 à Saint-Martin-au-Val…) et surtout des monastères de femmes (carmélites en 1619, ursulines à l’hôtel Montescot en 1625, religieuses de la Providence rue Muret à partir de 1655, sœurs de l’Union chrétienne à la fin du XVIIe siècle, sœurs des écoles de charité – dites « sœurs sabotières » – au début du XVIIIe, etc.). Soit un total d’environ deux cent cinquante personnes fin 1790, bien plus quelques années plus tôt.

Le premier rôle est cependant encore tenu à Chartres par les chanoines. La ville compte quatre collégiales mais, par sa taille et sa puissance, seul le chapitre de la cathédrale s’impose. Composé de 93 bénéficiers dont 17 dignitaires (doyen, sous-doyen, chantre, sous-chantre, chambrier, chancelier, grand archidiacre, 5 archidiacres, 4 prévôts, un chéfecier), il dispose du droit de présentation à plus du quart des cures du diocèse et est en parallèle l’un des plus gros propriétaires beaucerons : il possède près de sept mille hectares, 113 maisons à Chartres, soit un capital foncier de l’ordre de trois millions et demi de livres pour un peu plus de 118 000 livres de revenus d’après le Pouillé de 1760. Il dispose également de sa propre justice sur une part de la ville elle-même, grâce à la mairie de Loëns, et aurait une juridiction temporelle sur soixante-douze bourgs et plus de cent cinquante hameaux qui en dépendent, dans un rayon de cinquante kilomètres autour de la ville. Pour reprendre le titre d’un article de Michel Vovelle (1961), il s’agit d’« un des plus grands chapitres de France à la fin de l’Ancien Régime ».

Face à lui l’évêque semble bien peu peser : lui ne nomme qu’à 8,5 % des cures du diocèse. Les évêques successifs ont pourtant réussi à juguler, par leur personnalité et leur proximité du pouvoir royal, l’esprit frondeur du chapitre de la cathédrale : aux deux extrémités du siècle, Paul Godet des Marais (1690-1709) fut le confesseur de Madame de Maintenon, et Jean-Baptiste Joseph de Lubersac (1780-1790), le premier aumônier de Madame Sophie, la tante de Louis XVI. Même sur le plan matériel le chapitre est en recul : la formation du diocèse de Blois en 1697 a privé les archidiacres de Dunois, de Blois et de Vendôme de tout ou partie de leurs revenus en diminuant le nombre de cures auxquelles ils nommaient. Et s’il prétend toujours participer à la direction spirituelle du diocèse, le chapitre a pratiquement perdu, depuis le début du XVIIIe siècle, le droit de visiter les paroisses relevant de sa mouvance. Dans la ville, en butte à l’hostilité des élites urbaines et du clergé paroissial, les chanoines sont progressivement éliminés de l’administration municipale : à partir de 1765 ils perdent le droit d’élire des délégués au corps de ville. Et pourtant ils entraînent toujours derrière eux un bas chœur particulièrement imposant : plus de soixante-dix clercs desservant les cinquante-sept chapelles de l’église, prêtres habitués aux revenus médiocres — donc dépendants —, ainsi que les chapitres mineurs de Saint-Piat et de Saint-Nicolas, dont les prébendes sont attribuées essentiellement aux musiciens de la cathédrale.

Les musiques d’église de la ville

Les musiciens d’Église à Chartres à la veille de la Révolution reflètent le poids des clergés respectifs.

L’écrasante musique de la cathédrale

Tableau des musiciens de la cathédrale de Chartres (1790)

Tableau des traitements ecclésiastiques des musiciens de la cathédrale de Chartres en 1790. F-Ad28 / L 554.

C’est évidemment la cathédrale de Chartres qui possède, à la veille de la Révolution, le corps de musique le plus développé de la ville : statutairement 24 musiciens gagés quotidiennement, auxquels il faut ajouter les dix enfants de chœur et l’organiste.

Suivant la tradition, « la musique [de la cathédrale] a pour premier fondateur Robert soixante troisième Evesque de Chartres vers l'an 1148 » (F-Ad28/ L 554), et donne à ses chantres le nom d’heuriers-matiniers. Pour reprendre un historien chartrain du XVIIe siècle, « de sorte que comme David et Salomon son fils establirent au temple les princes des prebstres, les lévites, les chantres et psalmistes, mesme institution auroit este practiquée en l’Eglise de Chartres ; et d’ancienneté les clercs inférieurs d’icelle destinez au chant et à la psalmodie devoient estre au nombre de vingt et quatre, aians un nom de fort bon augure d’heuriers et matiniers, les premiers démonstrans l’assiduité qui se doibt rendre aux louanges divines aux heures prescriptes, soit de jour, soit de nuict ; et les autres, la diligence que l’on doibt à ce sainct ministère dès l’aube du jour et naissance du soleil » (Sébastien ROUILLARD, Parthénie ou histoire de la très auguste église de Chartres, 1609). Leur nombre semble en fait avoir quelque peu varié au cours des siècles et au XVIIIe, « heuriers » et « matiniers » (ou « matutiniers ») ne sont plus distingués.

Un ensemble de 24 chantres et musiciens représente il est vrai un corps particulièrement fourni. La France ecclésiastique donne des effectifs en général plus faibles pour les musiques des cathédrales voisines, et seule Notre-Dame de Paris dispose d’un effectif comparable à celui Chartres. À ce stade de la recherche, cette musique semble, à l’image du chapitre de la cathédrale, « une des plus grandes de France à la fin de l’Ancien Régime ».

Chevet de la cathédrale de Chartres et chapelle Saint-Piat

Chevet de la cathédrale de Chartres avec, au premier plan, la chapelle Saint-Piat. Photo P. Mesplé.

     Afin de conforter les revenus de ses chantres, le chapitre de la cathédrale avait peu à peu créé de nouvelles prébendes qui leur étaient réservées. En 1349 d’abord, une fondation avait établi un collège de douze chanoines en la chapelle de Saint-Piat, érigée à l’abside de la cathédrale. Son patrimoine avait peu à peu prospéré grâce à des dons et de nouvelles fondations : fin mars 1791, les ex-chanoines de Saint-Piat estimaient le revenu de leur prébende à 18 livres par semaine chacun, soit 936 livres par an et par bénéficier, ce qui est loin d’être négligeable au vu des revenus ordinaires des musiciens. Le chapitre de Saint-Piat représente donc à la veille de la Révolution, un véritable corps : « Oui les chanoines de St Piat […] avaient un syndic, un notaire. Ils tenaient des assemblées capitulaires. […] De même que les chanoines de N.D. de Chartres, les chanoines de St Piat avaient un office canonial qui consistait en une messe haute tous les jours. […] Enfin lors de l’élection des députés aux États Généraux en 1789, on ne balança point à regarder les chanoines de St Piat comme bénéficiers formant un corps. Les lettres du Roi portant convocation leur furent signifiées comme aux autres corps et autres bénéficiers » (F-Ad28/ G 564, p.5-6). Au point que le pouillé général du clergé de 1760 ne dénombre que trois chapitres dans le diocèse de Chartres : le puissant chapitre de la cathédrale, le petit chapitre de Saint-Nicolas de Maintenon… et entre les deux, le chapitre de Saint-Piat. Son indépendance est pourtant toute relative : le chapitre de la cathédrale conserve le droit de choisir ces « chanoines » du bas chœur et, théoriquement au moins, le droit de leur retirer leur prébende ; c’est d’ailleurs sur cette question de l’amovibilité de leur bénéfice que les chanoines de Saint-Piat sont régulièrement attaqués.

À côté de ces douze canonicats initiaux, douze nouveaux s’ajoutèrent entre la fin du XVe siècle (« fondation Thieursault » en la chapelle Saint-Nicolas) et le début du XVIe (« fondation Louppereau » au même endroit) pour donner la possibilité de doter plus d’heuriers-matiniers ainsi que des enfants de chœur. Fin mars 1791, ces ex-chanoines de Saint-Nicolas estimaient, eux, leurs revenus à 10 livres par semaine chacun, soit 520 livres par an et par bénéficier. Assez nettement, les canonicats de Saint-Nicolas sont d’un niveau inférieur à ceux de Saint-Piat. D’abord parce que les revenus liés sont presque deux fois moins importants. Ensuite parce qu’ils ne semblent pas avoir formé un « corps » uni, comme avaient pu l’être ceux de Saint-Piat : pas de registre capitulaire, pas non plus de pétition commune en 1791 pour faire reconnaître leur titre de bénéficiers. Enfin, lorsque Pierre-Augustin DESVIGNES est nommé maître de musique en 1786, il ne peut récupérer la prébende de son prédécesseur Michel DELALANDE puisque celui-ci la conserve ; par conséquent, en attendant qu’une place se libère, le « chapitre lui a accordé un canonicat de St Nicolas avec un supplément en bled et en argent équivalent à un canonicat de St Piat jusqu’à ce qu’il y en ait un de vacant ». D’ailleurs, si la chapelle Saint-Piat est toujours debout au chevet de la cathédrale, la chapelle Saint-Nicolas, elle, avait été cédée dès 1702 à l’évêque Godet des Marais, et abattue l’année suivante pour agrandir la cour de l’évêché.

Portrait de Pierre Louis Augustin DESVIGNES

Portrait de Pierre Louis Augustin DESVIGNES, par Pierre Roch Vigneron. Lithographie de Thierry Frères (1830). BNF-Gallica.

La liste effective des musiciens de la cathédrale en 1790 n’est pourtant pas composée de 24 bénéficiers. Les 12 prébendes de Saint-Piat sont occupées (elles le sont globalement pour l’ensemble du XVIIIe siècle), mais on ne compte à la veille de la Révolution que 5 chanoines de Saint-Nicolas. À ces 17 « chanoines » il faut donc ajouter 7 musiciens non-prébendés.

Caractéristique chartraine cependant, tous ces musiciens sont célibataires : un mariage entraîne le départ du chantre, tel André-Laurent GAILLOURDET en août 1780. Seule exception, l’organiste est lui marié, mais il est vrai que le buffet d’orgue est situé hors du chœur. Lorsque ont lieu des « fêtes où il y a musique » la musique de la cathédrale se renforce des musiciens « symphonistes » de la ville. Leur spécialisation leur assure des revenus non négligeables de la part du chapitre : plus de 80 livres à Simon-Pierre CREUSAS, par ailleurs maître de danse, entre la Saint-Jean 1788 et la Saint-Jean 1789 pour une douzaine d’interventions, soit davantage que pour un chantre de paroisse intervenant logiquement une soixantaine de fois dans l’année. Jean-Marin PICHON est lui rémunéré quatre à six livres pour chaque motet auquel il participe (et qui demande en général chacun une ou deux répétitions) en 1785-1786.

Les collégiales chartraines

Les collégiales chartraines semblent disposer de musiques bien réduites. Le poids écrasant de la cathédrale se fait sentir dans l’absence d’autre psallette. Hors de l’église épiscopale, aucun chantre ne porte le titre de « maître des enfants de chœur », aucun enfant de chœur n’a réclamé de pension ou de gratification en 1790. Et contrairement à ce qu’on observe dans d’autres villes, la musique de la cathédrale ne fait jamais appel aux chantres des collégiales, même pour les fêtes : les deux mondes semblent relativement hermétiques l’un à l’autre.

Outre la cathédrale, Chartres possédait trois églises collégiales établies concurremment avec des paroisses : Saint-André, Saint-Aignan et Saint-Maurice. Les deux premiers chapitres n’ont pas de fonds propre aux Archives départementales et le troisième présente très peu de pièces pour le XVIIIe siècle, aucune postérieure à 1750. Seuls les chantres du chapitre de Saint-André ont déposé des requêtes en vue d’obtenir pensions et gratifications en 1791. Si tant est qu’ils aient existé, aucun musicien des deux autres chapitres n’a pour l’instant été retrouvé.

La collégiale Saint-André dispose d’un orgue (dont le titulaire en 1790 n’a pas encore été déterminé) et entretient au moins cinq chantres. Ces derniers, rémunérés 200 livres par an, effectuent plus qu’un simple service hebdomadaire, mais n’en retirent pas de revenus suffisants pour vivre. De façon assez traditionnelle, ces chantres cumulent donc les charges : Philippe-Étienne CALAIS est en parallèle chantre pour la paroisse Saint-André, son collègue Bernard MAURY officie également auprès de la paroisse Saint-Aignan.

La musique des établissements réguliers

La ville abrite encore trois abbayes (Saint-Père-en-Vallée, Saint-Chéron, Saint-Jean-en-Vallée), plusieurs prieurés (principalement Saint-Martin-au-Val et les Filles-Dieu), diverses autres communautés religieuses (carmélites, cordeliers, jacobins…) ainsi qu’un collège, un séminaire et un hôtel-Dieu.

Tableau 1 : Les musiciens des établissements réguliers à la veille de la Révolution

Nom de l’institution   Affiliation   Revenus   Nbre de musiciens  Orgue 
Abbaye de Saint-Jean-en-Vallée Génovéfains   3000 lt.             3
 (dont 1 serpent)
  /
Abbaye de Saint-Père-en-Vallée Bénédictins   15 000 lt.  1 organiste /
 3 enfants ?a
  1
Abbaye de l’Eau (F) Cisterciens   4000 lt.   une organiste   1
Prieuré des Filles-Dieu (F) Augustins   2000 lt.   (6 enfants ?)b   1
Couvent des cordeliers Franciscains   2100 lt.   /   1 ?c
Couvent des jacobins Dominicains   2200 lt.   /   1 ?d
Hôtel-Dieu   /   123 350 lt.e   /   1

aTrois petits rochets sont signalés dans l’inventaire de 1792.

bSix surplis d’enfants de chœur sont signalés dans l’inventaire de 1790.

cUn orgue est signalé pour le début du XVIIIe siècle par A. Cambourian, 1996, p.261. L’inventaire de 1790 (F-Ad28/H 4199) n’en fait pas mention ; l’estimation des revenus ici donnée en est issue.

dUn orgue existait dans la seconde moitié du XVIIe siècle (A. Cambourian, 1996, p.262). La liste des biens matériels du couvent dressée par l’inventaire de 1790 semble avoir été perdue (F-Ad28/H 4160) ; l’estimation des revenus ici donnée en est issue.

eRecette 1788-1789 (F-Ad28/ H-Dépôt I E 395).

Les sources dont on dispose sont très différentes d’un établissement à l’autre : les conclusions doivent donc être prudentes. La plupart des inventaires établis entre 1790 et 1793 mentionnent des lutrins ou des livres de chants. Est-ce pour autant la preuve d’une musique professionnelle, ou dit autrement, de spécialistes chargés de la musique lors des cérémonies religieuses ? Il est bien difficile de l’affirmer même lorsque la présence d’instruments — en particulier d’orgues — est mentionnée. Les orgues sont particulièrement nombreuses dans ces établissements, mais leurs organistes sont encore dans l’ombre. Trois noms seulement émergent pour la génération 1790 : le sieur MARTIN, qui tient les tribunes de l’abbaye de Saint-Père et de l’hôtel-Dieu, Marie-Thérèse OFFROY « sœur donnée » de l’abbaye de l’Eau, et sœur Marie-Madeleine ROBERT, dite de Sainte Cécile, au monastère des Filles-Dieu.

Les chantres de paroisses

Si les archives laissées par les onze paroisses de Chartres ont connu des fortunes diverses, elles permettent cependant d’avoir une image assez précise des musiciens appointés dans ces églises (Tableau 2).

Tableau 2 : Les chantres de paroisses à la veille de la Révolution

Paroisses intra muros :   Nombre de musiciens             Orgue
Sainte-Foy   3 (4 ?)a (dont 1 serpent)  
St-Martin-le-Viandier               2 (3 ?)b                 1
Saint-Michel                  2 ?c  
Saint-Saturnin                    3  
Saint-Aignan*                    1                 1
Saint-André*               2 (4 ?)d               1 ?e
Saint-Hilaire               1 (+ ?)f  
Paroisses extra muros :   Nombre de musiciens             Orgue
Saint-Brice    Pas de comptes de fabrique conservés
Saint-Barthélémy                  2 ?g  
Saint-Maurice*    Pas de comptes de fabrique conservés
Saint-Chéron**    Pas de comptes de fabrique conservés

*Existence parallèle d’une collégiale.

**Saint-Chéron était également une abbaye augustine, les offices paroissiaux se faisaient au XVIIIe s. dans la nef de l’église abbatiale.

aDeux lignes de comptes mentionnent le paiement de chantres sans que l’on soit absolument sûr de devoir confondre les personnes indiquées.

bEn plus des deux chantres, il y a un « clerc de fatigue » (le sieur DUPIN) qui reçoit également une gratification « pour ouvrages de plain-chants par lui fait », ce qui démontre des compétences musicales.

cLes comptes de fabrique n’ont pas été conservés. L’inventaire du mobilier de l’église réalisé le 21 décembre 1791 (F-Ad28/ 1Q supplément 3) indique pourtant « une couverture en toile rouge pour le banc des chantres » et un peu plus loin « deux grands surplis, deux petits » ce qui laisse imaginer la présence de deux chantres et autant d’enfants de chœur.

dIl y a à Saint-André deux chantres Bernard MAURY et le sieur VASSARD, mais également deux « clercs de fatigue épistoliers », les sieurs LASAUNIÈRE et BEAUFILS, ce dernier remplacé par HARDY. Or dans les demandes de pension de 1791, Séverin DELASAUNIÈRE et André HARDY sont dits « clerc et chantre » du chapitre Saint-André.

eDes orgues existaient au XVe siècle. Le buffet aurait été conservé jusqu’en 1898 (A. Cambourian, 1996, p.263). Pas de trace cependant dans les comptes de fabrique à la veille de la Révolution.

fLes comptes de la fabrique, pour la fin des années 1770, juxtaposent les noms sans toujours préciser leur fonction. « BEROU » connu par ailleurs comme chantre, est ainsi rétribué pour son « assistance ». Il est donc possible qu’un, voire deux, noms supplémentaires correspondent aussi à des musiciens.

gLes comptes de fabrique n’ont pas été conservés. L’inventaire du mobilier de l’église réalisé le 21 décembre 1791 indique pourtant « 5 surplis dont 3 petits, une robe de porte-baleine, 5 soutanes dont trois petites » ce qui laisse imaginer la présence de deux chantres et trois enfants de chœur.

Les paroisses intra muros les plus riches de la ville haute semblent les mieux fournies en musique, sinon quantitativement, du moins qualitativement. Saint-Martin-le-Viandier, par exemple, s’offre en 1784 un livret d’orgue composé par Denis PROTA, l’organiste de la cathédrale qui officie également pour la paroisse. La même année, elle acquiert des ouvrages de plain-chant « nécessaires pour chanter les petite heures, ainsi qu'il se pratique tous les dimanches à St Martin ; les antiphonaires du bréviaire nouveau ne renfermant les petites heures que pour les grandes fêtes, ce qui suffit aux autres paroisses » (F-Ad28/ G 3864). Cependant, d’une paroisse à l’autre les chantres ont sensiblement la même rémunération : soixante livres par an, correspondant à des prestations les seuls dimanches et fêtes, qui ne peuvent donc suffire à leur assurer des revenus décents. La majorité d’entre eux cumule donc ces charges dans plusieurs paroisses ou chapitres, mais dans leurs actes de mariage ou dans les actes de baptême de leurs enfants, ce sont toujours des activités civiles qui les désignent : ainsi Philippe-Étienne CALAIS est chantre pour la paroisse et pour la collégiale Saint-André, mais il est systématiquement mentionné comme « [marchand / maître] amidonnier » dans les actes de baptême de ses enfants.

Châteaudun, Dreux, Nogent-le-Rotrou : des pôles secondaires au dynamisme musical varié

Les autres villes majeures du département d’Eure-et-Loir semblent avoir eu une vitalité musicale inégale : on a dit que la série D XIX avait fait émerger les noms d’une demi-douzaine de musiciens à Châteaudun, de quelques-uns à Dreux mais d’aucun à Nogent-le-Rotrou. L’enquête dans les sources locales a heureusement permis d’apporter des compléments, même s’il reste des points d’interrogation.

 

Châteaudun : l’extraordinaire dynamisme culturel d’une petite ville de province

Église de l'abbaye de la Madeleine de Châteaudun

Église de l'abbaye de la Madeleine de Châteaudun. Photo F. Caillou

     Il est difficile de dire si l’importante présence des musiciens de Châteaudun n’est que le reflet d’un incontestable dynamisme musical ou si elle est aussi le reflet d’une propension particulière à multiplier les pétitions. Quoi qu’il en soit, la ville de Châteaudun est un gros bourg de moins de 6 000 habitants à la veille de la Révolution, qui a profité de l’incendie de 1723 pour se reconstruire selon les codes esthétiques des Lumières. Or les élites locales entretiennent une vie culturelle certaine, et les trois pôles religieux (le couvent de la Madeleine, la Sainte Chapelle de Dunois, et le chapitre de Saint-André) se livrent une véritable concurrence quant au faste de leurs cérémonies. Ces deux dernières églises (des collégiales) disposent de petites psallettes de quatre enfants et d’un « maître des enfants de chœur ». D’ailleurs, et les enfants de Saint-André, et ceux de la Sainte-Chapelle ont déposé des demandes de gratification en 1790. C’est pourtant la famille d’organistes dominant la cité qui nous est le mieux connue grâce aux travaux de Sylvie Granger, François Caillou et Christophe Maillard (2012). Le père, Maurice DOBET, après avoir été enfant de chœur de la cathédrale de Chartres, est organiste dans la capitale du Dunois depuis le début des années 1740. Il a progressivement obtenu toutes les tribunes de la ville et la charge de maître des enfants de chœur de Saint-André depuis 1764. Il peut donc vivre de son art avec une honnête aisance et doit même se faire seconder par sa fille Marie-Louise, avec qui il partage la pension offerte par le directoire départemental en 1791. Deux de ses fils Jean-Maurice et François-Maurice devinrent eux aussi des organistes aux parcours bien différents hors du département.

Dreux : un exemple de mise en lumière de femmes musiciennes

Église paroissiale Saint-Pierre de Dreux

Église paroissiale Saint-Pierre de Dreux. Photo P. Mesplé.

La capitale du Drouais semble moins bien pourvue en musique. Bourg de moins de 5 500 habitants à la veille de la Révolution, la ville avait pourtant montré un réel dynamisme religieux lors des débuts de la Réforme catholique, ayant organisé en 1583 un pèlerinage à Chartres resté dans les mémoires. Dreux est divisée en deux paroisses, Saint-Pierre, dans la ville, et Saint-Jean-en-la-Plaine pour les faubourgs, complétées par la collégiale Saint-Étienne, sise en l’ancien château depuis le XIIe siècle, et par un couvent de capucins établi depuis 1609. La paroisse Saint-Pierre et la collégiale Saint-Étienne regroupent l’ensemble des musiciens dont nous avons retrouvé les noms. La collégiale (13 chanoines, 6 000 livres de revenus) dispose d’une petite psallette de quatre enfants de chœur, dirigée par un officier du bas chœur, tout à la fois « maître de musique des enfants de chœur », chantre et serpent : François TOUCHARD. La paroisse Saint-Pierre dispose d’un orgue tenu par une femme, Anne-Aimée MALLET, épouse CHAILLOU. La biographie de cette dernière est particulièrement intéressante ; elle n’est pas la première femme à tenir l’orgue de Saint-Pierre : à la fin du XVIIe siècle, Anne LEBON, veuve BAUDOIN avait déjà occupé le poste, et en 1760 une demoiselle LIEDDE, fille du précédent organiste titulaire, avait brièvement remplacé Louis-Jacques MALLET, le père d’Anne Aimée. La situation des trois femmes est similaire : elles appartiennent toutes à des familles de musiciens et obtiennent la tribune de Saint-Pierre en remplacement d’un parent ; Anne Aimée MALLET est ainsi fille, femme et sœur d’organistes. Or, lors des baptêmes et sépultures de ses nombreux enfants, elle est toujours dite « organiste » et presque toujours « organiste de notre paroisse » sortant là publiquement de « l’invisibilité » (Sylvie Granger, 2008) qui caractérise les femmes musiciennes du XVIIIe siècle. Mieux encore, en 1784-1785 elle touche 340 livres de la fabrique « tant pour ses honoraires que pour le livre de l’orgue qu’elle a fait » : elle n’est sans doute pas cantonnée à un simple rôle d’exécutante musicale.

Nogent-le-Rotrou : un exemple de l’itinérance des chantres

Collégiale Saint-Jean de Nogent-le-Rotrou

Ancienne collégiale Saint-Jean, à Nogent-le-Rotrou, détruite pendant la Révolution. Aquarelle d'Alexandre Jubault, 1887. Nogent le Rotrou, Musée du Château Saint-Jean.

     Nogent-le-Rotrou (rebaptisée brièvement Nogent-le-Républicain pendant la Révolution) compte près de 6 800 habitants à la fin de l’Ancien Régime. C’est pourtant la ville d’Eure-et-Loir dont les musiciens d’Église de 1790 nous ont laissé le moins de traces. Trois paroisses se partagent la ville, Notre-Dame, Saint-Hilaire et Saint-Laurent, qu’il faut compléter par un couvent de capucins, le prieuré clunisien de Saint-Denis et la collégiale Saint-Jean-Baptiste accolée au château. Seule cette dernière, disposant d’un revenu de 6 000 livres partagé entre neuf prébendés, nous a pour l’instant donné les noms de musiciens. L’un d’eux, Claude BILLARD est ainsi tout à la fois chantre, musicien, maître des enfants de chœur et sacristain, preuve de l’existence d’une psallette. Son parcours est remarquable. La première mention que nous avons de lui le situe au service du chapitre de chanoines réguliers de Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay en 1775, un an avant son arrivée dans le Perche, cette fois comme musicien à l’abbaye bénédictine et au collège royal militaire de Thiron à une quinzaine de kilomètres à l’est de Nogent-le-Rotrou : preuve de la longue itinérance de certains de ces musiciens, non seulement vers les grandes cathédrales, mais aussi vers des centres de bien plus faible notoriété comme cela a pu déjà être noté pour l’ORNE voisine. Il est très probable cependant que d’autres églises de Nogent, si ce n’est toutes, employaient des musiciens puisqu’en 1772, lors du mariage à Dreux de Jean-Noël CHAILLOU, organiste de l’abbaye de Coulombs, son père est dit « organiste de Notre-Dame de Nogent ». Qui était son successeur en 1790 ?

Les pôles isolés et les paroisses

     Les derniers établissements à employer des musiciens sont, comme l’abbaye bénédictine de Thiron, des pôles isolés dans de toutes petites villes du département. À Bonneval (à peine plus de 2 000 habitants à la veille de la Révolution), l’abbaye Saint-Florentin réformée par la congrégation de Saint-Maur en 1660, malgré ses 6 000 livres de revenus et son large rayonnement durant le Moyen Âge, ne nous a pas laissé de noms de chantres, alors que la présence de deux enfants de chœur est attestée. Les comptes de fabriques nous offrent eux, les noms de chantres de deux paroisses de la ville. À Maintenon (1 500 habitants), un unique chantre de la collégiale Saint-Nicolas a déposé une requête avant 1793 dans le but d’obtenir une gratification du département. Or deux noms de choristes apparaissent dans les comptes de fabriques de la paroisse sise en la même église. On découvre pourtant d'autres traces, en creux, de musiciens, par exemple lorsque le 28 nivôse an II (17 janvier 1794), l’Assemblée nationale exige que soit rassemblé — et donc dénombré —, le linge d’église. Il en reste aux Archives départementales d’Eure-et-Loir plusieurs grosses liasses dressant la liste de ce qui a été fourni par chaque paroisse, celles-ci étant regroupées par canton. Le secrétaire chargé de cet imposant dénombrement précise pour les trois premiers cantons s’il s’agit de « petits surplis », de « ruchers servant aux chantres » etc., avant d’abandonner, sans doute devant l’ampleur de la tâche, ces fastidieuses précisions. On ne peut que le regretter car elles nous offraient de précieuses indications sur la présence d’enfants de chœur ou de chantres dans ces paroisses.
Les indications ont donc été reportées sur la carte jointe, mais on aura compris que, particulièrement ici, l’absence de preuves n’est pas preuve d’absence de musiciens. La sortie de l’ombre de ces hommes profitera particulièrement ici d’un travail collaboratif sur la base, auquel sont appelés à participer les lecteurs de ce texte et les visiteurs de la base Muséfrem.

Au total, une grosse soixantaine de musiciens et enfants de chœur ont été identifiés à l’heure actuelle comme actifs en 1790 dans le département de l’Eure-et-Loir. Plus de la moitié d’entre eux exercent à Chartres, reflétant le poids écrasant de la musique de la cathédrale. Ce déséquilibre se fait aux dépens des chantres encore anonymes des paroisses de campagne, puisque nous avons, à ce stade de l’enquête, des indices de la possible présence de ces chantres dans presque 50 paroisses rurales.

Pierre MESPLÉ,
Université du Maine (mars 2015)

Mise à jour : 16 novembre 2016

 Le travail sur les musiciens de ce département a bénéficié des apports de, notamment : 
François Caillou, Bernard Dompnier, Sylvie Granger, Isabelle Langlois, Christophe Maillard…

>>> Si vous disposez de documents ou d’informations permettant de compléter la connaissance des musiciens anciens de ce département, vous pouvez signaler tout élément intéressant ICI.
Nous vous en remercions à l’avance.
L’amélioration permanente de cette base de données bénéficiera à tous.

 

Les lieux de musique en 1790 dans l'Eure-et-Loir

Les lieux de musique documentés pour 1790 dans le département sont présentés par diocèses et par catégories d’établissements : cathédrale, collégiales, abbayes, monastères et couvents, autres établissements (par exemple d’enseignement, de charité…), paroisses (ces dernières selon l’ordre alphabétique de la localité au sein de chaque diocèse).

Carte des lieux de musique de l'Eure-et-Loir en 1790

Télécharger la carte en pdf.

Diocèse de Chartres

Pour en savoir plus : indications bibliographiques

  • François LESURE, Dictionnaire musical des villes de province, Paris, Klincksieck, 1999, 367 p. [sur Chartres : p. 132-135].
  • Louis AMIET, Essai sur l’organisation du chapitre cathédral de Chartres du XI? au XVIII? siècle, Chartres, Lépinay éd., 1922.
  • Joseph BEAUHAIRE, Diocèse de Chartres. Chronologie des évêques, des curés, des vicaires et des autres prêtres de ce diocèse, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, Paris 1892.
  • François CAILLOU, « Les musiciens des églises collégiales de Châteaudun à la fin du XVIIIe siècle », Bulletin de la Société Dunoise AHSA, t. XXIV, n° 300, 2010, p. 36-53.
  • François CAILLOU, Sylvie GRANGER, Christophe MAILLARD, « Deux générations de musiciens au XVIIIe siècle : la famille Dobet de Chartres à Châteaudun, 1713-1829 », Revue historique, 2012, n° 662, p. 391-419.
  • Alain CAMBOURIAN, Les orgues d’Eure-et-Loir, Chambéry, éd. Comp’Act, 1996, 333 p.
  • André CHEDEVILLE (dir.), Histoire de Chartres et du pays chartrain, Paris, Privat, 1983, 324 p.
  • Jules-Alexandre CLERVAL, L'ancienne Maîtrise de Notre-Dame de Chartres du Ve siècle à la Révolution, avec pièces, documents et introduction sur l'emploi des enfants dans l'office divin aux premiers siècles, Paris, 1899, réimpression Minkoff, Genève, 1972, 366 p.
  • Edmond COZ, « Les fêtes révolutionnaires et leur progression dans la Cathédrale de Chartres », Revue du monde catholique, 1900, t.5, p.573-592 et 685-698.
  • Nicolas DOUBLET, Pouillé du diocèse de Chartres, 1738.
  • Benoît GARNOT, Un déclin : Chartres au XVIIIe siècle, Paris, Éditions du Comité des Travaux Historiques et Scientifiques, 1995, 300 p.
  • Nicole GOLDINE, « Les heuriers-matiniers de la cathédrale de Chartres jusqu'au XVIe siècle. Organisation liturgique et musicale », Revue de Musicologie, 1968, t. 54, n° 2, p.161-175.
  • Sylvie GRANGER, « Deux organistes aux destins voisins : Marie-Claude Renault-Bainville (1724-1803) et Jeanne-Marie Bertrand-Jannot (1738-1804) », Annales historiques de la Révolution française, n° 366, avril 2011, p. 3-27.
  • Sylvie GRANGER, « Les musiciennes de 1790 : Aperçus sur l'invisibilité », Revue de Musicologie, t. 94, n° 2, 2008, p. 289-308.
  • Maurice JUSSELIN, Les orgues de Saint-Père depuis leur origine, Chartres, 1922.
  • Maurice JUSSELIN, « Imagiers et cartiers à Chartres », Mémoires de la SAEL, t. XX, 1954-1957, p. 397-399.
  • Jacques LACOUR, Chartres : Églises et chapelles, Chartres, SAEL éd., 1985, 184 p.
  • Robert MARTIN, Un livre d’orgue chartrain (1758). Le coutumier de l’organiste Prota, DEA sous la dir. de B. Vecchione, Université d’Aix-Marseille I, 1995.
  • Marcel PERRIN, Pierre Desvignes (1764-1827), Velars-sur-Ouche, M. Perrin, s.d., 18 p.
  • Bernard ROBREAU (dir.), Histoire du Pays dunois, t. II, De l’an mil au déclin de l’Ancien Régime, Châteaudun, Société dunoise AHSA, 2009.
  • Abbé Guérin SAINSOT, « La cathédrale de Chartres pendant la Terreur », Mémoires de la Société archéologique d'Eure-et-Loir, 1889, t. 9, p. 86-106, 142-253 et 279-331.
  • Jean de VIGUERIE (dir.), Histoire religieuse de l’Orléanais, Paris, CLD éd., 1983, 348 p.
  • Michel VOVELLE, « Un des plus grands chapitres de France à la fin de l’Ancien Régime : le chapitre cathédral de Chartres », Actes du 85ème Congrès National des Sociétés Savantes, Chambéry-Annecy, 1960, Paris, Imprimerie nationale, 1961, p. 234-278.

Dernière mise à jour : 1er septembre 2015

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