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DALLERY, Pierre (1735-1812)
Date(s) : 1735-6-6 / 1812-10-3
Associé au début de sa carrière (1765) à l'illustre facteur d'orgues du roi François Marie CLICQUOT, le Picard Pierre DALLERY se fait très vite un nom dans la capitale et fonde son propre atelier, repris en 1807 par son fils Pierre François, et plus tard par son petit-fils Louis Paul. Il construit, répare, entretient, accorde des dizaines d'instruments d'églises séculières ou conventuelles, cathédrales, églises paroissiales ou simples couvents dont certains restent encore inconnus en raison de sources disparues ou non encore dépouillées. Il intervient dans la région parisienne, mais aussi en Artois et dans le Maine. À la Révolution, il fait partie de la commission Molard qui répertorie une vingtaine d'orgues parisiens à préserver et a de plus en plus tendance à laisser la première place à son fils Pierre François dans l'entreprise, tout en l'épaulant de la manière la plus concrète qui soit, comme pour l'orgue de la cathédrale de Soissons. L'année 1807, qui voit l'achèvement des travaux à Saint-Séverin et le décès de son épouse, est celle de la cessation de ses activités. Il meurt cinq ans plus tard, entretenu par son fils, en partie fâché avec sa fille et son gendre. Il laisse à la postérité un nom reconnu. Plusieurs biographes de cette famille s'accorderont pour reconnaître qu'il fut le plus talentueux de la dynastie.
• 6 juin 1735, Buire-le-Sec [Pas-de-Calais] : Pierre DALLERY, dernier des onze enfants de Pierre Dallery et de Marie Dournel (apparentée à Jean Racine), vient au monde ; il est baptisé le jour même. Il est le neveu de Charles DALLERY, facteur d'orgues.
• Selon Marie José Leclercq qui a publié en 2022 un ouvrage sur Les Dallery, Une famille de facteurs d'orgues dans les remous de l'histoire, 1702-1875. Succès et tourments d'artisans d'art au carrefour du classicisme et du pré-romantisme, le jeune homme est formé par son oncle, l'épaulant dans les chantiers qu'il dirige dans la région picarde.
• 8 février 1764, Paris : Pierre DALLERY, facteur d'orgues, se marie en l'église paroissiale Saint-Merry avec Geneviève Lecomte. Sans doute son installation dans la capitale est-elle récente [1763 à en croire sa carte de sûreté reçue en 1793]. Ce n'est que vers 1765 ou 1767 qu'il s'associe au facteur réputé François Henri CLICQUOT. Selon le comte de Bricqueville [article paru en 1898 dans Le Ménestrel], cette association date de 1765, époque de la réception de l'orgue des Missionnaires de Saint-Lazare, construit par DALLERY, par Dom BEDOS DE CELLES et CLICQUOT. Il est aussi permis de penser que Pierre DALLERY a pu succéder, comme premier compagnon, à Adrien LÉPINE, beau-frère depuis 1768 de François Henri CLICQUOT, et qu'il a probablement rencontré Joseph ISNARD, venu se perfectionner avec CLICQUOT à la même époque.
• 1766-1767, Paris : Marie-José Leclercq indique que CLICQUOT et DALLERY reconstruisent entièrement l'orgue de l'église paroissiale Saint-Laurent pour la somme de 5 100 livres. Le nouvel instrument compte 40 jeux répartis sur quatre claviers et pédales.
• 1766, Versailles [Yvelines] : Selon M.-J. Leclercq, qui a pu consulter des informations contenues l'étude préalable à la restauration de l'orgue de l'église Notre-Dame, rédigée en 2013 et aimablement communiquée par son rapporteur Christian Lutz, technicien conseil auprès des Monuments historiques, Pierre DALLERY aurait participé aux côtés de François Henri CLICQUOT au travaux menés cette année-là sur l’instrument [d'après une lettre de son petit-fils Louis Paul Dallery aux fabriciers en 1839].
• 28 juillet 1766 Paris : Son fils Pierre François vient au monde. Il aura aussi une fille, Élisabeth Rosalie, qui épousera Jean-Pierre Batelier, commissaire de police.
• 1767, Paris : En compagnie de cinq autres élèves de François Henri CLICQUOT, et d'un apprenti, il travaille sur l'orgue de l'église paroissiale Saint-Médard. En 1855, on a retrouvé une inscription en parchemin, collée à l'intérieur du soufflet qui rappelait le travail de reconstruction presque totale de l'instrument effectué par CLICQUOT : "En 1767 du règne de Louis quinze le Bien Aimé // Ce soufflet fut augmenté et les trois autres remis en Cuir neuf // L'instrument tout neuf à l'exception des Tuyaux de Bois qui ont été rétablie (sic). Le marché fut entrepris en 1776 [sic], et l'orgue fini en 1767 par François Henry Clicquot facteur du Roy et de la ditte paroisse". Ensuite, on peut lire ""M. Dallery, Lair, Laurent, Brachet, Isnard, Gillier ont travaillée chez moy dans ce temps et Cadet le Jeune aprentis".
• 19 décembre 1769-31 août 1792, Paris : Pierre DALLERY reçoit la somme de 40 livres par an pour son année d'entretien de l'orgue de Congrégation de Saint-Lazare. Il percevra la même somme jusqu'à la fin.
• 1770, Meaux [Seine-et-Marne] : Avec CLICQUOT, il complète l'orgue de la cathédrale datant de 1627.
• 1771, Paris : Il travaille avec CLICQUOT au nouvel orgue de la Sainte-Chapelle. "C'est un grand huit pieds bouché des plus complet [sic], à quatre claviers, à ravalement en haut, & ut dièze en bas. L'Artiste [CLICQUOT] a trouvé le moyen de simplifier le mécanisme de l'Orgue, & de faciliter les jeux des claviers ; & si l'on doit lui savoir gré des recherches qu'il a faites pour rendre cette espèce d'instrument plus aisée à être réparée, & par conséquent moins à charge aux propriétaires" (Annonces, affiches et avis divers, 25 mars 1771). L'instrument est réceptionné par les organistes DAQUIN et BALBASTRE.
• 7 mai 1772, Senlis [Oise] : Il est reçu aux conditions de son prédécesseur par les chanoines de la cathédrale Notre-Dame "pour accorder notre orgue quatre fois par an".
• 26 octobre 1772, Senlis : Pierre DALLERY, facteur d'orgues demeurant à Paris rue Neuve-Saint-Laurent, est reçu au chapitre afin de présenter aux chanoines "un mémoire des réparations à faire à notre orgue, lequel a été vu et examiné en chapitre, et après avoir réfléchi avec ledit sieur sur le prix des ouvrages, nous sommes convenus d'accorder aud. sr DALLERY la somme de deux cents dix livres à la charge par lui de rétablir toutes les parties endommagées dans lesdites orgues conformément au mémoire par lui présenté et même de rétablir toutes les autres parties qui se trouveroient endommagées dans lesd. orgues, et encore à la charge de visitte et s'est engagé ledit sr de rendre l'ouvrage fait et parfait pour les fêtes de Noël prochaines". Le 17 décembre suivant, il reçoit la somme de 210 livres.
• 1772-1774, Paris : En compagnie de François Henry CLICQUOT, il restaure l'orgue de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés qui avait été construit au dix-septième siècle par Pierre THIERRY et Alexandre THIERRY.
• 1773-1777, Paris : Il participe "très certainement" avec CLICQUOT à la reconstruction de l'orgue de l'église Saint-Nicolas-des-Champs. L'orgue précédent avait été établi par Louis Alexandre CLICQUOT [M. J. Leclercq, p. 294).
• 6 février 1775, Paris : Les chanoines de la collégiale Saint-Marcel nomment le sieur "D'Alery |...] pour avoir soin de l'orgue et y faire les réparations qui pourraient devenir nécessaires". En 1777, il reçoit du chapitre 15 livres pour avoir accordé l'orgue. Il succède au facteur ANGOT.
• 1776-1783, Mantes-la-Jolie [Yvelines] : Pierre DALLERY intervient pour divers opérations sur l'orgue de la collégiale Notre-Dame et en 1776. Il serait également intervenu sur l'orgue de l'église Saint-Maclou d'après les registres de fabrique [M. J. Leclercq, p. 105-106].
• 1778, Paris : Toujours avec François Henry CLICQUOT, il dote l'église Saint-Merry de nouvelles orgues. Leur association prend fin à la fin de ce chantier.
• 7 avril 1779, Paris : Le bureau d’administration des Écoles militaires décide "que le Sr Dallery, facteur d'orgues, remplacera le Sr l'Epine, aux conditions ci après, savoir Qu'il sera payé au dit Sr Dallery, comme à son Prédécesseur, la somme de cent vingt livres par année, à commencer du premier de ce mois. Qu'il accordera l'orgue pour les fêtes de la Pentecôte, époque à laquelle il le repassera en entier. La fête de Dieu (accorder les jeux d'anche). Une fois dans le Courant du mois de juillet, la fête de l'assomption, la fête de St Louis, la Nativité de la Vierge, la St Denis, les fêtes de la Toussaint, la Conception, les fêtes de Noël, le Jour de l’An, les Roys, la Purification, l'annonciation, le Jeudi Saint, les fêtes de Pasques, ce qui fera seize accords par an, indépendamment desquels ledit Sr Dallery sera tenu de se rendre à l'hôtel pour accorder l'orgue toutes les fois que, par quelque changement de tems, il se trouvera discord, et que l'organiste jugera nécessaire de le faire accorder. Et Enfin que ledit Sr Dallery fera, au pied d'une expédition du présent arrêté, qui demeurera déposée aux archives de l'hôtel, sa soumission de remplir exactement les obligations qu'il lui impose".
• 1781, Vanves [Hauts-de-Seine] : La fabrique de l'église paroissiale verse "24 livres au sr DALLERY pour l'entretien de l'orgue pendant l'année".
• 1781-1787, Sainte-Suzanne [Mayenne] : Selon Marie-José Leclerc, il procède à des réparations sur l'orgue de l'église paroissiale mais le fait reste à documenter.
• 1782, Arras [Pas-de-Calais] : Le curé de la paroisse Sainte-Marie-Madeleine meurt en léguant 6 000 livres "pour être employés à faire de nouvelles orgues". Joseph Waast Aubert NONOT recommande au maître d'ouvrage le facteur parisien Pierre DALLERY.
• 12 janvier 1783, Paris : On relève dans le registre des dépenses du prieuré Notre-Dame de Bon-Secours qu'il est "payé à Dallery pour une année d'entretien de l'orgue, 99 livres 16 sols". Il reçoit encore 36 livres à la date du 4 janvier 1787.
• 3 juin 1783, Paris : Ferdinand Albert GAUTIER, organiste de l'abbaye Saint-Denis, mentionne dans son Journal la réception à cette date, en compagnie de Joseph POUTEAU, organiste du prieuré Saint-Martin-des-Champs, de l'orgue "très joli" de l'église paroissiale Saint-Denis du village de La Chapelle. Il vient d'être "relevé et réparé par M. Dallery, très excellent facteur d'orgue". Toutefois, l'instrument avait été établi en 1778 par le beau-frère de François Henry CLICQUOT, Adrien LÉPINE.
• 16 août 1785, Nanterre [Hauts-de-Seine] : Le registre de fabrique de la paroisse Saint-Maurice indique à cette date que "le dit sr marguillier en charge a encore observé qu'ils étoit aussy nécessaire de faire différentes réparations à l'orgue de cette paroisse, pourquoy ladite assemblée a connoissance qu'il étoit déjà convenu d'en faire le marché avec le sr Damery [sic] facteur demeurant à Paris pour la somme de mille livres pour rendre le dis orgue dans la perfection, conformément au devis du marché". Le curé, Jacques Claude de La Barre, fait écrire au chapitre des travaux extraordinaires de 1787 un paiement "à M.Dallery, facteur d'orgue" [Bulletin n° 22 de la Société d'Histoire de Nanterre, novembre 1998].
• 1786, Paris : Comme "accordeur de l'orgue", DALLERY perçoit de la fabrique de l'église paroissiale Saint-Médard la somme 60 livres pour son année.
• 26 février 1787, Paris : Le chapitre de la collégiale Saint Étienne-des-Grès approuve l'achat de l'orgue de l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet pour 1 600 livres. Il décide par ailleurs de dépenser 1 200 livres supplémentaires afin d'installer et perfectionner l'orgue pour le poser seulement. C'est DALLERY qui est choisi pour opérer. Le lendemain, le registre capitulaire révèle que "les devis pour posage seul ou posage avec augmentation sont peu différens, une partie des bois de l'orgue s'étoit trouvée pourrie lorsqu'elle a été déposée, le facteur d'orgues averti par l'organiste qu'on s'en tiendroit au second devis avoit pour abréger la dépense de main d'œuvre en employant moins de tems rompu diverses parties qui auroient servi absolument dans le premier devis et qui devenoient inutiles en suivant le second". Le premier mars, les chanoine décident de signer le devis proposé par DALLERY.
• 18 juin 1787, Paris : Les chanoines de Saint Étienne-des-Grès lui accordent une gratification de 400 livres.
• 24 février 1788, Paris : L'orgue de la collégiale Saint Étienne-des-Grès est reçu par trois organistes : SEJAN l'aîné, BEAUVARLET-CHARPENTIER, organistes de l'Église de Paris, et DESPREZ, organiste de Saint-Nicolas-des-Champs.
• 1789, Paris : Il augmente l'orgue des Missionnaires de Saint-Lazare.
• Octobre 1789-octobre 1792, Argenteuil [Val-d'Oise] : Le compte de fabrique révèle que le sieur DALLERY, facteur d'orgues, est rémunéré 40 livres annuellement pour l'entretien de l'orgue.
• 1790, Paris : La fabrique de l'église Saint-Pierre-de-Chaillot lui verse 30 livres pour entretien annuel.
• 28 mars 1790, Pontpoint [Oise] : Les archives des religieuses clarisses de l'abbaye du Moncel contiennent une quittance indiquant "Je reconnais avoire recû de madame De Lessart trésorière de labbey du mont cel la somme de quinze livres pour un acore de l'orgue des dite dames dont quittance o montcel le vintg huite mars 1790 [Signé] Dallery". Il s'agit très probablement de Pierre. L'orgue est un seize pieds.
• 16 novembre 1790, Paris : "Donné a Mr Dallery facteur d’orgue Une année de l’entretien de notre orgue échû le 11 juin de cette année… 30#", relève-t-on dans l'État des dépenses du dépôt faites par Sœur Saint-Ambroise et la mère Saint-Bernard, dépositaires du couvent des Récollettes. Il perçoit cette somme annuelle depuis l'année 1786.
• 1792-1807 : Jean Martinod, dans son Répertoire des facteurs d'orgues du IXe siècle à nos jours (1970), inventorie les interventions de Pierre DALLERY durant cette période.
• 5 août 1793, Paris : Pierre DALLERY, facteur d'orgues âgé de 59 ans, natif de Buire-le-Sec, demeurant dans la capitale depuis trente ans, reçoit une carte de sûreté. Il demeure au 136, rue Saint-Victor et précédemment rue Copeau.
• 9 avril 1794, Paris : Le citoyen Molard fait son rapport sur la conservation des orgues de Paris. "La Commission a arrêté que le Département serait invité à faire surseoir à leur vente [...]. Elle a chargé le rapporteur de se transporter dans les différentes sections de Paris où se trouvent ces jeux, pour aviser aux moyens de les garantir de toute dégradation, en les faisant couvrir des anciennes toiles destinées à cet usage. Il a été aussi autorisé à se concerter avec les citoyens DALLERY et CLICQUOT, facteurs de ces instruments, afin de pouvoir à leur conservation. La liste suivante a été adoptée comme contenant les jeux d'orgue les plus complets : Notre-Dame, Saint-Sulpice, Saint-Merry, Saint-Germain-l'Auxerrois, Saint-Victor, Saint-Paul, Saint-Nicolas-des-Champs, Saint-Roch, Saint-Germain-des-Prés, Saint-Thomas-d'Aquin, Saint-Étienne-du-Mont, Saint-Laurent, Saint-Louis-en-l'Isle, Saint-Médard, Saint-Jacques-du-Haut-Pas, Saint-Nicolas du Chardonnet, Saint-Augustin, Saint-Leu, Saint-Gervais. Il a été arrêté en outre que le citoyen Molard ferait à la prochaine séance un rapport sur tous les orgues". Avec les frères SOMER, également facteurs et les organistes DESPREZ, SÉJAN, BALBASTRE et MIROIR, pour recenser les orgues de la capitale à conserver, CLICQUOT et Pierre DALLERY visiteront une trentaine d'instruments.
• 16 décembre 1796, Paris : D'après l'Inventaire des orgues du premier ordre, avec les noms des organistes, facteurs et gardiens, la composition de chaque orgue, la date de visite et des remarques [aujourd'hui aux Archives et manuscrits du Conservatoire national des arts et métier], Pierre DALLERY est le facteur qui entretient les orgues de Saint-Roch, Saint-Germain-l'Auxerrois, Saint-Médard, Saint Nicolas-du-Chardonnet, les Petits Pères de la place de la Victoire, Saint-Jacques-du-Haut-Pas, et avec son fils les orgues de Saint-Merry, Saint-Paul, Saint-Nicolas-des-Champs et Saint-Victor. Selon une autre pièce, concernant les "orgues du 2e et du 3e ordre", DALLERY est cité comme facteur gardant seul les orgues de Saint-Pierre-de-Chaillot, Saint-Marcel, la chapelle de l'École militaire, la "maison des Invalides militaires" et la "maison des orphelines des Cent Filles". On ne précise pas le prénom mais c'est très probablement lui car Pierre François aurait été présenté comme DALLERY fils. Les orgues mentionnées sont dans des états très divers, certains nécessitent de légères réparations, d'autres sont quasi inutilisables.
• Date non précisée, sans doute avant 1801 : Un certain Godinot, après avoir obtenu de la Commission le droit de toucher l'orgue de Notre-Dame pour l'empêcher de dépérir, cite Pierre DALLERY dans une lettre non datée envoyée au Comité d’Instruction Publique : "Lorsque par un extrait des registres de votre Comité vous permîtes, l'an passé, à tout artiste connu de toucher l'orgue de Notre-Dame afin d'empêcher qu'il ne se détériorât, on profita de votre bienfaisante permission. Et l'hiver étant passé, il ne se trouva que quelques jeux discords dans les jeux d'hanche. Un ou deux jeux de fonds produisaient quelques cornements. Mais le citoyen Dallery, homme connu pour ses talens, tant pour la facture et la méchanique, que pour d'autres arts qui caractérisent un savant, rectifia bientôt ces petits dérangements et le remit en état en thermidor dernier" [texte cité par M.-J. Leclercq].
• 1798, Versailles : DALLERY est chargé de l'entretien de l'orgue [toujours selon les sources dont il st fait mention plus haut, à la date de 1766].
• 4 octobre 1799, Paris : Suite à la demande de l'organiste Jacques Marie BEAUVARLET-CHARPENTIER, il mène des travaux sur l'orgue de l'église Saint-Germain-l'Auxerrois. Il s'agit de l'orgue de la Sainte-Chapelle que CLICQUOT et lui ont transféré sans doute vers 1791-1792. "En attendant la réparation totale de l'orgue du Temple de la Reconnaissance, il est des plus urgent pour pouvoir continuer à en faire usage aux fêtes décadaires, de réparer la soufflerie qui est dans le plus mauvais état, attendu que pendant plusieurs hivers, la neige entrant par les vitraux cassés a séjourné dessus et a occasionné des crevasses par où le vent se perd considérablement et mettant dans le cas de ne pouvoir achever un morceau de musique ôte à ce bel instrument les moyens de son éclat. En outre, il serait absolument nécessaire de retravailler la bombarde qui dans le tems que l'on a placé cet orgue n'a pa été achevée, les claviers qui vont mal, ainsi que les pédales dans les rouleaux se déffont à chaque fois que l'on y touche. Si l'Administration peut disposer de 2 à 3000 francs, le citoyen Dallery, facteur chargé de l'entretien de l'orgue dudit Temple, se propose de le mettre aussi en état que possible jusqu'au moment ou le Département jugera à propos de faire la réparation complète" [cité par M.-J. Leclercq, p. 231-232]. Si Pierre réalise les travaux, le devis présenté "aux membres de la municipalité de l'arrondissement" du 15 novembre 1799 est de la main de son fils Pierre François. Ce dernier interviendra à son tour sur l'instrument en 1812 puis 1826, et ultérieurement, ce sera le tour de Louis Paul DALLERY.
• [1800], Poissy [Yvelines] : DALLERY remonte dans l'ancienne collégiale Notre-Dame les orgues de la chapelle des Pères de Nazareth de Paris achetées pour 1.400 Francs par la fabrique, l'instrument installé dans cette église en 1782 ayant disparu. Dans le compte de fabrique 1803-1804, DALLERY est rémunéré 48 livres comme facteur d'orgues.
• 19 juillet 1801, Paris : À la suite du décès de Claude François CLICQUOT, survenu au mois de mars précédent, la fabrique de l'église paroissiale Saint-Eustache se tourne vers Pierre DALLERY afin qu'il termine les travaux. Une partie de l'instrument, qui provient de l'ancienne abbaye Saint-Germain-des-Prés, a été entreposée chez CLICQUOT comme le mentionne son inventaire après décès. Un traité est signé pour un montant de 3 200 livres avec un premier paiement de 1 000 livres et le solde en 4 échéances de six mois en six mois après la réception des travaux. Une clause stipule "que dans le cas où la jouissance de l'église seroit ôtée aux fidèles catholiques, ledit citoyen Dallery ne pourroit exiger le payement de ce qui resteroit dû, que lors que la jouissance leur seroit rendue". Le 19 février 1802, l'orgue est reçu par les citoyens "Sejean, Desprez, Blin, Couprin et Miroir, organiste de notre Eglise". Le 13 février 1804, Pierre DALLERY signe un reçu libératoire pour solde des travaux après un dernier versement de 200 livres.
• 1801 [ou vers 1810 ?], Paris : Il construit un nouvel orgue pour l'église paroissiale Notre-Dame-de Bonne-Nouvelle, l'ancien, construit en 1757 par Claude FERRAND, ayant été envoyé à la fonte en 1795. Cet instrument sera déplacé par Claude François DALLERY dans le nouvel édifice construit en 1823.
• Après 1801, Melun [Seine-et-Marne] : DALLERY intervient sur l'orgue de l'église Saint-Aspais pour diverses réparations d'urgence, mais c'est son fils qui signe un marché avec la fabrique en 1809.
• 28 avril 1802, Soissons [Aisne] : Pierre François DALLERY, facteur d'orgues demeurant à Paris, rue Saint Victor n° 136, signe avec la fabrique de la cathédrale de Soissons un traité pour le rétablissement de l'orgue de cette église pour un montant de 9 750 livres. L'orgue, "rétabli par MM. Dallery Père et fils", est reçu le 15 mars 1804 par les arbitres désignés en février, Nicolas Philippe DESPREZ, organiste de l’Église métropolitaine de Paris, et Éloi Nicolas Marie MIROIR, organiste de Saint-Eustache. Après avoir "bien verifiés toute la mécanique, l'arrangement de tous les jeux, l'égalité des sons et différentes dispositions que nécessitoient les changemens et augmentations convenus et indispensables", les arbitres n'ont pu "qu'applaudir à la bienfaiture de l'ouvrage et au zèle infatigable de Mr Dallery fils, à qui nous rendons la plus grande justice, ayant même rempli à cet égard bien au dessus de ses engagemens, et sur la représentation que MM. Dallery ont faite, déclarons juste et résonnable la gratification qu'ils réclament d'une somme de six cent livres et avons signés Miroir Desprez Dallery père Dallery fils. Le 16 avril 1806, les deux facteurs écrivent à l'administration du chapitre de Soissons "Nous, soussignés, Pierre Dallery, père et fils, facteurs d'orgues de Sa majesté l'Empereur et Roy, demeurant à Paris, tous deux associés pour la réparation de l'orgue de l'Eglise épiscopale de Soissons, déclarons que n'ayant rien à réclamer pour les payements effectués d'après les termes de nos engagements réciproques avec les administrateurs de la susditte, nous les tenons quitte et déchargés par la présente de toutes espèces de répétitions relatives à ce marché".
• 19 mai 1802, Paris : Les administrateurs de la paroisse Saint-Thomas-d'Aquin, nouvellement érigée, passent un marché de 1 200 francs avec Pierre DALLERY afin d'installer l'orgue dans leur église. Cet instrument est l'ancien orgue construit en 1771-1773 par François Henri CLICQUOT alors que cette église n'était pas encore paroissiale : elle était l'église du couvent des pères Dominicains de la rue Saint-Dominique. En 1792, il avait été installé au Panthéon. Suite à l'échec subi par les administrateurs de la fabrique dans leur revendication de l'orgue de Saint-Denis puis des Petits-Pères, ils s'étaient résignés à reprendre les débris de leur ancien orgue. Pourtant Pierre François DALLERY avait expertisé cet instrument le 6 décembre 1801, pointant des mutilations, des jeux incomplets et concluant "au total, cet instrument, quoique très susceptible d'être réparé, ne peut être mis en état qu'autant qu'on aura des jeux propres à remplacer les absents ou en faire d'autres, ce qui sera très dispendieux". Finalement, l'administrateur Bertinot demanda le 21 janvier 1802 les débris de l'ancien orgue et "un petit orgue des Bénédictins Anglais qui n'est qu'un positif, tout cela déposé au Panthéon, et avec tout cela nous pourrons établir un orgue complet en faisant établir un buffet neuf". Le 18 juin 1802, l'instrument est reçu et deux mois plus tard MARRIGUES est désigné organiste. Le 14 août 1812, Pierre François DALLERY succède à son père comme facteur de la paroisse au même traitement que lui.
• 1803 : Pierre DALLERY aurait effectué le relevage de l'orgue de l'église Saint-Jacques-du-Haut-Pas. Certaines sources mentionnent son fils Pierre François. Ce dernier a travaillé sur ce orgue, reçu et examiné par trois arbitres le 15 novembre 1809. Cet instrument, assemblé en 1744, presque entièrement reconstruit par Nicolas SOMER (1767) puis François Henri CLICQUOT (1771), se trouvait dans l'ancienne collégiale Saint-Benoît de la capitale. En 1792-1793, c'est le même facteur CLICQUOT qui le transfère à Saint-Denis-du-Haut-Pas et l'élargit.
• 1805, Paris : L'ancien orgue de l'église paroissiale Saint-Roch ayant été partiellement détruit suite à la fonte de tuyaux et des dégâts commis par la soldatesque de Bonaparte en 1795 (le 9 juin 1802 DALLERY et son fils Pierre François en font l'expertise), le curé demande lors du rétablissement du culte l'orgue de l'ancienne abbaye Saint-Victor, mais ne l'obtient pas. Il se contente de matériaux déposés aux Menus-Plaisirs et prélevés sur les orgues provenant de l'École Militaire et des Petits-Augustins. La fabrique se tourne vers Pierre DALLERY. Le coût total s'élève à 18 000 francs. Le 13 septembre 1805, le registre de fabrique révèle que les travaux sont presque achevés et qu'il faut choisir le nouvel organiste. On se bouscule pour "toucher un des meilleurs orgues des églises de Paris". DESPREZ et LEFÉBURE-WELY seront nommés. Après la mort de Pierre, en 1812, c'est son fils qui poursuivra les travaux sur cet instrument.
• 1805, Paris : Pierre DALLERY reconstruit un nouvel instrument pour la paroisse Saint-Paul-Saint-Louis, créée depuis le rétablissement du culte et établie dans l'ancienne église des Jésuite [l'orgue qui s'y trouvait, encore remanié par François Henri CLICQUOT en 1760, a disparu à la Révolution]. Le facteur a utilisé les morceaux des orgues de l'Hôtel-Dieu, du Saint-Esprit et peut-être de Saint-Louis en l'île.
• 1807, Paris : Pierre DALLERY remet l'orgue de la paroisse Saint-Séverin en état. Il "refait les pieds et les écussons de la grande Montre. Il refait à neuf deux Trompettes, le Clairon de la pédale, le Cromore du Positif et dote le Récit d'un Hautbois" [Site "Orgues à nos logis"]. C'est là son dernier chantier, il cesse ensuite toute activité.
• 28 décembre 1807, Paris : Son épouse décède. DALLERY a payé 87 francs aux pompes funèbres pour les frais funéraires de son épouse et 96 francs à l'église pour la cérémonie religieuse.
• 15 juillet 1812, Paris : Le notaire Louis Jacques Bacq fait procéder à un inventaire au 34, rue de Bièvre cinq années après le décès de Geneviève Lecomte. Jean Pierre Batelier, gendre de Pierre DALLERY souhaite éclaircir les liens professionnels entre Pierre et son fils Pierre François, et notamment établir ce qui appartient à l'atelier. Visiblement, les relations sont tendues entre le père et la fille, et entre le frère et la sœur. Marie José Leclercq fait le point sur cet épisode : Pierre DALLERY explique "qu'effectivement, il a exercé l'état de facteur d'orgues jusqu'en quatre vingt douze, époque de la fermeture des églises et qu'à cette époque, il a réglé tous ses comptes avec les différentes fabriques pour lesquelles il travaillait et que les sommes qui pouvaient lui êtres dues par les résultats de ces comptes ont été entièrement perdues pour lui ; que depuis ce moment, il ne s'est plus occupé de l'état de facteur d'orgues, attendu que son grand âge et ses infirmités l'en ont empêché". Il ajoute "que lors de l'ouverture des églises, le sieur Dallery fils s'est présenté aux différentes fabriques et s'est fait agréer par elles suivant les marchés passées entre lui et lesdites fabriques ; qu'à l'époque du décès de la dame son épouse, l'état était en pleine activité sous le nom du sieur Dallery son fils qui l'avait par ses soins régénéré et travaillait alors pour son compte personnel", déclarant en outre "qu'il n'a jamais donné ni vendu au sieur Dallery son fils les ustensiles nécessaires à la facteur d'orgues". Et un peu plus loin dans l'acte, Pierre François fait consigner que "pour justifier la sincérité du dire ci-dessus fait par le sr Dallery son père, il a représenté tous les marchés passés entre lui personnellement et les différentes fabriques pour lesquelles il travaille ; que lesdits marchés, ainsi que l'on peut s'en convaincre, sont tous d'une date postérieure au décès de la dame Dallery sa mère". Toutes ces déclarations posent question mais des éléments de réponse se trouvent dans différentes archives. Les reçus pour entretien de l'orgue de Saint-Merry, sont biens signés d'avril 1802 à mars 1804 par Pierre DALLERY. L'écriture n'est pas celle de Pierre François qui est facilement reconnaissable mais surtout on trouve une caractéristique propre à Pierre DALLERY (et à son oncle Charles), elle comporte un tréma sur le Y, ainsi qu'on l'écrivait à l'ancienne mode. Ensuite, suivant les registres paroissiaux [sic] de Saint-Eustache, Pierre DALLERY a accordé l'orgue de 1802 à 1809, ainsi que l'attestent les reçus signés figurant dans ces registres comme celui du 30 octobre 1809 : "J'ai reçu de monsieur Le Seignier, trésorier de St Eustache la somme de soixante livres pour six mois de la core de Lorgue. Echü le vingt deux septembre dernier dont quitance à paris le trante octobre 1809, Dalerÿ". Par ailleurs, le Journal de l'Empire du 5 août 1808 annonce que "La réception de l'orgue de Saint-Séverin, reparé et augmenté par MM. Dalery père et fils, facteurs d'orgues des chapelles impériales, se fera mercredi prochain 10 août, à quatre heures très précises. MM. Séjan, Blin et Oudin, organistes, sont nommés arbitres, et essaieront tour-à-tour cet instrument".
Dans l'acte de 1812, Pierre reconnaît "pour rendre hommage à la vérité que depuis le décès de la dame son épouse, le sieur Dallery son fils, sans y être aucunement contraint, guidé par le seul sentiment de piété filiale, lui a exactement payé annuellement une somme de deux mille francs pour lui faciliter ses moyens d'existence et que sur cette somme, il prélevait annuellement celle de six cent cinquante francs pour les sieur et dame Batelier, ses gendre et fille, lesquels étaient hors d'état de pouvoir subsister sans ce secours". Même s'il a cessé son activité officiellement, il s'est mis au service de son fils, travaillant à ses côtés et se servant encore de son illustre nom et de son réseau pour acquérir des marchés. Il rappelle qu'après le décès de son épouse, leur fille avait obtenu "tous les effets, linge et hardes qui appartenaient à la feue dame Dallery". Élisabeth Rosalie Dallery déclare que "la vérité est qu'au moment du décès de Madame Dallery, il lui a été remis par son père quelques linges, robes et hardes qui avaient appartenu à la dame Dallery sa mère, que ces effets étaient de peu d'importance et ne faisaient qu'une partie de ceux laissés par sa mère ; qu'il est également vrai que depuis le décès de sa mère, la dame Batelier a reçu quelques secours de son père, qu'elle pense que lesdites sommes ne se sont portées annuellement qu'à quatre cent cinquante ou cinq cent francs ; et pour d'autant éclaircir les faits dont il a été question aux dires faits par le sr Batelier, ils engagent M. Dallery fils à vouloir bien déclarer s'il n'a jamais exercé l'état de facteur d'orgues seul et fait concurrence avec son père ; s'il a été possesseur d'autres outils et ustensiles [utiles à] la facture d'orgues que ceux qui appartiennent à son père et dont les ouvriers du sieur Dallery fils se servent aujourd'hui". Pierre François DALLERY assure avoir toujours exercé seul son métier de facteur d'orgues, ce qui semble de mauvaise foi au regard de ce que les sources de certaines fabriques d'églises révèlent (en particulier le courrier du 16 avril 1806 reçu par la fabrique de la cathédrale de Soissons même si c'est DALLERY fils qui effectue l'essentiel du travail). Quant aux outils, il précise "qu'il n'en a jamais eu personnellement, mais il observe que le sieur son père a offert plusieurs fois de les lui donner pour l'indemniser de tout ce qu'il a donné à la dame sa sœur, mais que ne voulant pas priver cette dernière du droit qu'elle pouvait avoir sur ces ustensiles, il a refusé de les recevoir, qu'alors le sieur son père l'a autorisé à s'en servir, ce qu'il a fait jusqu'à présent". L'inventaire est signé des deux Dallery et la signature de "Dallerÿ", presque illisible, tracée avec peine, toute tremblante montre l'état de santé très dégradé de Pierre.
• 3 octobre 1812, Paris : Pierre DALLERY, ancien facteur d'orgues, s'éteint à l'âge de 77 ans à son domicile du 34, rue Saint-Jacques. On connaît l'état de ses biens par un inventaire effectué le 15 juillet précédent. Il révèle des conditions de vie très modestes ; sont énumérés uniquement des objets de la vie courante, dont certains en mauvais état et à peine quelques pièces d'argenterie (boucle d'argent et montre en or) pour un montant total de 673,86 francs. Au rez-de-chaussée se trouve un grand établi, un valet [sic] en moyen état et une presse, le tout de fer ; un rabot en fer ; quatre autres rabots en bois dont un garni de fer ; une scie ; un moulin à fraise ; six louches ; un lot de mandrins en chêne de diverses grandeurs et grosseurs ; deux tables à couler l'étain, une grande et une moyenne ; une table carrée sur fer, le dessus en bois de sapin ; une autre table en chêne sur deux tréteaux ; deux tabourets en bois ; une petite marmite en fonte ; une pelle, une cuiller servant à couler le plomb ; dix fers à souder et un vieux soufflet.
• En 1817, Alexandre Choron et François Fayolle rédigent une courte notice biographique dans leur Dictionnaire des musiciens. Comme F.-J. Fétis [après ou avant eux ?], ils rapportent un trait qu'on dit être de François-Henri CLICQUOT. Peu satisfait de son travail sur l'orgue de Saint-Sulpice ("ce bel orgue manquait dans l'effet qu'il devait produire"), il regrettait que "depuis sa séparation avec Pierre Dallery, il n'avait plus rien fait de bon". Ces deux ouvrages mentionnent de façon erronée des travaux qu'aurait effectués DALLERY à Notre-Dame de Paris, à la Chapelle royale à Versailles et sur l'orgue de Saint-Suzanne, en Île-de-France, qui reste bien difficile à identifier [confusion avec Sainte-Suzanne en Mayenne ?]. Le Dictionnaire de Choron et Fayolle évoque, seul, la qualité et l'originalité du travail de DALLERY dès son chantier chez les Missionnaires de Saint-Lazare au faubourg Saint-Denis, "dont toutes les parties pouvaient déjà servir de modèles, sous le rapport de la mécanique" selon CLICQUOT. "Ce fut là que l'on vit, pour la première fois, une mécanique régulière et parallèle, fonctionnant sur des plans droits et perpendiculaires, offrant à la vue une régularité aussi agréable que facile à mouvoir, et qui fait encore les délices des organistes qui en jouent". Les mêmes auteurs concluent leur article en rappelant que M. Dallery excell[ait] surtout dans la facture des pianos organisés, auxquels il a eu l'idée d'ajouter un hautbois et un basson, et dont le premier fut joué à la cour de Louis XVI, par Duchêne, organiste du Roi et de l'abbaye de Sainte-Geneviève".
• 1830 : Son petit-fils Paul Louis DALLERY, dans une lettre adressée à la reine Marie-Amélie se présente comme "petit-fils d'un ancien serviteur en qualité de facteur d'orgues de Monseigneur le Duc d'Orléans ayeul de votre auguste époux à la chapelle de son château de Saint-Cloud".
Il reste à éclaircir un certain nombre de points sur la carrière de Pierre DALLERY : Marie-José Leclercq évoque des travaux sur les orgues de Sainte-Suzanne, en Mayenne, de Bagnolet et Charonne, en région parisienne, sur l'orgue de Notre-Dame des Victoires (reconstruction de 1775 ?). Son nom est avancé mais non attesté pour les travaux menés sur l'orgue de l'église Saint-Rémy de Maisons-Alfort en 1779. Pour cela, d'autres investigations dans les centres d'archives sont nécessaires. On lit dans le Nouveau manuel complet de facteur d'orgues[...] de M. Hamel [1849] que Pierre DALLERY avait également confectionné de nombreux orgues de chambre [parfois attribués à tort au facteur LÉPINE].
Mise à jour : 5 juillet 2025

