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KALMBACHER, Jean-Baptiste (1764-1846)
État civil
NOM : KALMBACHER     Prénom(s) : Jean-Baptiste     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : CALENBACHER
CALBACHER
KALBACHER
KALENBACHER
CALINBACHER
CALIMBACHER
CALEMPACHER
COLINBACHER
CALINBACHIS
CALBARD
CABBAQUIER
CALBAQUIN
CALBAQUIER
KALTENBACHER
CALMBACHER
Date(s) : 1764-3-1   / 1846-3-22 
Notes biographiques

Le patronyme germanique de cet organiste alsacien est sujet à d'innombrables métamorphoses. Néanmoins sa carrière a pu être relativement bien reconstituée, malgré quelques courtes zones d'ombre persistantes... en particulier sur son activité précise en 1790 !

• Jean-Baptiste KALMBACHER est né à Seltz "en basse Alsace, diocèse de Strasbourg", le 1er mars 1764,  fils du sieur Bernard Kalmbacher, qui en 1789 est dit négociant à Seltz, et de Marie-Anne Meyer. Cette dernière est décédée avant le mariage de son fils en 1789.

• 19 août 1784, Vauluisant [Yonne] : Jean CALMBACHER "de Strasbourg" entre en qualité d’organiste à l’abbaye cistercienne de Vauluisant, située à Courgenay, dans la forêt d'Othe, au bord de l'Alain, près de Villeneuve-l’Archevêque, dans le diocèse de Sens. Il aura 150 livres de gages par an, soit 30 livres de plus que son prédécesseur immédiat, Nicolas DANZOY. Durant toute la durée de sa présence à Vauluisant, l'orthographe de son patronyme fluctue dans les registres des moines : CALBARD, CABBAQUIER, CALBAQUIN, CALBAQUIER…

• 1er janvier 1788, Vauluisant : Jean CALENBACHER est « reloué à 200 livres » par les moines.
• 2 août 1788, Paris : "Mr CALMBACHER à l'abbaye de Veaux Luisant" apparaît dans le livre de compte de l'entreprise Érard pour la commande d'un piano coûtant 1302 livres. Il en règle d'abord 456 livres le 2 août 1788 sous forme d'un acompte puis paye le solde à crédit en quatre étapes irrégulières, jusqu'au printemps 1790.

• 20 janvier 1789, à Saint-Julien-du-Sault [Yonne] : Jean CALMBACHER, organiste de l’abbaye de Vauluisant, est le parrain de Cécile-Adélaide Danzoy, née l'avant-veille, fille de l'organiste Nicolas DANZOY, qui avait été antérieurement en poste à Vauluisant. Les deux organistes successifs de l'abbaye sont donc restés liés. L'abbaye de Vauluisant est pourtant située à 38 km en droite ligne au nord-est de Saint-Julien-du-Sault.
• 2 octobre 1789, Vauluisant : Jean CALMBACHER reçoit 11 livres 16 sols "pour restant de son temps échu du 8 septembre dernier", ainsi que 6 livres pour avoir fourni des cordes "pour le fort Epianot" [sic]. L’abbaye possède donc un forte piano, et il est utilisé… C’est le dernier paiement de l'organiste : il quitte Vauluisant.
Un autre Alsacien lui succède : Paule [sic, toutefois il s'agit d'un homme] PRÉVÔT lui aussi de Seltz en Alsace. Hasard ou réseau ?
• 24 novembre 1789, Sens : Le "curé de Ste Croix dans la métropole de Sens" célèbre le mariage du "sieur Jean Baptiste KALMBACHER, maître de musique" et de "delle Marie Anne Félicité Tonnellier"... Le poste occupé par le jeune marié n'est pas précisé : peut-être vit-il seulement de leçons de musique ? Aucun musicien répertorié ne semble présent. Le marié est accompagné de son frère, Nicolas, marchand à Villeneuve l’Archevêque, où il se dit domicilié depuis qu'il a quitté l'abbaye (mais des bans ont été aussi publiés à Courgenay). Les deux frères signent "Kalmbacher", orthographe qui a été adoptée comme autorité pour la présente notice. Il semble toutefois que, le temps passant, le musicien ait francisé son nom en remplaçant le "K" par un "C". Le père de la mariée est notaire royal à Thorigny, aujourd'hui Thorigny-sur-Oreuse, à 15 km au nord-est de Sens, à 12 km de l'abbaye de Vauluisant, et 15 de Villeneuve-l'Archevêque où demeure "de fait" le jeune homme.

• 11 février 1790, Paris : CALMBACHER figure à nouveau dans le livre de compte d'Érard sous la forme d'une mention elliptique, "par l'envoy du n° 1796 ........ 173 /  456 #", qui semble indiquer qu'il s'est acheté un nouveau piano Érard. Il le règle en assignats au cours de l'année 1791.
• En août 1790, témoin au remariage d'un beau-frère, Jean CALMBACHER est dit "maître de musique, de la paroisse de St-Hilaire" de Sens. Est-il en même temps organiste dans une église ? Cela reste encore à éclairer... L'organiste de la cathédrale de Sens est alors Sébastien JULLY. Le jeune couple semble en tout cas déjà installé à Sens.

• Lors de la vente du mobilier de l’abbaye de Vauluisant, KALMBACHER aurait soumissionné pour acquérir l’orgue, mais le département choisit de le donner à la cathédrale. L'organiste écrit plus tard qu'il s'en regardait comme le "dépositaire et le vrai propriétaire dont nul puissance pourait me le ôter" (phrase tirée d'une lettre de l'organiste conservée dans le fonds Chartraire-Leviste).

• 1791-1799, Sens : En janvier 1791, lors du baptême de sa fille Hortense-Éléonore paroisse Saint-Hilaire, puis lors de la naissance d'autres enfants (Louis-Gabriel en avril 1792, Maurice en avril 1793, Isidore en juin 1794, Eugène en mai 1799), Jean-Baptiste KALMBACHER est dit soit musicien tout court, soit maître, professeur ou instituteur de musique. Il est lié d'amitié avec le peintre Claude-Louis Langlois et sa femme Jeanne Bonjour, ainsi qu'à Marie-Sophie Bonjour, épouse du relieur Charles Considérant, ces derniers habitant en 1793 la même "rue de la Parcheminerie" que la famille Kalmbacher. Lors de la naissance d'Isidore en juin 1794, les Kalmbacher habitent toujours cette rue de la Parcheminerie. Signalons qu'en mars 1817, leur fils Maurice, devenu orfèvre, épousera Héloïse Langlois, fille du peintre.

• En mars et avril 1791, CLAMBACHER professeur de musique à Sens échange à nouveau plusieurs courriers avec la fabrique de pianos Érard à Paris. Le 28 mars 1791, il figure dans le livre de compte de l'entreprise "pour l'envoi d'un forte piano neuf n°1986" valant la somme de 480 livres. Le 9 juin, il verse un acompte de 289 livres en assignats.

• Les recherches de Jacques Gyssels dans les fonds notariés ("Les Organistes de la cathédrale de Sens depuis la fin du XVIIe siècle", Bulletin de la Société archéologique de Sens, tome IX, 2016, p. 9 à 25) indiquent que le 27 prairial II [15 juin 1794], KALMBACHER achète pour 7000 livres une maison rue de la Loi, qu’il revend 12 000 livres six mois plus tard, le 18 nivôse III [7 janvier 1795]. Douze jours après, le 30 nivôse III [19 janvier 1795], il achète pour 10 400 livres une maison plus petite rue Montpezat, où va s'installer la famille.

• Mai 1799, Sens : Lors de la naissance du 5ème enfant, Eugène, la famille Kalmbacher demeure "rue Montpezat".

• Frimaire VIII [novembre-décembre 1799], Sens : CALMBACHER est autorisé avec deux autres professeurs de musique à ouvrir un bal public tous les jours dans la maison de M. Lavernade, indique Jacques Gyssels. Il a entre temps renoué avec son orgue, mais il se plaint de son mauvais état.

• Le 12 germinal an 8 [2 avril 1800], à Sens, meurt Anne-Félicité Tonnellier, 28 ans. Son mari est dit professeur de musique, toujours rue Montpezat.

• Le 29 décembre 1801, à Sens, Jean-Baptiste CALMBACHER, professeur de musique, se remarie en présence de deux amis, l'un apothicaire, l'autre orfèvre. Il a 37 ans. Sa nouvelle épouse est Jeanne Souplet, née à Sens presque 31 ans auparavant.
• De ce mariage sont issus plusieurs enfants, dont le premier, Victor, naît le 3 septembre 1802. Suivent Charles (10 août 1803), Auguste (11 mai 1806), Alexandre (13 mars 1808)... puis Caroline (20 septembre 1813). La famille demeure toujours rue Montpezat et le père est en général qualifié de professeur de musique. Son fils Maurice (né en 1793) a vingt ans lors de la naissance de sa petite sœur Caroline, c'est lui qui est témoin de la déclaration de naissance en mairie. Il est devenu joailler bijoutier.

• En 1802, le citoyen CALMBACHER, professeur de musique, fait paraître à Sens une petite méthode de musique intitulée  "Premiers principes de l’art musical, dédiés aux amateurs". Dans son numéro du 11 décembre 1802, L’Observateur des spectacles en fait une recension un peu ironique, reconnaissant la solidité des leçons, mais donnant des exemples de formulations manquant de finesse : "il est Allemand, et l’on ne doit pas s’attendre à trouver dans ses ouvrages une grande perfection de style"… Le journal le décrit cependant comme "un maître de musique fort habile et très-capable d’en publier les principes" et comme "un homme exercé, dont l’oreille judicieuse sait apprécier jusqu’aux moindres élémens dont se compose la musique".

• De 1800 à 1813, Sens : Jean-Baptiste CALMBACHER est organiste de la cathédrale de Sens, dont l'ancien organiste de 1790, Sébastien JULLY, est alors parti s'installer à Troyes, où il exerce comme organiste de la cathédrale jusqu'à son décès fin novembre 1825. À Sens, en 1812-1813, la cathédrale payait 250 f. à l’organiste pour toucher et accorder l’orgue, et 45 f. au souffleur, selon Jacques Gyssels.

• 2 septembre 1813, Auxerre : CALMBACHER passe avec succès le concours pour remplacer à la tribune de Saint-Étienne M. SERGENT, organiste à la cathédrale d’Auxerre depuis dix ans. Il quitte alors Sens pour Auxerre où il trouve plus d’avantages : à Sens, le traitement de 300 f. ne le satisfait pas.
Lorsque celui-ci est augmenté à 400 f., il revient à Sens, pour Pâques 1816 semble-t-il.

• Automne 1817, Sens : CALMBACHER publie dans Les Affiches de Sens une annonce dynamique où il annonce à la fois l'ouverture d'un "Lycée de musique" trois fois par semaine, et le lancement d'un concert tous les quinze jours, le tout chez lui. "Les élèves apprendront les instruments qu’ils désireront, tels que l’orgue, le forte piano, le violon, la clarinette, la flûte, la basse, ainsi que la musique vocale, et la règle d’harmonie. On trouvera chez lui toutes sortes d’instruments pour commencer, des méthodes diverses, solfèges de Rodolphe, d’Italie".

• [À une date qui reste à préciser, probablement avant 1828 où, selon Jacques Gyssels il ne semble plus figurer dans le recensement de  la ville de Sens], Jean-Baptiste KALMBACHER et son épouse quittent Sens pour Troyes.
En décembre 1836, au décès de son fils Isidore à Sens, Jean-Baptiste KALMBACHER est dit "professeur de musique demeurant à Troyes".

• Le 5 octobre 1840, à Troyes (Aube), meurt Jeanne Souplet, épouse de M. Jean-Baptiste CALM BACHER, professeur de musique, qui demeure à Troyes rue du chant des oiseaux, de même que deux de ses fils, Auguste, 33 ans, et Alexandre, 32 ans, tous deux également professeurs de musique. Ce sont eux qui viennent à la mairie déclarer le décès de leur mère "au domicile de son dit époux". Celui-ci n'est pas signataire de l'acte.

• 22 mars 1846, Sées (Orne) : Dans cette ville normande, située à 315 km en ligne droite de Troyes, s'éteint monsieur Jean-Baptiste KALMBACHER, organiste, décédé "ce jourd'hui vers midi au domicile de M. Fossey, propriétaire en cette ville, rue des Ardrillers". Il est dit "veuf de Manette Souplet, né à Seltz (basse Alsace), âgé de 84 ans [en réalité : 82], fils des feux Bernard Kalmbacher et Marie Anne Meyer".
Il reste à tenter de savoir depuis quand au juste le vieux musicien avait quitté la Champagne pour la Normandie. Le fait qu'il soit qualifié d'organiste dans son acte de décès  signifie-t-il qu'il exerçait concrètement encore ? Si oui, cela pourrait être selon toute vraisemblance à la cathédrale de Sées.

• 30 avril 1851, Auxerre : Sa fille Caroline, âgée de 38 ans, épouse le sieur Hugh Wallace un écuyer anglais, malade et alité, ancien capitaine dans l'armée anglaise, âgé de 62 ans, né à la Jamaïque. Elle déclare que son père était "en son vivant professeur de musique". C'est grâce à ce mariage que le décès de Jean-Baptiste KALMBACHER a pu être localisé et daté.

Mise à jour : 24 septembre 2017
(merci à Jacques Gyssels)

Sources
A. Chartraire, "Les Orgues de la cathédrale de Sens...", 1846 ; Affiches de Sens 1817 ; D.2009.1.83 ; F-Ad10/ Décès Troyes 1840 ; F-Ad61/ Décès Sées 1846 ; F-Ad89/ B + N Sens 1792 ; F-Ad89/ BMS St-Colombe de Sens ; F-Ad89/ BMS St-Hilaire de Sens ; F-Ad89/ BMS St-Julien-du Sault ; F-Ad89/ BMS Ste-Croix de Sens ; F-Ad89/ H 694 ; F-Ad89/ H 700 ; F-Ad89/ N Sens 1793 ; F-Ad89/ N Sens 1793-anVII ; F-Ad89/ NMD Auxerre 1851 ; F-Ad89/ NMD Sens ; F-Ad89/ NMD Sens 1813 ; F-Ad89/ NMD Sens 1834, 1836 ; F-Ad89/ NMD Sens an VIII ; F-Ad89/ NMD Sens an X ; F-Am Sens/ 2D Correspondance municipale 1848 ; F-Archives Erard/ D.2009.1.82 ; J. Gyssels, "Les Organistes de la cathédrale de Sens…", BSAS, 2016. ; Observateur des spectacles, déc 1802

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