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LAMANIÈRE, André Pierre Roch (1748-1808)
État civil
NOM : LAMANIÈRE     Prénom(s) : André Pierre Roch     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : LA MANIÈRE
DE LA MANIÈRE
DE LAMANIÈRE
MANNIÈRE
Date(s) : 1748-8-16   / 1808-6-28 
Notes biographiques

Lorsqu'on l'aperçoit – brièvement – musicien de la collégiale Saint-Pierre de Lille, puis à la tête de la musique de la cathédrale d'Orléans, André Pierre Roch LAMANIÈRE est clerc du diocèse d'Amiens. On le retrouve ensuite à Bordeaux, puis à Lyon dans un cadre résolument profane, comme compositeur de musique pour le théâtre puis l'Académie.

• 16 août 1748, Amiens : André-Pierre-Roch LAMANIÈRE vient au monde en la paroisse Saint-Firmin-le-Confesseur. Il est le fils de Guillaume Lamanière, maître coutelier, et de Marie-Françoise Roussel [ou Rousselle].

• [Entre environ 1757 et 1767 ou 1769], le jeune garçon a vraisemblablement été formé à la musique dans une maîtrise d'enfants de chœur, logiquement celle de sa ville de naissance, mais en l'état actuel des dépouillements, cette hypothèse reste à étayer. Le début de sa formation pourrait coïncider avec la naissance de son frère, Joseph Exupère LAMANIÈRE, dont il est de sept ans l'aîné.

• 9 septembre 1769, Lille [Nord] : "Messieurs ont reçu vicaire musicien de leur Eglise Pierre Roch André La manière natif d’Amiens lui accordant dix huit patars de gage par jour et ont indiqué un chapitre per singulos a lundi prochain onze de ce mois pour confirmer sa reception" lit-on dans le registre capitulaire des chanoines de la collégiale Saint-Pierre.
• 1er décembre 1769, Lille : « Messieurs ont accordé un certificat de bonnes vie et mœurs à Pierre Roch André La manière ci-devant vicaire de leur Eglise ».
• Décembre 1769, Orléans : Quelques mois après le départ de François GIROUST pour Paris (juin 1769), après un avis publié par le chapitre d'Orléans dans Les Annonces, affiches et avis divers de Paris le 24 juillet 1769, et après un intérim assuré par Jean François FOUCART, le "sieur MANIÈRE" devient maître de musique de la cathédrale Sainte-Croix. Le 23 décembre 1769, il prend possession d'une semi-prébende du chapitre Sainte-Croix et est installé dans les stalles basses. Son acte de prise de possession stipule qu'il sera tenu de chanter, psalmodier en mesure aux offices tant diurnes que nocturnes et de célébrer [ou faire célébrer] douze messes par an, soit une par mois. Il a alors une vingtaine d'années : il s'agit vraisemblablement de son premier poste, en tout cas en tant que maître.

• 9 février 1770, Orléans : Depuis le départ de GIROUST il y a près d'un an, Les Affiches de l'Orléanois n'ont annoncé aucun programme de concert. LAMANIÈRE tente de faire renaître le rendez-vous que GIROUST – soutenu par quelques notables – avait réussi à faire fonctionner pendant douze ans. Le 9 février est annoncé un concert pour le 12, dans lequel on exécutera diverses œuvres profanes (le Prologue de Titon & l’aurore, la "Chaconne de M. le BRETON" [Pierre-Montan BERTON], une ariette, un concerto pour cors de chasse…), mais aussi "un motet à voix seule, de la composition de M. l’abbé de la MANIÈRE, maître de musique de la cathédrale", qui sera chanté par Melle DESBRUYÈRES. Il ne semble pas y avoir eu de suite.
• 15 février 1770 : Le collège royal fait chanter une messe solennelle en musique dans l'église Saint-Maclou en l'honneur du roi et de la famille royale. Les Affiches relatent : "La musique, à grande symphonie, étoit de la composition de M. L’abbé de la Manière, Maître de Musique de la Cathédrale, & MM. les Amateurs qui s’y sont trouvés en nombre, ont fait éclater leur zèle, en voulant bien contribuer par leurs talents à en rendre l’exécution parfaite".
C'est la dernière trace actuellement connue de l'action de LAMANIÈRE à Orléans.

• 14 juillet 1770, Orléans : Son successeur Jean-Claude JOSSE est reçu maître de musique de la cathédrale Sainte-Croix. Le second volume de "Materiaux receüillis Pour un Coutûmier du chapître de l’Eglise d’Orleans" (élaboré en 1779) précise : "Son predecesseur Manniere avoit eté chassé". La perte du registre capitulaire correspondant empêche actuellement de savoir ce qui s'est passé, mais la formulation incite à imaginer une fin difficile et peut-être un renvoi brutal.

• Les dix années qui suivent demeurent actuellement dans l'ombre. Toutefois la renonciation solennelle au théâtre qu'André Pierre Roch LAMANIÈRE doit signer en 1781 pour recevoir une bénédiction nuptiale en bonne et due forme sonne comme une sortie de la marginalité et un retour dans le giron de la norme. On est enclin à imaginer, de ce fait, quelques années de vie errante au sein d'une troupe de comédiens...

• 17 mars 1781, Bordeaux : Après avoir renoncé "à monter jamais sur aucun théâtre" et déclaré vouloir "embrasser une profession plus conforme aux maximes du Christianisme", André-Pierre-Roch LAMANIÈRE épouse Catherine-Pétronille Schneider, native d'Anvers (Belgique). La cérémonie est célébrée en l'église Saint-Seurin en présence du maître de musique de la collégiale Claude-Joseph GAUTROT. L'acte de mariage ne précise pas en revanche le métier du marié.

•  26 octobre 1781, Lyon : Sept mois après les noces, leur fille Louise-Augustine vient au monde rue du Garet, sur la paroisse Saint-Pierre-Saint-Saturnin, dans l'église de laquelle elle est baptisée le lendemain. Son parrain est le sieur Augustin CAILLÉ de SAINT-MARC, musicien, et sa marraine Louise Rivière, qui pourrait être liée au flûtiste Joseph-Jacques-Pierre-Louis RIVIÈRE.

• 11 novembre 1782, Lyon : Lorsque leur fils Charles-Augustin, né la veille à la même adresse, est baptisé à son tour, "Pierre" LAMANIÈRE est qualifié de maître de musique. Le parrain et la marraine sont Augustin-Alexandre D'HERBEZ, "graveur en taille douce", et la demoiselle Charlotte SCHREUDER. Selon Léon Vallas (Un Siècle de musique…, p. 410), D'Herbez chante la haute contre et deviendra bientôt célèbre sous le nom de "Saint-Aubin". Quant à la marraine, alors âgée de 17 ans, elle connaîtra aussi le succès sous le nom de "la Schreuder". Parrain et marraine se marient le 25 novembre 1782, soit deux semaines après ce baptême. Cela confirme l'inscription de la famille Lamanière au cœur de l'univers de la scène lyonnaise.

• 6 avril 1786, Lyon : Lorsque leur fille Josèphe-Catherine est baptisée, le père est à nouveau dit maître de musique. La famille a déménagé, sans pour autant changer de paroisse, et demeure maintenant quai St-Clair. Le parrain est le sieur Jean-Joseph Courvoisier, qualifié de "bourgeois", et la marraine est dlle Catherine Fontaine, femme Champeaux. Deux autres signataires assistent à la cérémonie de baptême : Vallet et Baron, qui restent à identifier...

• 31 décembre 1787, Lyon : Collot d'Herbois, directeur du Grand Théâtre de Lyon, rapporte dans une lettre que plusieurs artistes sont momentanément absents dont LAMANIÈRE, musicien et compositeur, ce qui le contraint à changer le programme du jour.

• 16 avril 1789, Lyon : Un dernier enfant Lamanière a été repéré dans les tables alphabétiques des baptêmes de la paroisse Saint-Pierre-Saint-Saturnin. Claude, fils du sieur Pierre LAMANIÈRE, musicien, et de Dlle Catherine Schneider, son épouse, est né la veille "quay St-Clair". Il a pour parrain le sieur Claude Parisot, maître marchand carrossier, et pour marraine la fille du parrain. Pour ce baptême, le couple Lamanière-Schneider ne semble donc pas avoir puisé dans les milieux artistiques de la ville.
• 20 avril 1789 : La saison du Grand Théâtre de Lyon s'ouvre par Tribut des Arts à la ville de Lyon, divertissement en vers, mêlé de chants et de danses avec les acteurs Darboville, le musicien LAMANIÈRE, et les danseurs Favier.

• Juillet 1790, Lyon : Au lendemain de la fête de la Fédération, le théâtre représente un opéra-ballet, le Camp de Salente, composé par Guigoud pour les paroles, Pierre LAMANIÈRE pour la musique. Il contient plusieurs allusions très applaudies à la cérémonie de la veille. En 1790, Pierre LAMANIÈRE est donc compositeur de musique pour le théâtre, et sans doute par ailleurs professeur de musique...

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• 1800, Lyon : Dès cette année qui marque le réveil de l'Académie lyonnaise après sa dissolution par la Convention en 1793, "André" LAMANIÈRE est présent comme compositeur de musique, rôle qu'il occupe jusqu'en 1808.

• 21 avril 1806, Lyon : Dans une des salles de l'Hôtel du Nord, Pierre LAMANIÈRE, compositeur et musicien, organise une séance de concert avec sa famille d'artistes. Le Bulletin de Lyon de ce même jour recommandait cette famille au public en ces termes élogieux :
     "La famille Lamanière est composée de musiciens distingués. M. LAMANIÈRE père est un inestimable vétéran de l'art. M. Lamanière fils était premier violon au spectacle des Terreaux pendant l'année théâtrale qui vient de s'écouler, et plusieurs fois le public a rendu hommage à son talent. Les demoiselles Lamanière chantent avec goût et méthode, enseignent avec succès, et ont acquis sur la harpe et le clavecin une force remarquable. Les talents reconnus de cette famille intéressante doivent attirer au concert qu'elle annonce un grand nombre d'amateurs. Pour assurer le succès et les plaisirs de cette réunion, MM. Lamanière présentent aux Lyonnais les qualités qui distinguent les artistes recommandables, et les titres de compatriotes. Si dans une ville qui aime les arts, les étrangers qui ont du talent obtiennent du succès, à plus forte raison doit espérer de réussir celui qui, avec des moyens égaux, a acquis le droit de cité".
À cette notice, le Bulletin de Lyon ajoutait le programme du concert qui était ainsi réglé :
     "Premier intermède : une des Sept paroles du Christ, à grand orchestre, par le célèbre Hayden (sic); 2e Mlle Lamanière, la cadette exécutera une sonate de harpe de M. Nadermann; 3e Mlle Lamanière, l'aînée chantera une scène italienne; 4e M. Moker jouera des airs variés sur la clarinette; 5e M. Labit chantera un morceau de l'oratorio du célèbre Hayden; 6e M. Mansui célèbre artiste, exécutera un concerto de piano.
     Deuxième intermède : M. Lamanière fils exécutera un concerto de violon de la composition du célèbre Rhode. Le concert sera terminé par un Regina coeli à grands chœurs et à grand orchestre, composé exprès pour ledit concert par M. LAMANIÈRE père. Les solo et duo seront chantés par Mlles Lamanière. Il commencera à 6 heures. Le prix des billets d'entrée est de 3 francs".

• 2 juillet 1807, Lyon : André-Pierre-Roch LAMANIÈRE est "maître de musique et Membre de l’Académie de Lyon" lorsqu'il assiste, avec son épouse Catherine-Pétronille Schneider, au mariage de leur fille Josèphe-Catherine. Celle-ci – qui signe "Josephine Lamanière" – convole avec un jeune musicien de presque 22 ans, Gabriel CHARDON, fils d'un perruquier de Montpellier. La jeune mariée demeurait jusqu'alors "avec ses père et mère quai de Saône n°44".

• 28 juin 1808, Lyon : André-Pierre-Roch LAMANIÈRE décède à une heure du matin dans son domicile toujours situé sur le quai de la Saône au n°44. Son gendre, Gabriel CHARDON, "artiste", et un marchand tailleur qui effectuent les formalités de déclaration quelques heures plus tard, disent de lui qu'il était "artiste", qu'il était né à Amiens 58 ans plus tôt, et qu'il était "époux de Catherine Chenaider" [sic].

• 6 janvier 1810, Lyon : Sa veuve Pétronille Schneider est présente et consentante au mariage de leur fille Louise-Augustine avec Joseph EDER, professeur de musique originaire de Metz. Sont présents deux autres musiciens : Gabriel CHARDON et Joseph-Louis-François DATZER, professeur de musique à Lyon.

Mise à jour : 31 août 2020

Sources
E.Vingtrinier, Le théâtre à Lyon au XVIIIe siècle, 1879 ; F-Ad45/ 51 J 2 ; F-Ad45/ 51 J 8 ; F-Ad59/ 16G 496 ; F-Am Amiens/ BMS St-Firmin Le Confesseur ; F-Am Bordeaux/ BMS St-Seurin ; F-Am Lyon/ BMS Lyon, St-Pierre-St-Saturnin ; F-Am Lyon/ NMD Lyon ; F-BmOrléans/ Affiches de l'Orléanois ; L.David, L'Académie de Lyon [...], 2000 ; L.Trénard, Lyon. De l'Encyclopédie au Préromantisme, 1958 ; L.Vallas, Revue musicale de Lyon, 1906-1907

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