Login
Menu et informations
PALLAIS, Jean-Baptiste Edme, (fils puiné) (1743-1806)

PALLAIS, Jean-Baptiste Edme, (fils puiné) (1743-1806)

État civil
NOM : PALLAIS     Prénom(s) : Jean-Baptiste Edme     Sexe : M
Complément de nom : (fils puiné)
Autre(s) forme(s) du nom : PALAIS

Date(s) : 1743-4-27  / 1806-5-2 
Notes biographiques

Né en 1743, Jean-Baptiste-Edme PALLAIS entre à la cathédrale d’Auxerre à 7 ans, où il est enfant de chœur de 1750 à 1755, puis musicien de 1756 à 1762. Ayant ensuite – à une date qui reste à préciser – quitté sa ville natale pour Grenoble, il y devient organiste des Jacobins vers le milieu de l'année 1780. Curieusement, il ne dispose pas de services à faire valoir entre 1763 et 1780. PALLAIS combine son métier d'organiste avec celui, plus durable, de commis de l'État.

• 27 avril 1743, Auxerre : Sixième fils (et septième enfant) de Jean-Joseph PALLAIS, organiste de l’église cathédrale, et de Jeanne Boisselet, Jean-Baptiste-Edme PALLAIS naît paroisse Saint-Eusèbe, où la famille s'est installée depuis peu. Le même jour il est baptisé dans l'église paroissiale. Son parrain est le fils d'un menuisier. Ses parents auront en tout 14 enfants, dont de nombreux fils, avec lesquels des confusions se sont parfois produites dans la bibliographie antérieure, notamment avec les frères prénommés Jean-Baptiste ou Edme tout court.

• 1750-1756, Auxerre : Jean-Baptiste-Edme est enfant de chœur à la cathédrale Saint-Étienne pendant six ans. Ses déclarations au District de Grenoble (1791-1793), pour obtenir une pension, rappellent cette période auxerroise : il est demeuré en effet "attaché à la Musique de l'église catedrale d'Auxerre pendant treize ans", d'abord six ans comme enfant de chœur puis sept ans comme musicien. Ainsi se trouve comblée l'ignorance sur son passage en psallette causée par les lacunes des registres capitulaires de la cathédrale d'Auxerre (après un registre isolé correspondant à l'année 1759, la série continue de registres capitulaires conservés aux archives départementales de l'Yonne ne commence qu'en 1765, ce qui empêche d'apercevoir le jeune garçon enfant de chœur).

• 1756-1763, Auxerre : Une fois sorti de la maîtrise, Jean-Baptiste-Edme demeure au service musical de la cathédrale pendant sept ans. On ignore quel rôle au juste il y remplit.

• 25 juin 1759, Auxerre : Le chapitre cathédral autorise son organiste – père de Jean-Baptiste-Edme –, à s'absenter "pour aller à Aoste dans le Piémont, son païs natal". L'orgue ne restera pas muet pour autant : "Mesdits sieurs ont consenti que son fils toucheroit l’orgue jusqu’au retour dudit Pallais". De quel fils s'agit-il ? Est-ce l'aîné, Jean-Baptiste, qui, quelques années plus tard, sera attesté comme organiste de l'abbaye Saint-Germain ? Ou est-ce Jean-Baptiste-Edme, qui a alors 16 ans seulement, mais serait jugé capable par son père et par messieurs les chanoines de tenir l'orgue de la cathédrale durant plusieurs mois ? La première hypothèse est la plus vraisemblable.
On ignore combien de temps au juste l'organiste en titre est resté absent. On remarque qu'il ne figure pas dans la liste du bas chœur dressée pour le chapitre général de décembre 1759. Le registre capitulaire suivant est perdu.

• 2 juillet 1765, Auxerre : Edme-Jean-Baptiste, Edme et Claude-Alexandre Pallais, tous domiciliés paroisse de St-Pierre-en-Château d'Auxerre, assistent au mariage de leur frère aîné, Jean-Baptiste, avec Françoise Boullet. Leurs père et mère sont également présents. Les métiers des quatre frères ne sont pas indiqués, mais moins d'un an plus tard, le récent marié sera dit "organiste de l'abbaye de Saint-Germain". Chacun des frères présents signe en toutes lettres et de tous ses prénoms ("Edme Jean Baptiste Pallais"). Cet acte atteste qu'à cette date le futur Grenoblois demeure toujours à Auxerre. De quelle(s) activité(s) vit-il ? Depuis 1763, il n'est plus officiellement employé à la cathédrale.
• 6 août 1765, Auxerre : Le chapitre cathédral décide de reconnaître "le service que rend le fils du sieur PALLAIS organiste de cette église en jouant du violon aux grandes fêtes et toutes les fois qu’il y a musique" en lui versant dorénavant 24 livres par an, et cette décision prend effet dès l'année en cours. La question reste posée : s'agit-il d'Edme-Jean-Baptiste ou de l'un de ses frères ? Plusieurs, tous peut-être, peuvent avoir acquis des compétences musicales.

• 21 février 1766, Auxerre : "Le sieur PALLAIS symphoniste" demande et obtient un certificat attestant qu'il est "gagiste du chapitre pour la musique de l’église cathédrale". S'il s'agissait de Jean-Baptiste-Edme, pourquoi n'a-t-il pas fourni ce certificat aux autorités grenobloises en 1790-1791 lors de la constitution de son dossier ? Cela incite à penser que les diverses délibérations capitulaires auxerroises mentionnant un sieur PALLAIS sans prénom ne le concernerait pas, lui, mais plutôt Jean-Baptiste son frère aîné – ou encore un autre des fils Pallais qui serait davantage violoniste qu'organiste ?

• 28 novembre 1775, Auxerre : On remarque qu'Edme-Jean-Baptiste est absent au mariage de sa sœur Anne-Cécile avec Simon-Godefroy La Casne, archiviste au palais épiscopal d’Auxerre, alors que trois de ses frères y assistent, Laurent, Claude-Alexandre et Jean-Baptiste. Cette absence suggère qu'il pourrait avoir quitté Auxerre.

• 30 décembre 1776, Auxerre : Comme tous les ans, MÉRAT et THIBAULT touchent chacun 24 livres du chapitre "pour avoir joué du violon à l’église cathédrale aux festes solennelles". Cette année-là, le secrétaire capitulaire note que "le sieur PALLAIS étant venu jouer du violon à la seule invitation du Maître de Musique", les chanoines ont décidé de l'admettre en cette qualité de musicien externe les années suivantes, et il reçoit également 24 livres. Il est impossible à la seule lecture du registre capitulaire de déterminer de quel "sieur Pallais" il s'agit. Les mêmes questions se posent que dix ans plus tôt (voir ci-dessus au 21 février 1766).

• 2 janvier 1778, Auxerre : PALLAIS, MÉRAT et THIBAULT reçoivent 24 livres chacun "pour avoir joué du violon aux grandes fêtes dans notre église" durant l'année écoulée 1777. Une nouvelle fois, rien ne permet de dire duquel des fils Pallais il s'agit.

• [Mi-1780], Grenoble : Selon la durée de service déclarée en août 1790, c'est vers le milieu de l'année 1780 que Jean-Baptiste-Edme PALLAIS aurait commencé à servir en qualité d'organiste aux couvent des Dominicains (dits Jacobins) de Grenoble. Il s'est donc expatrié à près de 380 km au sud-est de sa ville natale, par l'itinéraire pédestre le plus court. Rien ne dit qu'il y soit allé directement, rien ne dit non plus à quelle date il a quitté la Bourgogne. Sa dernière trace incontestable de présence à Auxerre remonte à juillet 1765, soit quinze ans plus tôt.

• 9 septembre 1783, Grenoble : Jean-Baptiste-Edme PALLAIS épouse Étiennette Bouchet. Celle-ci, qui décédera en 1813, était née à Bernin (Grésivaudan, à 15 km de Grenoble). Bien que marié à Grenoble, en l'église paroissiale Saint-Joseph, le couple est dit habitant de Bernin à ce moment. Le hameau où il réside à Bernin s'écrit aujourd'hui "Craponoz". À leur mariage assistent un étudiant en théologie, un portier, un suisse de l'évêque et un maître quincaillier.

• 15 juillet 1784, Bernin [Isère] : Jean-Baptiste-Edme PALLAIS et son épouse font baptiser leur fils Claude-Henri. À cette occasion, PALLAIS est déclaré "commis dans le bureau de la Direction Générale". Il exerce donc un double métier : organiste et employé de l'administration d'État.

• 15 juillet 1787, Grenoble : À partir de cette année, Jean-Baptiste-Edme PALLAIS apparaît dans plusieurs actes d'état civil avec pour métier "commis aux Ponts et Chaussées". Mais il a peut-être trouvé cette place aux Ponts un peu plus tôt.

• 1787, Grenoble : Jean-Baptiste-Edme PALLAIS et Étiennette Bouchet ont une fille, Marie-Madeleine, baptisée le 22 mai 1787 paroisse Saint-Hugues. La petite Marie-Madeleine décède deux mois après et sa sépulture a lieu le 13 juillet 1787 paroisse Saint-Laurent. L'acte précise que PALLAIS est alors "commis des Ponts et Chaussées". L'enfant pourrait éventuellement avoir été placée en nourrice dans cette paroisse située rive droite de l'Isère.

• 4 janvier 1789, Grenoble : Le couple PALLAIS donne naissance à Jean-Robert qui est baptisé paroisse Saint-Hugues. Comme pour le précédent baptême, le parrain est un collègue des Ponts-et-Chaussées, pas un musicien. D'autres naissances interviendront les années suivantes.

1790, Grenoble : Jean-Baptiste-Edme PALLAIS est organiste au couvent des Dominicains (dits Jacobins) depuis environ 1780, où il gagne 400 livres par an. Sa durée de service s'appuie sur le certificat daté du 19 août 1790, délivré "par les cidevant freres précheurs de cette ville portant qu'il a été attaché pendant dix ans en qualité d'organiste dans leur église ledit certificat signé par sept religieux de la maison". Il explique qu'il reçoit un salaire fixe de 150 livres plus la table, ce qui fait au total 400 livres par an : "c'est par oubli que les dits religieux n'ont point fait mention dans leur compte et dans le certificat du 19 aoust 1790, qu'en sus de la somme de 150 – à quoi les honoraires du Sr Pallais étaient fixés – leur communauté lui donnait la table, laquelle ils estiment devoir etre portée au moins à 400 annuellement". Il est également "commis" (depuis 1784 au moins) à la "Direction Générale" ou aux Ponts-et-Chaussées, à Grenoble.
• 10 septembre 1790, Auxerre : Sa mère, Jeanne Boisselet, "épouse du Sr Joseph PALLAIS organiste de la cathédrale", meurt, âgée d’environ 76 ans. Son père, l'organiste auxerrois, entreprend de régler ses affaires avant de se retirer chez l'un de ses fils, le ci-devant chanoine de la cathédrale, devenu curé après la suppression du chapitre.

• Après 1791, Grenoble : Diverses sources indiquent le métier de Jean-Baptiste-Edme PALLAIS, il est toujours commis dans diverses administrations. Aucune ne mentionne le fait qu'il reprenne la pratique de l'orgue à un moment donné. Il semble bien que la pratique professionnelle de la musique soit désormais terminée pour lui.

• Janvier 1792, Grenoble : Jean-Baptiste-Edme PALLAIS se voit attribuer par le District une gratification de 150 livres, correspondant à ses gages annuels comme ex-organiste des Dominicains. La partie de ses revenus reçue en nature (la table) n'a pas été prise en compte.

• [Vers 1792], Grenoble : PALLAIS, ex-organiste touche une pension de 133 lt 6 s. 8 d. à Grenoble.

• 21 avril 1793, près d'Auxerre : Son père s'éteint chez l'un de ses frères, devenu curé de Saint-Léger du Foucheret [Yonne, aujourd'hui Saint-Léger-Vauban]. Des quatorze enfants que leurs parents avaient mis au monde (et dont les baptêmes ont été retrouvés), seuls cinq sont encore vivants alors : lui, Jean-Baptiste-Edme, organiste à Grenoble, Angélique, restée célibataire et qui vivait sans doute avec leur père, Claude-Alexandre, devenu prêtre, chanoine de la cathédrale et professeur de rhétorique au collège d'Auxerre, avant de devenir curé de Saint-Léger – celui chez lequel le vieil organiste a terminé sa vie –, Edme, régisseur de domaine à Druyes[-les-belles-Fontaines] et Cécile, veuve de l'ancien archiviste du diocèse, qui demeure à Varzy.
Lors des démarches liées au règlement de la succession des parents Pallais en Bourgogne, Jean-Baptiste-Edme PALLAIS choisit comme fondé de pouvoir son ex-beau-frère, le serpent Pierre JOBARD, mari de sa sœur Marie-Josèphe (dite Joséphine). C'était déjà le cas avant même le décès du père : le 1er mai 1792, à l'occasion de la vente de la vigne de Champferré, le sieur Pierre JOBARD, musicien, figure comme fondé de pouvoir du sieur Claude-Alexandre Pallais, prêtre, curé de St-Léger, & du sieur Jean-Baptiste PALLAIS, "citoyen à Grenoble".

• 1799, Grenoble : La pension de 133 livres 33 sols que touchait Jean-Baptiste-Edme PALLAIS, comme ex-"organiste des Jacobins", est supprimée.

• Après 1799, Grenoble : En continuité avec sa situation de 1784 et 1787, PALLAIS exerce un travail administratif. En effet, à son décès en 1806, il est dit "employé à la préfecture de l'Isère". Précisément "commis", comme l'indique l'acte de décès de sa veuve Étiennette Bouchet en 1813.

• 2 mai 1806, Grenoble : À l'acte de décès de PALLAIS, les deux témoins ne sont pas musiciens, mais employés, l'un à la préfecture, l'autre à l'administration fiscale. Ils le disent "employé à la préfecture de l'Isère, marié à Étiennette Boucher, décédé aujourd'hui à deux heures du soir dans son domicile rue Créqui n° IV, âgé d'environ soixante deux ans". Cet âge correspond bien à l'acte de baptême retrouvé à Auxerre : il est dans sa 62e année.

• 1806 et 1813, Grenoble: Les dernières adresses connues du couple précisent leur lieu de vie dans Grenoble. En 1806, à son décès, PALLAIS habitait rue Créqui. Sa veuve Étiennette Bouchet, à son décès en 1813, habitait rue Sainte-Claire [quartier de l’actuelle place Sainte-Claire]. Ces deux rues se situent au centre de Grenoble, paroisse Saint-Hugues.

Mise à jour : 17 février 2022

Sources
F-Ad38/ BMS Bernin ; F-Ad38/ BMS Grenoble, Saint-Hugues ; F-Ad38/ BMS Grenoble, Saint-Joseph ; F-Ad38/ BMS Grenoble, Saint-Laurent ; F-Ad38/ L 152, N° 21, 1792 ; F-Ad38/ L 573 ; F-Ad38/ L 717-2, N° 332, 1793 ; F-Ad38/ L 799 ; F-Ad38/ NMD Grenoble ; F-Ad38/ NMD Grenoble 1813 ; F-Ad89/ BMS Auxerre, St-Eusèbe ; F-Ad89/ BMS Auxerre, St-Pierre-en-Vallée ; F-Ad89/ BMS St-Eusèbe d'Auxerre ; F-Ad89/ G 1802 ; F-Ad89/ G 1803 ; F-Ad89/ G 1805 ; F-Ad89/ G 1806 ; F-Bm Auxerre/ Sy 421, Les Affiches d'Auxerre, vol.VII. ; J.M. Baffert, Deux organistes amis de Rousseau…, 1993. ; É. Meunier, "Orgues et organistes des pays de l’Yonne…", 2002.

<<<< retour <<<<