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RAGUENEAU, Pierre (1748-1831)
État civil
NOM : RAGUENEAU     Prénom(s) : Pierre     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : RAGNEAU
Date(s) : 1748-3-25   / 1831-3-12 
Notes biographiques

L'enquête Muséfrem bénéficie avec Pierre RAGUENEAU d'un musicien polyvalent aux multiples facettes que ce soit par ses liens familiaux avec d'autres musiciens, son itinérance, ou ses reconversions professionnelles.

• 25 mars 1748, Tours [Indre-et-Loire] : Pierre RAGUENEAU, fils de Pierre, maître ouvrier en soie (mentionné comme fabricant de soie en 1777) et de Louise Chabot est porté sur les fonts de Saint-Pierre-le-Puellier.

• 23 juillet 1755, Tours : Pierre RAGUENEAU est reçu enfant de chœur à la psallette de la cathédrale Saint-Gatien le même jour que Jacques Michel Pierre LERAT, qui entre réellement en fonction quelques jours plus tard.Il succède à Gabriel RIVIÈRE après avoir été auditionné par le chapitre.

• 20 février 1756, Tours : La famille Ragueneau accueille un petit François RAGUENEAU futur chantre de Graçay [Cher] et Candes-Saint-Martin [Indre-et-Loire] où il est toujours en exercice en 1790.

• 23 mars 1767, Angers [Maine-et-Loire] : Un sieur "RAGNEAU", dont ni le prénom ni le diocèse d'origine ne sont indiqués, est reçu musicien par la cathédrale Saint-Maurice "pour jouer des instruments et basson" aux gages de 20 sols par jour. Il s'agit vraisemblablement de Pierre RAGUENEAU dont le patronyme a été écorché, comme il le sera pour son fils. Une décision de justice corrigera l'erreur sur l'acte de naissance de Pierre RAGUENEAU Fils en 1804.

• 10 avril 1767, Angers : RAGNEAU semble donner satisfaction au chapitre qui lui fait une proposition complémentaire. Il lui est offert la modique somme d'1 lt 5 sols par mois, soit 15 lt par an, pour jouer du serpent "jusqu'à ce que ces messieurs aient décidé de son sort". Il ne peut donc s'agir que d'une prestation d'appoint.

• 1767-1775 : Il semble que RAGUENEAU se soit engagé dans l'armée d'où il est débauché par le chapitre Saint-Gatien de Tours.

• 21 avril 1775, Tours : Suite au décès de François DUBOIS, le chapitre écrit à son doyen, l'abbé Du Cluzel, afin de "le prier de chercher pour la compagnie un tres bon basson qui jouant en meme tems du serpent".
• 8 mai 1775 : Sur proposition de l'archidiacre, le chapitre délibère au sujet du sieur RAGUENEAU "qui demande la place de basson". On lui répond qu'il peut venir se faire entendre mais qu'on ne ne recevra pas tant qu"'il n'aura pas obtenu son congé de l'armée".
• 10 mai 1775 : Le chapitre décide d'écrire "au major du regiment de Piemont dans lequel est le sr RAGUENEAU pour savoir s'il peut avoir son congé vers le mois de juillet" mais il écrit également à Paris [sous entendu pour rechercher là-bas un nouveau basson en cas d'impossibilité pour RAGUENEAU de prendre son poste].
• 31 juillet 1775  : Sur la requête du sieur RAGUENEAU, musicien basson, Messieurs le reçoivent sur le pied de 700 livres par an "aux conditions qu'il chantera la basse taille lorsque le maitre de musique lui demandera et qu'il instruira un enfant de chœur". On lui versera 96 livres de frais de voyage.
• 19 décembre 1775 : Pierre RAGUENEAU est cité parmi les treize musiciens gagistes mentionnés lors de l'évocation du chapitre général. Il y restera jusqu'au 1er mai 1785 aux conditions qu'il chantera la basse taille lorsque le maitre de musique lui demandera et qu'il instruira un enfant de chœur". On lui versera 96 livres de frais de voyage à son arrivée.

• 23 septembre 1777, Tours : Le chapitre de l'église métropolitaine de Tours lui accorde en titre une pension de 350 livres, formant la moitié de ses appointements qui s'élèvent donc à 700 livres par an.
• 20 octobre 1777 : Pierre RAGUENEAU épouse en l'église paroissiale Saint-Symphorien Marie Madeleine Aubin, la fille d'un marchand. C'est l'un des ses frères, prêtre religieux du Mont-Carmel résidant à La Flèche, qui célèbre le mariage en présence de Jacques LERAT, son confrère.

• 26 juillet 1778, Tours : L'aînée des enfants, Marie Victoire, est baptisée en l'église paroissiale Saint-Vincent. Les parrain et marraine sont des parents des époux.

• 18 avril 1781, Tours : Un fils, Pierre RAGUENEAU,  reçoit le baptême en l'église paroissiale Saint-Vincent. Il sera enfant de chœur à Nantes.

• 6 mai 1785, Tours : Dolbeau secrétaire du chapitre de l'église métropolitaine dresse un certificat portant que le sieur RAGUENEAU y a travaillé en qualité de musicien pendant 10 ans. Le chantre quitte alors la cathédrale et la Touraine.

• 17 mai 1785, Nantes [Loire-Atlantique] : Il entre au service de la cathédrale de Nantes aux appointements fixes de 800 livres par an, le chapitre se réservant la liberté de le remercier quand bon lui semblera. Selon l'érudit Mellinet, "ledit sieur RAGUENEAU est reçu à condition qu'il jouera habituellement du serpent et du basson, qu'il chantera la basse-taille et jouera de la clarinette et du cor de chasse toutes les fois qu'on le jugera à propos". RAGUENEAU est donc un musicien polyvalent. Lorsqu'il intègre l'église de Nantes, RAGUENEAU s'engage à suivre les règles instituées depuis 1777 quant à l'usage du serpent. Le chapitre limite l'usage du serpent à un instrument, doublé éventuellement d'un basson à la demande du maître de musique.

• 1788, Nantes : Le jeune Pierre RAGUENEAU, fils du basson et serpent Pierre RAGUENEAU est reçu enfant de chœur de la cathédrale Saint-Pierre, une forme de recrutement coutumière dans les chapitres. Il est toujours à la psallette en 1790.

En 1790, le corps de musique de la cathédrale Saint-Pierre, placé sous l’autorité du maître de musique François CAPPA-LESCOT, est constitué de deux hautes-contre Vincent Pierre GAUTIER et François Jude MÉRY, une haute-taille Joseph JOLY, deux basses-tailles Henry François DOUVILLE, Vincent LA MARRE, trois basses-contre, Étienne François PICARD et Jean-Baptiste DONON et Jean Victor HUBERT dit HUBERT, deux serpents/basses-tailles Jean GILET, Pierre RAGUENEAU – ce dernier jouant également du basson. Deux musiciens symphonistes sont employés régulièrement par le chapitre, à savoir les sieurs Vincent Anne JULIEN dit JULIEN et Laurent MARIE. L’organiste Denis JOUBERT est quant à lui maître de sa tribune.
Quatre maires-chapelains étoffent le chant à savoir Urbain MABILLE, Charles CHAUVET, Pierre François CHEVREUIL et Jean Toussaint POIGNAND ainsi que deux sous-chantres Jean François VASSAL et Louis GODÉ. Le diacre Barthélémy BRIAND et le sous-diacre Jacques Joseph RIVIÈRE complètent la structure cantorale.
La psallette est composée de six enfants de chœur identifiés sur les huit  qui dépendent du maître de musique aidé d’un maître de grammaire, le sieur Praud.

• 30 septembre 1790 : Les chantres, musiciens, organistes, officiers et serviteurs laïcs de la cathédrale et de la collégiale Notre-Dame sont autorisés à continuer leur service par le Directoire en attendant que leurs dossiers soient traités.
• 13 octobre 1790: Le Directoire, considérant l'indiscipline des musiciens, leur fait un rappel à l'ordre et "enjoint aux chantres, musiciens, officiers et serviteurs laïcs de ladite église de se comporter avec décence et de garder la police du chœur."

• 7 février 1791, Nantes : Le directoire du district de Nantes après étude de la requête des chantres musiciens et officiers laïcs de la cathédrale de Nantes, est d’avis qu’ils reçoivent leurs traitements comme par le passé jusqu’à ce que l’Assemblée nationale ait pris position et fait provisionner les fonds pour janvier, ainsi que pour les mois suivants. Le dossier est transmis au département qui statuera.
• 1er août 1791 : Cette date marque le dernier versement des gages des musiciens de l'église de Nantes à l'exception de quatre d'entre eux admis à continuer leur service qui s'arrêtera en août 1792, à savoir LA MARRE et PICARD pour la désormais paroisse épiscopale Saint-Pierre ainsi que GAUDINEAU et POTIRON représentant la ci-devant collégiale Notre-Dame.

• 13 septembre 1792, Nantes : Le sieur RAGUENEAU adresse une requête individuelle au directoire du District de Nantes afin d'être "classé au nombre des pensionnaires du Gouvernement" au terme de la loi du 1er juillet 1792.
• 15 septembre : Après délibérations, le Directoire du district de Nantes émet un avis favorable et propose que la pension de retraite de RAGUENEAU soit de 800 livres "bien que son titre ne lui ait pas été accordé par un ex chapitre de ce Département".
• Octobre 1792  : N'ayant pas 50 ans mais prouvant un service de 17 ans dans les églises de Tours et de Nantes, RAGUENEAU fait partie de la 4ème classe des employés et se voit attribuer une pension de 133 livres 6 sols 8 deniers, représentant le tiers de 400 livres, conformément à l'article 5 de la loi du 1er juillet 1792.

• [1792-1825] : Le parcours de Pierre RAGUENEAU reste inconnu pendant cette longue période, excepté les évènements concernant sa famille.

• 10 Frimaire an XIV [1er décembre 1805]-27 septembre 1808 : Pierre RAGUENEAU Fils est reçu musicien dans l'armée au petit état-major. Ce n'est certainement pas pour déplaire à la famille, car, en son temps, son père avait également été militaire dans le régiment de Piémont. RAGUENEAU Fils appartiendra au 86ème régiment d'infanterie de ligne. Le matricule 1580 précise qu'il est mort noyé dans le naufrage du bâtiment anglais qui le ramenait de Lisbonne en France.

• 3 août 1806, Saint-Cyr-sur-Loire, commune limitrophe de Tours [Indre-et-Loire]: François RAGUENEAU, ex-chantre devenu instituteur est inhumé.

• 6 mai 1825, Châtellerault [Vienne] : Pierre RAGUENEAU s'installe à Châtellerault avec sa famille où il est établi comme marchand. C'est là qu'il perd sa femme Marie Madeleine Aubin.

• 3 mai 1826, Châtellerault : Un an plus tard, à quelques jours près, disparaît à son tour sa fille Marie Victoire âgée de 48 ans. Le décès, déclaré comme pour Marie Madeleine par Lambert et Legrand, précise qu'elle vivait chez ses parents.

• Après 1826, Pierre RAGUENEAU, désormais seul, quitte Châtellerault et revient s'installer à Tours où il a repris sa vie de musicien.

• 12 mars 1831, Tours : Devenu professeur de musique, veuf, Pierre RAGUENEAU s'éteint à son domicile du 69, rue de la Scellerie.

Mise à jour : 23 juin 2020

Sources
An- F/XIX/1128 ; C. Mellinet, De la musique à Nantes..., 1837 ; F-Ad37/ 6NUM6/ 239/ 041 ; F-Ad37/ 6NUM6/ 261/ 486 ; F-Ad37/ 6NUM6/ 261/ 761 ; F-Ad37/ 6NUM8/ 261/ 131 ; F-Ad44/ L 1046 ; F-Ad44/ L 1100 ; F-Ad49/ G 270 ; F-Ad86/ NMD Châtellerault ; F-AdioTours/ 3D1/ 1384 ; F-AdioTours/ 3D1/ 1385 ; F-AdioTours/ 3D1/ 1386 ; F-AdioTours/ 3D1/ 1387 ; F-AdioTours/ 3D1/ 1389 ; F-AdioTours/ 3D1/ 1390 ; F-AdioTours/ 3D1/ 1391 ; F-AdioTours/ 3D1/ 1392 ; F-AdioTours/ 3D1/ 1393 ; F-AdioTours/ 3D1/ 1394 ; F-AdioTours/ 3D1/ 1395 ; F-An/ F19/1128 ; F-SHD/ GR21 YC 666 ; Granges de Surgères, Les Artistes nantais... 1898. ; P. Grégoire, Etat du diocèse de Nantes en 1790, 1882

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