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CAMPENON, Pierre (ca 1762-1814 ap.)
État civil
NOM : CAMPENON     Prénom(s) : Pierre      Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : COMPENON
CAMPENNON
Date(s) : 1762 ca  / 1814-12 ap.
Notes biographiques

Miroitier et basse contre à la cathédrale d'Auxerre : telle était la situation de Pierre CAMPENON lorsque la Révolution commença. Une fois perdu son poste à la cathédrale, il se replie sur son deuxième métier.

• [vers 1762], ? : Pierre CAMPENON (qui a 29 ans en février 1791) serait né vers 1762. Il est le fils de Jean Campenon et de Madeleine Ducreux. Il serait né paroisse de Vaux sur Yonne, située à une lieue au sud d'Auxerre, sur la rive gauche de l'Yonne, mais aucun baptême ne correspond.

• Quelle formation à la musique a-t-il reçu ??? Il n'a pas été enfant de chœur à la cathédrale d'Auxerre, vraisemblablement, car les chanoines ne le connaissent pas lorsqu'ils le recrutent. En 1785, avant de venir à Auxerre, il était domicilié paroisse Saint-Sulpice à Paris.

• 1er février 1785, Auxerre : Après le renvoi de Jean DUBAUX, le chapitre de la cathédrale décide de se renseigner sur le compte "du nommé CAMPENON de Vaux, que l’on propose à la Cie en qualité de Basse-contre". Le "on" qui propose est sans doute Edme CHAPOTIN, le maître de musique. Puis, le 16 février, sur la foi d'un rapport positif arrivé de son correspondant parisien, le chapitre lui répond pour "lui recommander de faire partir promptement ledit CAMPENON".
• 5 mars 1785 : "Afin que l’on puisse juger de sa voix et de sa science dans le plain-chant", le chapitre fait chanter à CAMPENON "seul l’Offertoire de la messe du chœur". Le 9 mars, Pierre CAMPENON est reçu à la musique de la Cathédrale, "aux gages ordinaires de 10 livres par semaine". Il doit cependant "aller prendre des leçons de plain-chant à la maîtrise afin de se fortifier". Sa voix ne s'accorde pas bien avec celle de Romain CHERTIER. Il doit toujours chanter soit avec DELAFESTE soit avec Nicolas GELIN.
• 22 juin 1785, Auxerre : Pierre CAMPENON, miroitier, épouse Marie Flamarion, fille d'un "marchand" de la paroisse St-Regnobert. Le frère du marié est "buraliste à Veaux". Aucun musicien n'est visible dans l'acte de mariage.
• 30 juillet 1785 : Les chanoines sont mécontents car CAMPENON ne va pas prendre de leçons de plain-chant à la maîtrise, contrairement à ce qui lui a été ordonné lors de son admission. Or il a besoin de ces leçons, car on remarque "journellement qu’il ne sait pas assez bien lire pour suivre la psalmodie". On le prévient "qu’il sera remercié si dans quelque temps il n’est pas plus capable". En attendant, le chapitre demande à ce qu'on évite de faire chanter CAMPENON avec CHERTIER, car leurs voix ne s'accordent pas ensemble. Il demande aussi que les quatre basse-contre se concertent pour leurs absences, de façon à ce "qu’il y ait toujours quelqu’un pour guider CAMPENON", soit DELAFESTE, soit GELIN.

• 9 octobre 1786 : Le chapitre permet à CAMPENON basse contre de s’absenter "trois jours cette semaine et encore pendant un des offices de samedi ou dimanche prochain" pour "faire ses vendanges et son vin" à Vaux. Cette référence aux vendanges à Vaux confirme cette paroisse comme lieu d'origine de Pierre CAMPENON.

• D'avril 1786 à novembre 1790, Auxerre : Quatre enfants, trois filles et un garçon, sont baptisés paroisse Saint-Eusèbe. Deux des filles meurent en bas âge (2 ans 2 mois et 2 ans et demi). Le parrain de la 3ème fille, née le 5 septembre 1788, est Edme CHAPOTIN, maître de musique de l’église cathédrale, sa marraine est Anne "Bourniquet" [Bournicat], femme de Bonaventure BONOTTE, basse contre de la cathédrale. Le père est pourtant dit dans cet acte "marchand miroitier".

1790, Auxerre : Pierre CAMPENON est toujours basse-contre à la cathédrale Saint-Étienne. Les chanoines se plaignent de ses absences et le 27 février 1790 décident de le "marancer" (opérer une retenue sur ses gages). Ses appointements sont de 550 livres par an.
 Sous la direction d'Edme CHAPOTIN, chantent avec lui au chœur les "commis musiciens" Bonaventure BONNOTTE, Romain CHERTIER, Nicolas GELIN, Étienne LE COUTEUXEdme Hubert PINON, tandis que Pierre JOBARD joue du serpent et que Jean-Joseph PALLAIS est toujours l'organiste en titre.

• 1791, Auxerre : À la suite du dépôt des requêtes par les musiciens de la cathédrale, le directoire fixe le montant des pensions pour chacun. Le département propose d'accorder à Pierre CAMPENON une gratification de 550 livres, car il est jeune, "il n’a passé que cinq ans au service de l’église", et il est par ailleurs "pourvu de l’état de miroitier".
• 2 juillet 1791 : Le département ordonne le versement de 250 livres, soit les deux premiers quartiers d'une gratification qui doit lui être définitivement accordée. Sa gratification finale semble devoir être de 500 livres.
Le procureur général syndic du département s'appelle Campenon et signe avec une graphie très proche de celle du musicien.

• 1792-1793, Auxerre : CAMPENON, SOLIVEAU et STALIN sont les trois chantres de la paroisse Saint-Eusèbe. Ils sont payés 150 livres par an depuis le 25 mars 1792. Y chantaient-ils plus tôt en étant payés sur une autre bourse ??? Ce serait cohérent avec la présence, bien attestée, elle, au chœur de St-Eusèbe, d'un serpent, Laurent CARTEAU.
Leurs comptes sont réglés par la fabrique le 10 novembre 1793.

• Le 14 mai 1793, à Auxerre, Pierre CAMPENON, marchand miroitier, est témoin au mariage d'Étienne LECOUTEUX, ancien camarade de lutrin à la cathédrale, et d'Anne-Thérèse Bonnotte, l'une des filles de Bonaventure BONNOTTE. À ce mariage sont aussi présents d'anciens piliers du corps de musique de la cathédrale : Hubert PINON, devenu commissaire de police, et Pierre JOBARD, seul à être dit maître de musique.

• 1er mars 1814, Auxerre : Pierre CAMPENON, âgé de 54 ans, vient à la mairie en compagnie de Jean Pain, 50 ans, déclarer le décès de l'ancien musicien chantre René PRUNELLE, 83 ans.

Après quoi on perd sa trace.

Mise à jour : 17 septembre 2017

Sources
A. Cherest, « Notice sur les musiciens...", 1850. ; F-Ad 89/ état civil d'Auxerre ; F-Ad89/ BMS St-Eusèbe ; F-Ad89/ BMS St-Eusèbe d'Auxerre ; F-Ad89/ BMS St-Régnobert d'Auxerre ; F-Ad89/ G 1808 ; F-Ad89/ G 1810 ; F-Ad89/ G 2378 ; F-Ad89/ L 28 ; F-Ad89/ M Auxerre an 2 ; F-An/ DXIX/090/738/09 ; F-An/ DXIX/092/790/04,05,27-29,37
Module MUSEFREM : situation en 1790
Période :  1785-3-9  / 1790-12 ap.
Lieux :  Cathédrale Saint-Étienne (AUXERRE)  
Fonction :  musicien (Église)  ;  basse-contre (Église)  
Formation ? :  Non
Formation maîtrisienne attestée : non renseigné    
Ecclesiastique ? : laïc    
Situation maritale : marié    

Seul son avenir immédiat est connu : il se recase dans une église paroissiale de la ville.


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