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DESMAZURES, Laurent (1714-1778)
État civil
NOM : DESMAZURES     Prénom(s) : Laurent     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : DEMAZURES
DESMASURES
DESMAISURES
Date(s) : 1714-11-10   / 1778-4-29 
Notes biographiques

Originaire de Marseille, fils et frère d'organistes, organiste lui-même, Laurent DESMAZURES mène une carrière à l'échelle nationale qui le conduit aux quatre coins de la France. Après une formation comme enfant de chœur à la cathédrale de Marseille où exerce son père, il part pour Moissac dans le Languedoc. Il reprend ensuite peu de temps la charge paternelle en 1735 avant de passer à l'abbaye Saint-Victor de Marseille. Ses pérégrinations le conduisent par la suite à Autun, Dijon, Bordeaux, La Rochelle, Rouen et probablement d'autres villes comme Paris avant qu'il ne revienne s'établir dans sa cité natale en 1777. Jouissant d'une excellente réputation musicale, Laurent DESMAZURES acquiert le surnom "d'organiste aux doigts d'argent" à la suite d'un accident de chasse à Rouen. Musicien jusqu'au bout, il meurt tué à la tâche en 1778 d'une attaque d'apoplexie sur son orgue à Marseille pendant un Magnificat. Dans son Dictionnaire des hommes illustres de Provence publié neuf ans plus tard, Achard lui rend un vibrant hommage en esquissant son parcours biographique, que l'enquête Muséfrem a confirmé et complété.

• 10 novembre 1714, Marseille : Laurent DESMAZURES, fils de l'organiste de la cathédrale La Major Charles DESMAZURES et de Madeleine Trabuc, voit le jour dans la cité phocéenne.

• 2 août 1721, Marseille : Laurent DESMAZURES est reçu en qualité d'enfant de chœur de la cathédrale La Major où travaille son père. Son frère aîné Jean-Charles se trouve déjà à la maîtrise depuis un an.

• 1735, Moissac [Tarn-et-Garonne] : Il exerce à la collégiale Saint-Pierre. En effet, l'organiste précédent, Jean DUFÉ y est décédé au mois de décembre 1734.  

• 20 septembre 1735, Marseille : Laurent DESMAZURES est reçu organiste en survivance de son père Charles "qui est extrêmement incommodé" à la cathédrale La Major. Comme il se trouve alors à Moissac, les chanoines lui paient le voyage jusqu'à Marseille, soit plus de 420 km en droite ligne, environ 90 heures de marche à pied. Ses appointements se montent à 450 livres annuels. Il ne reste cependant guère longtemps à Marseille, si toutefois il y est revenu.

• 12 mai 1736, Marseille : Le frère de Laurent, Jean-Charles DESMAZURES, succède à leur père Charles, qui vient de décéder, comme organiste à la cathédrale La Major.
• 3 juillet 1736, Lauzerte [Tarn-et-Garonne] : Laurent Desmazures épouse Isabeau [ou Élisabeth] Montet, la fille d'un notaire. Il habite Moissac "depuis plus d'un an" selon le vicaire de Lauzerte qui rédige son acte de mariage, mais qui oublie de préciser son métier.

• 4 août 1737, Moissac : L'organiste et son épouse deviennent les parents d'Antoinette. ils vivent alors sur la paroisse Saint-Michel. Antoinette Montet, tante maternelle de la petite baptisée et son mari Pierre Dalbi, lesquels habitent cette ville de Moissac, sont ses parrain et marraine.

• 31 mai 1738, Moissac : Une deuxième enfant, Marguerite, voit le jour. Mais elle décède le lendemain de son baptême.

• [vers 1741], Marseille : Laurent DESMAZURES est maintenant organiste de l'abbaye Saint-Victor. C'est Charles Thévenard, un organiste originaire d'une famille bordelaise de musiciens, qui l'a remplacé à la collégiale Saint-Pierre, à une date inconnue, mais avant le printemps 1741 puisque son successeur se marie à Moissac le 11 avril.
• 17 août 1741, Marseille : Il porte sur les fonts baptismaux de l'église Notre-Dame-des-Accoules une fille de son frère qui vient de naître.

• 17 octobre 1743, Marseille : Un petit garçon issu du mariage de Laurent DESMAZURES avec Élisabeth Montet est inhumé en l'église La Major. Il avait quatre ans (il serait donc né vers la fin de l'année 1739) et s'appelait Jean-Baptiste.

• 27 mai 1750, Autun [Saône-et-Loire] : Laurent DESMAZURES est reçu comme organiste de la cathédrale Saint-Lazare. Il succède à Nicolas RÉAUX, décédé le 6 février 1748.

• [Début 1751], Dijon : Jacques Gardien (1943) indique que Claude BALBASTRE ayant quitté Dijon pour se rendre à Paris (où il s'installe en octobre 1750), il est remplacé aux orgues de la cathédrale par DESMAZURES, précédemment organiste de la cathédrale d'Autun et futur organiste de celle de Rouen. Ses honoraires sont de 400 livres. Dès 1752, DESMAZURES aurait quitté Dijon, après n'y avoir probablement exercé que durant quelques mois. L'organiste suivant connu à Saint-Étienne de Dijon est François LECLERC, reçu pour La Toussaint 1754.

• 30 mai 1752, Bordeaux : Laurent DESMAZURES est reçu comme organiste à la cathédrale Saint-André, à la suite du renvoi de Jean BARDONNEAU. Son salaire se monte à 400 livres par an.
• 14 septembre 1752, Bordeaux : Il demande "quelque chose pour avoir nettoyé l'orgue". On lui remet 24 livres et il obtient également quelques jours de congé.

• 27 février 1753, Bordeaux : La compagnie accepte ses services pour réparer l'orgue qui est toujours en très mauvais état.
• 11 septembre 1753  : Comme l'année précédente, le chapitre lui accorde à nouveau quelques jours de congé et il est cette fois précisé que c'est pour rentrer ses vendanges.

• 22 août 1754, La Rochelle : Une fille de Laurent DESMAZURES, organiste, et Dlle Thérèse Matrone, est baptisée dans l'église paroissiale Saint-Jean-du-Pérot. À cette époque, il semble donc déjà avoir quitté Bordeaux et, devenu veuf, s'être remarié.

• 10 juillet 1756, Marseille : Jean-Charles DESMAZURES démissionne de son poste à la cathédrale pour devenir négociant et peut-être prendre la succession de son beau-père marchand-boutonnier. Son frère Laurent DESMAZURES est reçu à sa place en tant qu'organiste à la cathédrale La Major.

• 30 avril 1758, Rouen : L'organiste de la cathédrale, François DAGINCOUR, décède à l'âge de 78 ans et est inhumé le lendemain. Le chapitre de Notre-Dame annonce un concours pour sélectionner son remplaçant.
• 28 juillet 1758, Marseille : Laurent DESMAZURES se retire du service de la cathédrale La Major, l'abbé Pierre Benoît PEYRE est reçu à sa place en qualité d'organiste. Le démissionnaire entame le long voyage vers Rouen (860 km par l'itinéraire le plus direct).

• 19 et 20 août 1758, Rouen : Le concours pour le poste de la cathédrale Notre-Dame met aux prises cinq concurrents (dont les noms ne sont pas donnés dans le registre capitulaire). Laurent DESMAZURES est "entendu deux fois", ce qui correspond probablement à deux tours de scrutin. À la fin il est "jugé d’une voix unanime le plus expert de tous ceux qui ont concouru" et le 21 août il est officiellement reçu organiste de la cathédrale Notre-Dame de Rouen. Il aura des  gages de 600 livres par an, "à la charge par luy de toucher l’orgue par luy même". Il doit en outre produire un certificat de vie et mœurs "avant la St-Michel". 

• 16 août 1762, Rouen : Le chapitre de Notre-Dame accorde à son organiste "congé jusqu’à la Toussaint pour aller jusqu’à Marseille son pays" et lui accorde même une gratification de 50 livres "en considération des frais de son voïage". En deux mois et demi, l'organiste va donc parcourir plus de 1 700 km.

• 29 mai 1763, Rouen : Mr Laurent DESMAZURES, "organiste de l'église cathédrale de cette ville", est choisi pour être le parrain du cinquième enfant de son collègue Laurent Martial VITCOQ, organiste de l'abbaye bénédictine de Saint-Ouen, et de son épouse Julienne-Servanne-Jeanne Dagincour, nièce de François DAGINCOUR, son prédécesseur. La petite fille reçoit le triple prénom de "Anne Blanche Cécile".
• 16 août 1763 : Lors du chapitre général, une gratification de 100 livres est accordée "à Me DESMASURES organiste". Cette gratification semble se répéter ensuite chaque année.

• [vers 1765], Rouen : Au cours d'une partie de chasse, loisir qu'il affectionne, Laurent DESMAZURES perd trois phalanges dans un accident. Il les fait remplacer par des prothèses en argent et joue désormais avec des doigts postiches. Cet incident lui fait gagner le surnom quasi-romantique de "l'organiste aux doigts d'argent".

• 1767-1768, Rouen : Les comptes de la fabrique paroissiale de Saint-Éloi 1767-1768 comportent une certaine somme versée à DESMAZURES, organiste, "pour avoir touché l’orgue le jour saint Éloi". Jusqu'en mars 1768, l'organiste de la paroisse était Agathe DUPHLY, qui après sa démission est remplacée par M. LEGRAND.

• 27 juillet 1768, Rouen : Laurent DESMAZURES, qui avait prévu d'utiliser les voix des enfants de chœur de la cathédrale lors d'une messe qu'il "doit faire chanter en musique aux carmes de la ville", se heurte à un refus ferme de la part du chapitre ("les enfants de chœur n’iront point"). Cette courte notation dans le registre capitulaire révèle que l'organiste exerce des activités musicales plus larges que sa stricte charge à la tribune de Notre-Dame.

• 2 juillet 1769, Honfleur [Calvados] : DESMAZURES, organiste de la cathédrale de Rouen, et Julien CAVANIER – organiste de Saint-Étienne de Caen – sont choisis par le curé et les trésoriers de la paroisse Sainte-Catherine pour examiner les candidats au poste d'organiste. Afin d'en finir avec le différend qui oppose l'ancien organiste Robert-Alexandre MALLET à son concurrent DANQUIN, les autorités paroissiales de Honfleur décident en effet de recourir à un concours ouvert à d'autres compétiteurs.
• 26 septembre 1769, Honfleur : Un procès-verbal rend compte des résultats du concours. Laurent DESMAZURES, et son collègue caennais accordent le poste de Honfleur à Jean-Baptiste BOUTIN.

• Août 1770, Rouen : Le chapitre général accorde à nouveau un congé longue durée (trois mois) à son organiste, assorti d'une avance du "quartier courant" et de "la gratification ordinaire de 100 livres". Il n'est pas précisé cette fois si le musicien va utiliser ce congé pour faire le voyage de Marseille.
Parmi les nombreux élèves qu'il a formés durant son séjour à Rouen il faut citer Charles BROCHE, lequel dans les années 1771-1773 est organiste du Concert de Lyon où il se proclame "élève de DESMASURES".

• 21 avril 1777, Rouen : Laurent DESMAZURES ayant démissionné, la tribune de l'orgue de la cathédrale de Rouen est déclarée vacante et mise au concours le 18 août. C'est Charles BROCHE qui remporte le concours et remplace donc son ancien maître. Le 21 août DESMAZURES est déclaré organiste vétéran et obtient une gratification de 100 lt.

• 1777, Marseille : Laurent DESMAZURES s'installe à nouveau à Marseille et devient organiste de la collégiale Saint-Ferréol. Selon Patrick Geel, ce serait pour rejoindre son frère Jean-Charles DESMAZURES, ancien musicien reconverti dans le négoce.

• 29 avril 1778, Marseille : Laurent DESMAZURES est saisi d'une attaque d'apoplexie alors qu'il exécute des versets sur son orgue pendant un Magnificat à la collégiale Saint-Ferréol. Il meurt à l'âge de 68 ans et est enterré le lendemain, paroisse Saint-Martin. L'académie de musique de la ville fait célébrer peu de temps après un service au cours duquel est exécuté une messe de la composition de Laurent DESMAZURES, signe de la notoriété du défunt.
La célébrité musicale de DESMAZURES se confirme par la publication d'une notice biographique à son nom en 1787 dans le Dictionnaire des hommes illustres de Provence de l'érudit marseillais Claude-François Achard.

Mise à jour : 10 juin 2021

Sources
Annonces, affiches et avis divers [de Paris], 1771 ; Carlez J., Notices sur quelques musiciens rouennais..., 1885 ; Ch. Portal, Dictionnaire des artistes et ouvriers d’art du Tarn…, 1925 ; F-Ad13/ 201 E 543 ; F-Ad13/ 6 G 443 à 445 ; F-Ad13/ BMS Marseille ; F-Ad14/ G 1091 ; F-Ad17/ BMS La Rochelle ; F-Ad33/ G 304 ; F-Ad76/ BMS Ste-Croix-St-Ouen de Rouen ; F-Ad76/ G 6453 ; F-Ad76/ G 9854 ; F-Ad76/ G 9855 ; F-Ad76/ G 9856 ; F-Ad76/ G9858 ; F-Ad82/ BMS Lauzerte ; F-Ad82/ BMS Lauzerte, Saint-Barthélémy ; F-Ad82/ BMS Moissac ; F-Am Marseille/ BMS La Major ; F-BnF/ 8-LN27-3245 ; F-Sté Éduenne Autun/ RC 1752-1755 ; F.Randier, Orgues et organistes de St-André de Bordeaux... ; J.-R. Cain et R.Martin, L'orgue dans la ville. Le Marseille des organistes, 2004. ; J.Carlez, Broche musicien rouennais…, 1886 ; J.Gardien, L'orgue et les organistes en Bourgogne…, 1943  ; Journal de Musique, 1777 ; P. Geel, "Une famille d'organistes marseillais…", Provence historique, 1980 ; Thannberg, Le centenaire Boieldieu, 1875 ; É. Deyris, La vie et l'oeuvre de Charles Levens..., 1990.

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