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MIROIR, Éloi Nicolas Marie, l'aîné (1746-1815)

MIROIR, Éloi Nicolas Marie, l'aîné (1746-1815)

État civil
NOM : MIROIR     Prénom(s) : Éloi Nicolas Marie     Sexe : M
Complément de nom : l'aîné
Autre(s) forme(s) du nom : MIROIRE
Date(s) : 1746-12-15  / 1815-3-21
Notes biographiques

Organiste vedette à Paris sous le règne de Louis XVI, Éloi Nicolas Marie MIROIR (1746-1815) "a eu beaucoup de réputation pour la gaieté et la légèreté de son jeu" (A. Choron, 1811). Fils et frère d'organistes, originaire de Montreuil-sur-Mer [Pas-de-Calais], il s'établit dans la capitale à l'âge de 21 ans et s'y fait vite connaître par son style qui rappelle celui d'Armand Louis COUPERIN et sa dextérité : le public afflue dans l'abbatiale de Saint-Germain-des-Prés dès qu'il se met aux claviers. Très demandé, il cumule les tribunes, jusqu'à sept en 1783. Comme d'autres organistes à succès, il se fait souvent suppléer par des confrères, comme l'indique sa délibération d'engagement à la collégiale Saint-Honoré en 1780. Ses collaborateurs, cependant, ne sont pas connus (ses frères installés en région parisienne ?). Parallèlement, il enseigne le clavecin et le piano. Ses revenus s'effondrent à la Révolution : il perd ses emplois à Saint-Honoré, Saint-Benoît, Saint-Louis-en-l'Île, chez les Cordeliers, les Bénédictins anglais et les religieuses de Sainte-Aure, mais conserve son poste à Saint-Germain-des-Prés, transformée en paroisse constitutionnelle en 1791. L'interdiction du culte catholique, en 1793, le plonge dans la précarité. En 1795, il demande un secours au Comité d'instruction publique. L'installation d'un orgue portatif au Théâtre de la République est probablement à mettre à son actif. Avant chaque pièce, il interprète des airs patriotiques à la mode, ce qui ne suffit pas à rétablir sa situation financière. Sous le Consulat et l'Empire, MIROIR reprend ses activités : en 1810, il est organiste des paroisses Saint-Eustache, Saint-Nicolas-des-Champs et Saint-Germain-des-Prés et enseigne le piano au collège Sainte-Barbe. Après sa mort qui survient le jour même du retour de Napoléon à Paris, il tombe rapidement dans l'oubli, à la différence de ses confrères Claude BALBASTRE et Louis Nicolas SÉJAN, qui ont veillé, contrairement à lui, à faire graver certaines de leurs œuvres.

• 15 décembre 1746, Montreuil-sur-Mer [Pas-de-Calais] : Éloi Nicolas Marie MIROIR est baptisé paroisse Notre-Dame. Il est le fils d'Éloi Henri MIROIR (1712-1782), bourgeois de Montreuil, organiste de la paroisse, et de Marie-Nicolas Lemaire sa femme. Trois de ses frères ont également exercé la profession d'organiste, François Marie MIROIR, Eugène Édouard Augustin Marie MIROIR et Nicolas Honoré Gabriel MIROIR.

La formation initiale de MIROIR s'effectue certainement dans le cadre familial. Il n'est pas exclu qu'il se soit exercé sur l'orgue des Bénédictins de Montreuil-sur-Mer.

• 9 octobre et 4 décembre 1768, Paris : Les religieux de l'abbaye Saint-Germain-des-Prés n'étant guère satisfaits de leur organiste Jean Pierre LEGRAND, ils décident de lui adjoindre comme suppléant un jeune artiste arrivé depuis peu dans la capitale. LEGRAND, ému de cette résolution, assure les trois prieurs nommés commissaires à ce sujet qu'il était "pénétré de la plus vive douleur d'avoir encouru par son peu d'exactitude la disgrâce de la Communauté" et les supplient de surseoir à l'exécution du projet annoncé, sollicitant une épreuve et se soumettant à toutes les conditions qui lui seraient imposées. La communauté arrête "qu'elle se prêtait aux voies de la douceur et de la commisération, qu'elle consentait à conserver, moyennant une épreuve de trois mois ou plus le sieur Legrand dans son premier état, à condition toutefois que lorsqu'il ne pourrait toucher lui-même, il se ferait suppléer par le sieur Miroir, jeune organiste d'espérance et agréable à la Communauté". MIROIR paraît avoir bénéficié de la recommandation des Bénédictins de Montreuil-sur-Mer.

• 20 octobre 1770, Paris : Après le départ de LEGRAND, Éloi Nicolas Marie MIROIR est nommé définitivement organiste de l'abbaye Saint-Germain-des-Prés, avec 400 livres d'honoraires par an.

• 25 juin 1771, Paris : Il participe à la réception de l'orgue de la Sainte-Chapelle du Palais, relevé par CLIQUOT. Le Journal de musique raconte : "On a admiré ensuite M. Couperin dans le jeune M. Miroir, Organiste de l'Abbaye Saint Germain, son élève, qui a joué des flûtes dans le plus beau genre, c'était le chant le plus fleuri, le tact le plus perlé, la précision la plus exacte qu'on puisse entendre. Ce virtuose a déjà les doigts de son célèbre maître, & montre des dispositions à avoir sa tête". MIROIR, qui semble avoir pris des leçons chez Armand Louis COUPERIN, titulaire de l'orgue de la Sainte-Chapelle, fait déjà sensation dans le monde musical.

• 21 décembre 1773, Paris : Le jour de Saint Thomas, à la demande de "personnes de considération & [de] quelques amateurs distingués, partisans du grand genre de l'orgue", MIROIR exécute les noëls gravés de Louis Claude DAQUIN en l'église de l'abbaye Saint-Germain-des-Prés, devant un parterre fourni. Un mélomane enthousiaste raconte : "Le jeune & savant Artiste qui s'est chargé de ce périlleux emploi a satisfait toutes les oreilles. Les difficultés n'ont point effrayé son courage, & grâce à la rapidité de ses mains & à son beau toucher, l'exécution a été on ne peut pas plus brillante. Tout y a été prononcé &, si nous osons le dire, bien articulé. Les morceaux où il falloit un tact élégant & des graces, ont été rendus avec la plus grande précision. Enfin, c'étoit d'Aquin presque ressuscité". Il qualifie MIROIR de "jeune homme plein de feu & de talent", qui marche "sur les traces de son prédécesseur". Tout aussi élogieux, l'auteur du compte rendu publié dans les Affiches, annonces et avis divers du 9 février 1774 souligne le "brillant de la main" du musicien, qui a imposé le silence à une cabale "d'envieux modernes, qui ne s'étoient point rassemblés pour l'applaudir".

• 15 septembre 1774, Pontoise [Val-d'Oise] : Éloi Nicolas Marie MIROIR, organiste de l'abbaye Saint-Germain-des-Prés, résidant paroisse Saint-Sulpice, épouse Marie Charlotte Langlois, fille majeure de maître Charles Langlois, conseiller du roi et son procureur en l'élection de Pontoise, et de défunte Charlotte Blot, de la paroisse Saint-Maclou, où se tient la cérémonie. François Marie MIROIR, Eugène Édouard Augustin Marie MIROIR et Nicolas Honoré Gabriel MIROIR, frères de l'époux, sont présents.

• [vers 1775] : Leur fille Marie Charlotte Amélie Miroir naît probablement à Paris. À cette époque, MIROIR exerce son art à l'abbaye Saint-Germain-des-Prés, à la paroisse Saint-Jacques-du-Haut-Pas, chez les Bénédictins anglais, au séminaire des Trente-Trois et à celui des Bons Enfants, d'après l'Almanach musical.

• 1776, Paris : MIROIR l'aîné, "rue du Four Saint-Germain, vis-à-vis le préau de la foire", est cité parmi les maîtres de clavecin et de piano-forte dans l'Almanach musical. Il est en poste dans les mêmes établissements qu'en 1775, avec en plus l'église collégiale et paroissiale Saint-Benoît.

• 15 juillet 1777, Paris : Son fils Éloi Marie Mathieu Miroir naît sur la paroisse Saint-Sulpice.

• 1779, Paris : L'Almanach musical indique que MIROIR l'aîné est organiste de la collégiale Saint-Benoît, de la paroisse Saint-Jacques-du-Haut-Pas, du séminaire des Bons Enfants, de l'abbaye Saint-Germain-des-Prés, des Bénédictins anglais et du monastère du Saint-Sépulcre de Belle-Chasse.

• 4 décembre 1780, Paris : Le sieur FOUCQUET ayant demandé sa retraite en raison de ses infirmités, ainsi qu'il apparaît par la conclusion du 24 octobre 1779, le chapitre de Saint-Honoré a fait choix d'une voix unanime, pour le remplacer, de M. MIROIR, organiste de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, en lui accordant les mêmes appointements que son prédécesseur, à savoir 300 livres par an, à partir du premier janvier prochain, sous la promesse "neantmoins expresse dudit Sr Miroire, de ne se faire remplacer que le moins possible". Au cas ou il ne pourrait toucher l'orgue lui-même, il promet de ne se faire "substituer que par des personnes d'un mérite distingué en cet art".
• Décembre 1780, Paris : Les religieux de Saint-Germain-des-Prés arrêtent qu'à commencer de cette année, on ne touchera pas l'orgue dans leur église, ni au Te Deum de matines, ni à la messe de minuit. Les prestations de MIROIR, attiraient un public nombreux, ce qui provoquait parfois du tumulte et "les plus grandes indécences".

• 8 juin 1781, Paris : Éloi Nicolas Marie MIROIR assiste aux funérailles de son ami organiste Jacques ANFRIT, à Saint-Jacques-du-Haut-Pas. Il est encore, à cette époque, organiste de la paroisse.
• 15 juin 1781, Paris : Après le décès de sa femme Marie Charlotte Langlois, une sentence du Châtelet nomme Éloi Nicolas Marie MIROIR, organiste de l'abbaye Saint-Germain-des-Prés, pour "régir et gouverner" les biens de ses enfants Marie Charlotte Amélie Miroir, âgée d'environ six ans, et d'Éloi Marie Mathieu Miroir, âgé d'environ quatre ans, et être leur tuteur.
• 6 août 1781, Paris : Éloi Nicolas Marie MIROIR est consulté pour le projet de réparation de l'orgue de la collégiale Saint-Benoît. Il est décidé d'employer un orgue portatif durant les travaux.

• 18 juin 1782, Pontoise [Val-d'Oise] : Éloi Nicolas Marie MIROIR, organiste de l'abbaye royale Saint-Germain-des-Prés, demeurant paroisse Saint-Sulpice, assiste au mariage de Claude Henri BRÛLÉ, garde de la bibliothèque de la même abbaye et organiste, avec Marie Denise Françoise ROUGET, elle aussi organiste.

• 1783, Paris : Selon l'Almanach musical, MIROIR l'aîné est organiste de l'abbaye Saint-Germain-des-Prés, de la collégiale Saint-Honoré, de Saint-Benoît (la paroisse et probablement la collégiale), de la paroisse Saint-Louis-en-l'Île conjointement avec la demoiselle BOUCHARD, du monastère du Saint-Sépulcre de Belle-Chasse et des Bénédictins anglais. Il semble avoir été reçu à Saint-Louis-en-l'Île en 1782. Il est seul en fonction dès janvier 1783.
• 5-6 mai 1783, Paris : Il est organiste à Saint-Honoré pour les Vêpres.
• 26 mai 1783, Paris : Il touche l'orgue à l'occasion d'une messe et des Vêpres au couvent des Bénédictins anglais.
• 19 novembre 1783, Paris : Il touche à nouveau l'orgue à l'occasion d'une messe et des Vêpres au couvent des Bénédictins anglais.

• 1783-1787, Paris : MIROIR est membre d'au moins deux loges maçonniques, Les Frères Unis de Saint-Henri, signalé de 1783-1787, et L'Âge d'Or, mentionné en 1787.

• 1785, Paris : Dans les Tablettes de renommée des musiciens, MIROIR "l'aîné" est qualifié de "célèbre Organiste, à l'Abbaye Saint-Germain-des-Prés, & Maître de Clavecin. [Domicilié] Rue de Tournon". Entre 1783 et 1785, il est devenu organiste des Cordeliers de la capitale (sans doute ceux du "grand couvent"). Chaque 14 juillet, il touche l'orgue pour la fête de Saint Bonaventure (J. A. Dulaure, Nouvelle description des curiosités de Paris, 1785).

• 4 janvier 1786, Paris : Le chapitre de Saint-Honoré lui accorde une augmentation de 50 livres, "par forme de gratitude, [pour lui] témoigner le cas que la compagnie fait de son talent et la satisfaction qu'elle éprouvera en l'entendant toucher lui même le dit instrument, surtout les jours, ainsi que le dit sr Miroire promet et s'y oblige, qui lui auront été indiqués par Mr le Chanoine intendant de la sacristie".
• 13-14 juillet 1786, Paris : Nicolas Philippe DESPREZ, organiste à Saint-Nicolas-des-Champs et Saint-Merry, et Éloi Nicolas Marie MIROIR, organiste à l'abbaye royale de Saint-Germain-des-Prés, sont les deux experts désignés pour la réception de l'orgue de l'abbaye royale Saint-Victor. Ils approuvent les travaux de CLICQUOT.

• 1788, Paris : Éloi Nicolas Marie MIROIR, organiste de la collégiale Saint-Honoré, perçoit 350 livres par an. Il réside rue de Tournon.

• 20 mars 1789, Paris : "Aujourd'hui [...], veille de la Fête de St-Benoît, il y aura Te Deum à 5 heures après-midi en l'Eglise Collégiale & Paroissiale de St-Benoît. L'Orgue sera touché par M. Miroir, Organiste de cette Eglise" (Journal de Paris).
• 1789, Paris : Le Calendrier musical universel donne la liste des tribunes où MIROIR exerce son art ; il est organiste de l'abbaye Saint-Germain-des-Prés, de la collégiale Saint-Honoré, de la paroisse Saint-Benoît (et probablement de la collégiale), de la paroisse Saint-Louis-en-l'Île, des Cordeliers, des Bénédictins anglais et des Filles de Sainte-Aure.

• 1790, Paris : Éloi Nicolas Marie MIROIR demeure l'organiste de l'abbaye royale Saint-Germain-des-Prés, avec 400 livres de gages par an. Il est aussi l'organiste titulaire du chapitre de Saint-Honoré, à 350 livres par an, des bénédictins anglais, qui lui octroient 250 livres par an, de l'église paroissiale Saint-Louis-en-l'Île, à 400 livres d'honoraires (mais il reverse la moitié de cette somme à la demoiselle BOUCHARD, retraitée, à titre de pension viagère, plus 36 livres au souffleur). Tout indique qu'il sert toujours la paroisse et le chapitre de Saint-Benoît (l'organiste du chapitre reçoit 30 livres en 1785), le "grand couvent" des Cordeliers (260 livres par an à l'organiste d'après l'inventaire de 1790) et l'abbaye Sainte-Aure.

• 4 février 1791, Paris : Un décret de l'Assemblée nationale fait de l'église Saint-Germain-des-Prés une des trente-trois paroisses créées dans Paris. L'abbé Roussineau, prêtre assermenté, est nommé curé, et MIROIR, reprenant son orgue, attire de nouveau la foule par son talent.
• Août 1791, Paris : Le directoire du Département est d'avis de lui accorder une gratification de 1 000 livres en tant qu'ancien organiste de la collégiale Saint-Honoré.

• Novembre 1793, Paris : L'église Saint-Germain-des-Prés est envahie, pillée et saccagée. Grâce à MIROIR ou au facteur SOMER, chargé du démontage des orgues dans les églises et de leur installation pour les fêtes publiques, le buffet de Saint-Germain est enlevé et transporté au Conservatoire des Arts et métiers, échappant ainsi à l'incendie du 19 août 1794.

• 1795, Paris : Le citoyen MIROIR demande une aide financière au Comité d'instruction publique, "dans ce moment où la Convention Nationalle encourage les talents par des récompenses". Il rappelle "la perte total de son état, par la suppression de tous les orgues", ce qui est "connu de l'univers", et trouve "bien douloureux pour un père de famille, dans cet instant de crise, de se voir réduit à presque rien, et ne possédant aucuns revenus". Il réside alors "ruë de Seve [Sèvres], section et Place du Bonnet Rouge, maison du Notaire N° 1067". En marge de la pétition, Poultier, représentant du peuple "qui connoit depuis longtems Miroir", écrit le 16 janvier 1795 "que ses talens et ses longs services méritent une récompense nationale, surtout dans la position pénible où il se trouve". Au pied d'une copie de cette pétition, le journaliste Pierre Louis Guinguené, rédacteur de la Décade philosophique, note : "Ce Musicien estimable et qui a tout perdu par la suppression des orgues, mérite à tous égards d’être placé sur la liste des encouragemens".

• [vers 1795], Paris : Le jeune Jacques Salbigoton Quesné, qui deviendra écrivain, aperçoit MIROIR lors d'un séjour dans la capitale. Il écrit : "Dans le choix de mes distractions, j’allais au théâtre de la République, où jouaient les comédiens français, mais qui, trop souvent, était souillé des turlupinades de Baptiste cadet. A la droite du parterre, au bout des troisièmes loges, se voyait un orgue que touchait Miroir avant le lever du rideau et dans l'intervalle des deux pièces. L'artiste exécutait presque toujours la MarseillaiseVeillons au salut de l'empire, ou le Réveil du peuple, avec de nombreuses variations. Au son de cet instrument, fort habilement mis en œuvre, un aveugle, entrant sans être averti dans la salle, aurait pu se croire au centre d'une église, et n'eût guère imaginé que le lieu qu'il tenait pour le temple du Seigneur fût un théâtre". Le Théâtre de la République est le nom donné à la Comédie-Française (ou Théâtre-Français) de 1795 à 1799.

• 28 février 1802, Évreux [Eure] : Éloi Marie Mathieu Miroir, 24 ans, commerçant à Évreux, épouse Sophie Croisaz, 28 ans. Le fils de l'organiste, auteur de traités sur l'administration municipale, mourra en 1848.
• 1802, Paris : Éloi Nicolas Marie MIROIR devient titulaire de l'orgue de Saint-Eustache, instrument provenant de Saint-Germain-des-Prés, démonté en 1797-1798 et remonté de 1800 à 1802 par les DALLERY. L'orgue a été inauguré le 21 janvier 1802.
• 6-7 novembre 1802, Paris : À la veille de la Saint Eustache, MIROIR, organiste de la paroisse Saint-Eustache, touche l'orgue aux premières vêpres et au Te Deum chanté à 18 heures précises du soir. Le lendemain, il le touche à tous les offices du jour.

• 15 mars 1804, Soissons [Aisne] : Éloi Nicolas Marie MIROIR participe à la réception de l'orgue de la cathédrale.

• 7 décembre 1805, Paris : Les élèves du collège de Sainte-Barbe font célébrer, en l'honneur de leur patronne, une grand'messe dans l'église Sainte-Geneviève, ci-devant Saint-Étienne-du-Mont. M. MIROIR, organiste de Saint-Eustache et maître de piano audit collège, touche l'orgue pendant la messe.

• 1805-1810, Paris : Le facteur SOMER procède à l'installation d'un nouvel orgue à Saint-Germain-des-Prés, désormais une succursale de Saint-Sulpice. L'instrument provient de l'ancienne abbaye Saint-Victor, le buffet est celui d'origine, sauvegardé en 1793. MIROIR reprend sa place d'organiste.

• 10 juin 1808, Senlis [Yonne] : MIROIR participe, en tant qu'expert, à l'inauguration solennelle de l'orgue de l'ex-cathédrale Notre-Dame, avec son collègue MARINIER.

• 27 août 1809, Paris : Éloi Nicolas Marie MIROIR, organiste de Saint-Eustache et de Saint-Nicolas des Champs, et invité à toucher l'orgue de la paroisse de Saint-Louis le jour de la fête patronale, après avoir précédemment reçu l'instrument et "enchanté les connoisseurs & amateurs de cette ville" (Journal de Paris). "M. Miroir s’est rendu à cette invitation honorable, & a justifié tout ce qu'on attendoit de sa réputation".

• 1810, Versailles : La réception des travaux entrepris par Pierre François DALLERY sur l'orgue de la paroisse Saint-Louis est faite par MARRIGUES, BLIN, MIROIR, et COUPERIN fils.

• 7-8 décembre 1811, Paris : MIROIR, organiste de l'église paroissiale Saint-Nicolas-des-Champs, touche l'orgue le samedi 7 à sept heures précises du soir au Te Deum chanté à l’occasion de la veille de saint Nicolas, patron de la paroisse, et le lendemain, dimanche, à tous les offices du jour.

• 12 avril 1812, Paris : DELACROIX, nommé depuis peu organiste de l'église paroissiale Saint-Eustache en remplacement de MIROIR, démontre l'étendue de son talent lors de l'anniversaire de la dédicace de l'église, événement qui a attiré la foule.

• 29-30 mai 1813, Paris : MIROIR, organiste de la paroisse de l'Abbaye Saint-Germain-des-Prés, touche l'orgue au Te Deum chanté le samedi 29 mai, veille de Saint Germain, patron de la paroisse, à six heures et demie du soir, et le lendemain 30, à tous les offices du jour.

• 26 mars 1814, Paris : Marie Charlotte Amélie Miroir, célibataire, rentière, domiciliée au n° 63, rue d'Enfer, quartier de l’Observatoire, meurt à l'âge de 38 ans. Son père Éloi Nicolas Marie MIROIR, organiste, demeure alors au n° 1, rue de Sèvres.

• 21 mars 1815, Paris : Éloi Nicolas Marie MIROIR décède à l'âge de 68 ans. Il était toujours actif à la veille de sa mort : il touchait 600 francs par an de la fabrique de Saint-Germain-des-Prés et 400 francs par an de l'institution Sainte-Barbe.
• 27 mars 1815, Paris : Son inventaire après décès est dressé par le notaire Sené. Il vivait dans un petit appartement (deux pièces et une cuisine) au quatrième étage d'une maison au n° 2, rue de Sèvres, carrefour de la Croix Rouge, dans le dixième arrondissement, appartenant à M. Roëttiers de Montaleau. Dans sa chambre se trouvait un petit orgue portatif dans sa table de bois noirci, estimé 12 francs, car "mauvais", dans le salon dix-sept gravures sous verre dont la Malédiction paternelle, la Dame bienfaisante de Greuze, "le dessein de l'orgue de St Eustache" et un baromètre (20 francs), un forte-piano en acajou à grand octave du nom d'Érard à Paris, à quatre pédales, d'une valeur de 1200 francs, et dans une armoire ou commode un "lot de musique et dix volumes de livres relatifs à l'état d'organiste" (5 francs). La prisée totale des effets mobiliers s'élève à 2776,40 francs, dont 329 francs en deniers comptants. MIROIR avait hérité de quelques terres, bois et prés près de Montreuil-sur-Mer lui rapportant 50 francs par an.

Mise à jour : 24 juillet 2024

Sources
A. Le Bihan, Francs-maçons parisiens du Grand Orient de France, 1966 ; A. É. Choron et F. Fayolle, Dictionnaire historique des musiciens…, t. 2, 1811 ; Affiches, annonces et avis divers, 9 février 1774 ; Almanach musical de 1779 ; Almanach musical pour 1776 ; Almanach musical pour 1783 ; Almanach musical pour l'année 1775 ; Almanach musical pour l'année 1776 ; Almanach musical pour l'année 1783 ; Almanach musical, 1776 ; Almanach musical, 1778 ; Almanach musical, 1783 ; Calendrier musical universel, 1789 ; D. Havard de La Montagne, Quelques glanes sur... Saint-Roch ; D.Havard de la Montagne, Les organistes et les maîtres de chapelle de l'église Saint-Vincent de Paul à Paris, Les Cahiers Boëllmann-Gigout, n° 2/3, décembre 1997-mars 1998 ; E. G. J. Gregoir, Souvenirs artistiques..., t. 3, 1889 ; F-Ad27/ 8 Mi 1614 ; F-Ad62/ 5 MIR 588/3 ; F-Ad75/ 5Mi1 1122 ; F-Ad75/ 5Mi1 1177 ; F-Adio Soissons/ pochette entretien orgue de la cathédrale ; F-AmPontoise/ GG 40 ; F-AmPontoise/ GG 41 ; F-An/ D/XXXVIII/4 ; F-An/ F19/612/3 ; F-An/ H5/3367 ; F-An/ H5/3896 ; F-An/ H5/4518/4-6* ; F-An/ LL 1451 ; F-An/ LL 461 ; F-An/ LL 516 ; F-An/ MC/ET/LXIV/465 ; F-An/ MC/ET/LXV/643 ; F-An/ S 1822 ; F-An/ Y 5082A ; F-Cnam/ Archives historiques, 10/155 ; F-Cnam/ Archives historiques, 10/162 ; G. Bourligueux, "François Lacodre…", Recherches sur la musique française…, 1976  ; G. Servières, Documents inédits sur les organistes français…, 1922 ; Georges Servières, Documents inédits sur les organistes français ; H. Doyen, Les orgues de la cathédrale de Soissons, 1944 ; Inventaire des orgues des Yvelines, 1988 ; J. A. Dulaure, Nouvelle description des curiosités de Paris, 1785 ; Journal de Paris national, déc. 1794 ; Journal de Paris, 20 décembre 1780 ; Journal de Paris, 28 août 1809 ; Journal de Paris, mars 1789 ; Journal de l’Empire, 2 déc. 1805 ; Journal de l’Empire, 27 mai 1813 ; Journal de l’Empire, 6 décembre 1811 ; Journal de musique, mars 1771 ; Journal des Arts, des Sciences et de la Littérature, 15 avril 1812 ; Journal des curés..., 30-31 août 1809 ; Journal des débats..., 26 octobre 1802 ; L. Tuetey, Procès-verbaux de la Commission temporaire des Arts, 1897 ; L.V Thiéry, Almanach du voyageur à Paris [...], 1784 ; L.V Thiéry, Almanach du voyageur à Paris, 1785 ; Les orgues de Senlis ; M.J Leclercq, Les Dallery, Une famille de facteurs d'orgues dans les remous de l'histoire, 2022  ; Site de la Société historique du 6e arrondissement ; Suite de la clef..., février 1774 ; Tablettes de renommée des musiciens ; VANEL, Jean-Baptiste, Nécrologe des religieux [...], Paris, 1896 ; É. Kocevar, Les Foucquet, 2002

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