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ÉVRARD, Jean Pierre (1762-1828)
État civil
NOM : ÉVRARD     Prénom(s) : Jean Pierre     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : EVRARD
Date(s) : 1762-5-5   / 1828-6-10 
Notes biographiques

Jean Pierre ÉVRARD, formé à la maîtrise de la cathédrale de Verdun apparaît en tant que haute-contre lors de son passage à la cathédrale de Toul, en 1781. En 1785, il propose sa jeune voix aux chanoines de la collégiale de Beaune, en Bourgogne. Deux ans plus tard, ces derniers lui offrent le poste devenu vacant de maître de musique, qu'il occupe encore lors de la suppression du chapitre en 1790. Il retourne ensuite au pays natal où il se marie et réoriente entièrement sa carrière, exerçant d'ailleurs des activités diverses mais en dehors du milieu musical. C'est à Verdun toujours qu'il s'éteint sous la Restauration.

• 5 mai 1762, Wesel, sans doute dans le duché de Clèves [Allemagne] : Jean Pierre ÉVRARD vient au monde et il est baptisé le lendemain en l'église des frères mineurs de l'ordre de saint Dominique. Il est le fils de Jean-Baptiste Évrard, maître armurier et de Marguerite Huguet qui se sont mariés à Verdun en 1753.

• 30 août 1769, Verdun [Meuse] :  Selon son dossier de carrière examiné en 1791 par le district de Beaune, c'est à cette date qu'ÉVRARD avait été "reçu enfant de chœur à Verdun" (probablement à la cathédrale Notre-Dame).
• [1769-1779] : On peut supposer qu'il est resté enfant de chœur durant approximativement une dizaine d'années.

• 20 octobre 1781, Toul [Meurthe-et-Moselle] : Jean Pierre ÉVRARD, clerc, ci-devant enfant de chœur de Verdun, haute-contre, est reçu à l’essai pendant trois mois à la musique de la cathédrale Saint-Étienne. Il est remercié dès le 7 décembre, avec trois mois de gages.

• De décembre 1781 à avril 1785 se placent trois ans et demi actuellement non documentés : où a chanté Jean Pierre ÉVRARD durant ce temps ?

• 22 avril 1785, Beaune [Côte-d'Or] : ÉVRARD, musicien haute contre, est reçu à la collégiale Notre-Dame, "aux appointements ordinaires, pour un mois seulement". Rien dans le registre capitulaire ne précise quoi que ce soit de plus, et notamment rien ne dit d'où il arrive alors.
Le mois d'essai a dû se révéler concluant, puisqu'il reste manifestement ensuite à la collégiale. Durant quatre ans, il y a donc deux chanteurs haute-contre à la collégiale : ÉVRARD chante aux côtés de Dominique ESCARD, jusqu'au décès de celui-ci au printemps 1789. Les deux hommes ont quarante ans d'écart.
Au fil du temps, le jeune homme est chargé de plus en plus de responsabilités.

• 27 avril 1787, Beaune : Le maître de musique Lazare GOOSSENS étant malade depuis l'été précédent, le chapitre avait chargé le chorial GAUTHEY du soin d'enseigner la musique aux enfants de chœur (depuis 1782 c'est Jacques DROUHIN, prêtre, qui est chargé de leur éducation générale et de la gestion de la maîtrise). Mais GAUTHEY repart au séminaire d'Autun pour prendre les ordres sacrés. Il faut donc le remplacer pour que les leçons de musique aux six enfants de chœur ne s'interrompent pas : c'est à ÉVRARD que le chapitre confie la tâche. Il s'en tire bien et fait ses preuves dans ce domaine.

• 16 juillet 1788, Beaune : ÉVRARD est nommé officiellement maître de musique de la collégiale Notre-Dame de Beaune, tâche que Lazare GOOSSENS ne peut plus assurer. À partir du dimanche suivant, "il battra la mesure, enseignera les enfants, apprendra à jouer des instruments à ceux en qui il trouvera de la disposition et chantera sa partie de haute contre". Il ne reçoit que 150 livres par an en plus de ses honoraires antérieurs de haute-contre, qui continuent à courir. Le quotidien des enfants de chœur est toujours confié à Jacques DROUHIN.

• 4 mars 1789, Beaune : ÉVRARD se propose de demander au maître de musique de la cathédrale d’Autun, CONTAT, "quelques œuvres de sa composition pour les faire exécuter dans cette église". Comme il en a déjà fourni plusieurs fois sans recevoir aucune gratification, le chapitre vote de lui faire envoyer à Autun "deux douzainnes de bouteilles franches de port". Pourquoi ÉVRARD a-t-il besoin de ces pièces ? Probablement parce qu'il ne compose pas lui-même, ou pas assez.

1790, Beaune : ÉVRARD est toujours le maître de musique de la collégiale Notre-Dame de Beaune. Sous sa direction, on trouve les chantres et musiciens Léonard BALONCHARD, Jean-Baptiste FOURCHOTTE, Philibert JOROTJean-Louis LEVÊQUE, MÉRANDON et Gaspard SAUSSET, auquel s'ajoutent l'organiste Jean-Nicolas MORISSET, ainsi que l'ancien maître Lazare GOOSSENS, toujours présent au chœur, où il joue de la basse.
Vers le mois de mai 1790, tous co-signent une pétition adressée à "Nos Seigneurs" de l'Assemblée nationale, dans laquelle ils se disent "justement allarmés sur le sort qui [les] menace". Ils expliquent qu'ils ont mené jusqu'alors un "genre de vie, aussi pénible par le travail qui nous est imposé, que par l'exactitude qu'il demande". Ils en étaient dédommagés par "l'assurance d'une subsistance honnête et d'une retraite qui nous mettait a l'abri du besoin, soit dans la vieillesse, soit dans l'infirmité"... Cette perspective rassurante d'une retraite "à l'abri du besoin" est en quelque sorte illustrée par la présence à leurs côtés de Lazare GOOSSENS qui signe "GOOSSENS ancien maître de musique pensionné du chapitre".
À cet effectif, s'ajoutent les voix d'un certain nombre d'habitués comme GAUTHEY, Pierre DESFORGES, Jacques DROUHIN et François DURAND, celles de deux anciens enfants de chœur ayant le statut de "chorial" et mobilisés les dimanches et fêtes, Claude TRUCHEUR et Jacques-François CHAMPEAUX, ainsi bien sûr que celles des six enfants de chœur qui en 1790 sont, en ordre d'ancienneté, Charles FOURTIER (alias Fourtier aîné, reçu en août 1781) FOURTIER puiné (reçu en septembre 1782), MASSON (en mars 1783), Louis CUINIER (en novembre 1786), Edme JOLY (en mai 1788) et Jean-Baptiste ROULOT (en mai 1789).

• 20 août 1790 : À la prière du sieur ÉVRARD "maître de musique de cette église", les chanoines lui accordent huit jours de congé "pendant lequel temps il sera tenu présent", c'est-à-dire qu'il sera compté comme étant présent et en touchera donc les distributions. À travers cette délibération ordinaire, on pourrait croire que tout continue comme avant...
• 31 décembre 1790 : Le chanoine syndic délivre à "M. ÉVRARD maître de musique un certificat de ses bons services". C'est l'une des toutes dernières décisions inscrites dans l'ultime registre capitulaire.

• 1791, Beaune : Le district de Beaune examine son dossier et en faisant démarrer sa carrière à partir de la date de sa réception comme enfant de chœur à Verdun, 21 ans et demi plus tôt, estime qu'il doit toucher une pension de 300 livres.

• 3 juillet 1792, Verdun : Jean Pierre ÉVRARD, domicilié depuis un an et plus en cette paroisse, fils majeur de Jean-Baptiste, bourgeois de Clermont en Argonne, absent (mais qui a donné son consentement authentique le 2 juin précédent) et de Marguerite Huguet, se marie avec Jeanne Madeleine Alexandre, fille mineure d'un bourgeois de cette ville; il signe "J.P Evrard".

• 26 août 1818, Verdun : Jean Pierre ÉVRARD, marchand épicier domicilié rue du Pont-Neuf, natif de "Wezel de Clèves" en Allemagne (le 5 mai 1762 et baptisé le 6 en l'église des Frères mineurs de l'ordre de Saint-Dominique en la ville de Wezel), veuf de dame Jeanne Marie Madeleine Alexandre, décédée à Verdun le 17 septembre 1815, fils de défunts Jean-Baptiste Evrard, maître armurier et de Marguerite Huguet, tous les deux décédés à Clermont [Meuse] le 4 décembre 1792 et demoiselle Marie Maigret, native de Futeau (Meuse) le 27 septembre 1794, fille de feu Jean et Madeleine Jacquart (cette dernière remariée à Jean-Baptiste Lemaire, tonnelier à Autricourt et qui a donné sa procuration), ladite demoiselle demeurant à Verdun, rue du Pont-Neuf depuis trois ans, en présence de François Nicolas Evrard, maître armurier, cousin germain du futur, rue Mazel. Les mariés reconnaissent et légitiment leur fils Jean-Baptiste Eugène, né le 16 novembre 1817 à Verdun, déclaré le lendemain (acte 327), tous signent dont "Evrard".

• 10 juin 1828, Verdun : Joseph Evrard, 32 ans, armurier rue Mazel, son cousin germain et Pierre Beaumont, 21 ans, élève en architecture, son ami déclarent le décès survenu ce jour à dix heures du matin à son domicile de la rue du Pont-Neuf de Jean Pierre ÉVRARD, conducteur des Ponts-et-Chaussées à Verdun, âgé de 66 ans, né le 5 mai 1762 à "Wezel de Clèves" en Allemagne [Wesel dans le duché de Clèves], veuf en premières noces de dame Jeanne Marie Madeleine Alexandre et marié en secondes noces à Marie Maigret.

Mise à jour : 29 octobre 2025

Sources
Ad21/ G 2554/2 ; F-Ad21/ G 2554 ; F-Ad21/ L 1341 ; F-Ad55/ 2E 558 (74) ; F-Ad55/ 2E 558 (74)  ; F-Ad55/ B.M.S Verdun ; F-An/ DXIX/091/773/21 ; G. Clanché, La musique, le chœur, le bas-chœur de la cathédrale de Toul, 1935

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