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SELLIER, Françoise Rosalie, épouse puis veuve CAPRON (1752-1792 ap.)

SELLIER, Françoise Rosalie, épouse puis veuve CAPRON (1752-1792 ap.)

État civil
NOM : SELLIER     Prénom(s) : Françoise Rosalie     Sexe : F
Complément de nom : épouse puis veuve CAPRON
Autre(s) forme(s) du nom : SELLIÉ
SCELLIER
CELLIER
CAPERON
Date(s) : 1752-6-6  / 1792-12-21 ap.
Notes biographiques

Françoise Rosalie SELLIER est l'un des très rares femmes musiciennes repérées en 1790 dans le cadre de l'actuel département de l'Essonne. Pendant plus d'une dizaine d'années avant la Révolution, elle touche les orgues de la petite collégiale Sainte-Croix dans la ville d'Étampes. Sans doute a-t-elle été formée par son beau-père Paul Louis GAULARD DUMENY, lui aussi organiste à la collégiale Notre-Dame de la même ville. En 1770, Françoise Rosalie se marie à un mégissier mais au moment où elle perd sa principale source de revenu en 1790, elle est devenue veuve et peine à élever ses enfants; elle survit grâce à une place de "domestique cuisinière", n'obtenant finalement en 1792 qu'une gratification équivalent à une année de gages. On perd ensuite sa trace mais tout laisse à penser qu'elle a gagné la capitale. En juin 1791, le directoire du département se trompe dans sa formulation et attribue à Nicolas Capron les années de service de son épouse, offrant encore un bel "exemple d'invisibilité féminine" (Sylvie Granger).

• 6 juin 1752 ou 1753, lieu ? : Françoise Rosalie SELLIER est  née dans un autre lieu qu’Étampes [les investigations dans les cinq paroisses de la ville n'ont rien donné à cette date ni pour 1752, ni pour 1753].

• [dates à trouver] : Après le décès de son père André Sellier, sa mère, Marie-Anne-Joseph Gaudry, se remarie avec Paul Louis François GAULARD DUMENY, organiste.

• 22 octobre 1770, Étampes : Françoise Rosalie SELLIER, enceinte de sept mois, épouse Nicolas Capron, mégissier ("ouvrier qui transforme les peaux en cuir fin et souple par tannage, pour la ganterie et la chaussure"), fils d'un marchand de chevaux. la mère du mariée a donné son consentement mais n'est pas présente. Elle signe "francoise rosalie sellié" et son époux signe aussi.
• 19 décembre 1770, Étampes : Leur premier fils, Louis-Nicolas-François, vient au monde et il est baptisé paroisse Notre-Dame. Le parrain est Louis GAULARD DUMENY, organiste de la paroisse Notre-Dame, son beau-père.

• Du 31 mars 1772 au 21 juillet 1784, Étampes : Cinq autres enfants sont baptisés paroisse Notre-Dame, Simon-Léon (le 31 mars 1772), François (29 décembre 1773), Marie-Anne-Rosalie (13 août 1777), Marie-Adélaïde (11 janvier 1780) et Jean-Casimir (21 juillet 1784). Dans les cinq actes, Nicolas Capron est présenté comme mégissier ; même après 1781, jamais Françoise Rosalie n'est présentée comme organiste. Les états ou professions des parrains et marraines ne sont jamais précisés.

• 24 décembre 1781, Étampes : Françoise Rosalie SELLIER est engagée comme organiste par le chapitre Sainte-Croix d'Étampes aux gages de 200 livres par an, plus 40 livres pour le casuel et les distributions manuelles. Un autre document évoque " 200 lt d'honoraires et 18 lt de petits casuels".

• 6 décembre 1788, Étampes : Nicolas Capron, 57 ans, mégissier et infirmier de l'Hôtel-Dieu, meurt dans cet établissement et il est enterré sans doute paroisse Saint-Basile. Son épouse ne semble pas présente, en tout cas, elle ne signe pas l'acte de sépulture.

• 4 octobre 1789, Étampes : Sa fille Marie Adélaïde Capron est inhumée.

• 3 décembre 1790, Étampes : Dans la déclarations des revenus et charges du chapitre Sainte-Croix qui est sur le point d'être dissous, on relève que la veuve Capron recevra 218 livres "pour une année d'honoraires d'organiste, son souffleur y compris". À ses côtés, dans la petite collégiale, la musique était animée par le serpent Louis Éloi COLLEAU, les choristes Alexis LAURIN, Louis Gabriel MALIZARD et Michel François Louis LEMARÉCHAL, également maître des enfants de chœur sous l'autorité duquel chantent trois enfants, Pierre DALEINE, Henri DUCHALE, Pierre Victor Arnoult LEMARÉCHAL.

• 14 avril 1791, Étampes : Le directoire du district "estime qu'il y a lieu d'accorder à la Ve Caperon 60# de pension viagere pour les causes énoncées en Son mémoire à compter du premier Janvier 1790".

• 4 juin 1791, Versailles [Yvelines] : Le directoire du département commet une erreur en mentionnant dans son registre que "Sur le mémoire de la Ve CAPERON âgée de 37 ans par Lequel, elle représente que Son mari a été pendant 10 ans organiste du chapître de Ste Croix d'Etampes et qu'elle reste avec trois enfans".

• 1792, Étampes : Françoise Rosalie SELLIER demande une pension ou une gratification et présente un mémoire en ce sens au directoire du district. Elle a trois enfants, dont un garçon de sept ans. Dans ce mémoire, rédigé vers 1791 (ce garçon semble être Jean Casimir, né en 1784), elle précise qu'elle est "domestique cuisiniere" et paie une "pension chez un maître pour son fils au moyen de ses ressources qui lui échappent aujourdhui. Elle se trouve dans le plus grand embara". On comprend que ces "ressources qui lui échappent aujourdhui" sont sa rémunération d'organiste, qui lui permettait d’élever son fils et de payer son apprentissage, ou du moins sa pension chez un maître.
• 5 décembre 1792, Étampes : Le directoire du district estime qu'elle doit recevoir une gratification équivalente à un an de son traitement, soit une somme de 240 livres.
• 21 décembre 1792, Versailles : Le directoire du département de Seine-et-Oise homologue l'arrêté du district d'Étampes.

Nous perdons ensuite sa trace. Nous n'avons pas relevé de mariages ou décès Capron dans les tables décennales entre 1792 et 1812, ni la mention de son décès.

Il est très possible que Françoise Rosalie soit allée vivre auprès de sa mère à Paris ou bien auprès de son fils Jean Casimir, coutelier, qui y vit et s'y marie deux fois (avec Anne marie Antoinette Victoire Philocheau, morte le 10 janvier 1818, puis le 29 octobre 1818, paroisse Saint-Sulpice avec Jeanne Françoise Alexandrine Dufour, il habite alors 29, rue de la Juiverie]. Elle est morte antérieurement au décès de Jean Casimir à Thorigny-sur-Marne [Seine-et-Marne] en 1840.

   Mise à jour : 17 juillet 2018

Sources
F-Ad77/ état-civil en ligne ; F-Ad78/ 1 L 40 ; F-Ad78/ 1 L 57 ; F-Ad78/ 1 L 759 ; F-Ad78/ 3 Q 25 ; F-Ad91/ 4E_1127 ; F-Ad91/ 4E_1138 ; F-An/ DXIX/091/763/3,4,7,8,11,16

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