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LORRY, Nicolas (ca 1750-1794 ap.)
État civil
NOM : LORRY     Prénom(s) : Nicolas     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : LORY
ORRY
LAURY
LORI
Date(s) : 1750-10-26 ca  / 1794-10-6 ap.
Notes biographiques

Originaire d'un village du Beauvaisis, Nicolas LORRY passe par plusieurs chapitres parisiens avant de s'établir brièvement à Orléans. Il fait l'essentiel de sa carrière à Poitiers jusqu'à la Révolution. On perd sa trace après 1794 où il annonce son départ vers les frontières pour voler au secours de la patrie en danger.

• 26 octobre 1750, Tricot [Oise actuelle] : Nicolas LORRY/LAURY/LORY/LORI naît dans la paroisse de Tricot, diocèse de Beauvais, Il est fils de Jean Nicolas Antoine Lorry et de Marie Magdeleine Bouvée. Un extrait de baptême est délivré le 28 août 1770 et légalisé le 21 novembre 1775 au bailliage de Montdidier.
 
• 1768, Paris : Selon la supplique qu'il rédige en 1790, Nicolas LORRY s'est attaché au service divin à l'âge de 18 ans et a commencé à chanter en qualité de basse-contre dans différentes paroisses et chapitres de Paris, pendant 4 ans en tout. À la Magdeleine en la Cité, pendant 8 mois, à Saint-Séverin à la place d'un choriste qui était malade, pendant 4 mois, à la Couture Sainte-Catherine (chanoines réguliers de Sainte-Geneviève) en deux fois, l'espace de 10 mois. Monsieur de Monmartel, marquis de Brunoy, le demande, et il lui reste attaché durant 6 mois.
Il aurait commencé à travailler comme basse-contre vers ses 17-18 ans. Cela correspond à l'âge habituel de sortie de maîtrise. On peut en déduire, avec prudence, qu'il a probablement été enfant de chœur. Toutefois il n'en fait pas état. Il pourrait aussi s'être "formé à la musique" une fois jeune adulte.
 
• Vers le début de 1774, Orléans : Nicolas LORRY est engagé par le chapitre Saint-Aignan d'Orléans comme basse-contre. Il y reste 2 ans et demi.

• 15 juin 1776, Orléans : Ayant été reçu pour un salaire modique, Nicolas LORRY demande une augmentation car "il s'étoit formé à la musique où il chantoit fort bien sa partie", ce qui lui a été refusé par "des esprits prévenus" au sein du chapitre. Il obtient un certificat du grand-chantre du chapitre Saint-Aignan en faisant état et exprimant les regrets de "la plus saine partie du chapitre" au sujet de son départ.
 
• Au milieu de l'année 1776 : Demandé à la cathédrale de La Rochelle, il quitte Orléans.
• 1er juillet 1776, Poitiers : Passant par Poitiers, il se présente au chapitre Notre-Dame la Grande où il est reçu comme basse-contre (certificat). Il s'établit dans la ville.

• 18 janvier 1785, Poitiers : Nicolas LORRY se marie avec Marie Anne Monnory, fille d'un maître tailleur, dans l'église paroissiale Saint-Didier. Il est dit chantre de Notre-Dame[-la-Grande] de Poitiers. Le mariage est d'ailleurs célébré par un chanoine de la collégiale, signe sans doute d'estime envers le basse-contre du chapitre. 

• 26 août 1788, Poitiers : Sa fille Charlotte Marianne décède. Il est dit "choriste du chapitre de Notre-Dame".

1790, Poitiers : Nicolas LORRY est toujours basse-contre à la collégiale Notre-Dame la Grande où il reçoit un paiement de 468 livres fixes, et environ 10 livres de casuel. Au service, il côtoie Jacques ROY.
• 3 mars 1790, Poitiers : Il co-signe une pétition avec plusieurs musiciens de différents chapitres.
• Durant le mois d'octobre 1790, il constitue son dossier de carrière. Il obtient le 8 octobre un certificat médical de Pierre Charles Pallu, médecin à l'hôtel-Dieu de Poitiers, qui atteste que Nicolas LORRY est atteint d'un rhumatisme aigu avec fièvre, occupant tout le bras gauche, avec des douleurs insupportables, de l'insomnie et amaigrissement. Cette maladie le rend infirme pour le reste de ses jours, étant trop pauvre pour bénéficier d'une cure thermale, unique remède capable de le guérir. Le 13 octobre, il obtient un certificat de service du chapitre Notre-Dame la Grande de Poitiers. Le 22 octobre, il adresse une supplique au directoire. Il est âgé de 40 ans. Ses revenus sont composés d'un fixe de 468 livres plus 10 livres de casuel.

• 28 mars 1791, Poitiers : Nicolas LORRY reçoit 22 livres et 10 sols de gratification à Notre-Dame-la-Grande.
• 28 juin 1791, Poitiers : reçoit 27 livres 10 sols pour un mois de service à la collégiale Ste-Radegonde [aucune autre trace de lui à Sainte-Radegonde]

• [Octobre-novembre 1792], Poitiers : Il demande le versement de la somme de 68 livres qui lui revient sur son traitement.
• 9 novembre 1792, Poitiers : Le directoire du département lui accorde une ordonnance de 60 livres, payées comme une avance sur ce qui lui sera accordé par la loi.
• 10 novembre 1792, La Rochelle : Est-ce lui, appelé ORRY, qui est nommé second chantre à l'église paroissiale Saint-Barthélémy, pour soutenir BAUDELOT, premier chantre ? Il est nommé en même temps que LONCHAMBON, lui engagé en qualité de serpent. Il s'agit probablement plutôt d'un quasi homonyme.
En tout cas, début 1794, Nicolas LORRY est toujours (ou à nouveau) à Poitiers.
 
• Ventôse-Germinal-Floréal an II [mars-avril 1794], Poitiers : Nicolas LORRY fait de nouvelles démarches, mais il change cette fois radicalement de registre. Vers le 10 mars 1794, le citoyen LORI adresse une supplique au directoire du département de la Vienne. Il se dit près à partir pour les frontières (ou, variante, "pour se rendre à Colmar") comme cavalier nommé et équipé par la société populaire "pour voler à la défense de notre mère commune". Quid de son rhumatisme inguérissable ? Avant de partir, il souhaite mettre de l'ordre dans ses affaires et se dit créancier de la fabrique de Notre-Dame pour une somme de 200 livres. "Magistrats du peuple, venez au secours d'un brave sans culotte"… et payez-lui ce que vous lui devez encore de son service en qualité de choriste...
Après de nombreuses hésitations administratives et comptables, la municipalité est d'avis de lui verser 197 livres.
• 1er floréal an II (20 avril 1794), Poitiers : Le district de Poitiers décide de lui payer les 197 livres dues sur les revenus de la Fabrique de Notre-Dame.
• 15 vendémiaire 3 (6 octobre 1794), Poitiers : Un état des pensionnés l’indique comme “chantre de l’ex-chapitre de Notre-Dame de Poitiers - aux armées - cavalier jacobin - veuf”.

C'est la dernière trace qu'on ait (actuellement) de lui...

Mise à jour : 7 mai 2016

Sources
F-Ad17/ G 271 ; F-Ad86/ BMS Poitiers, Saint-Didier ; F-Ad86/ BMS St-Didier de Poitiers ; F-Ad86/ L 226 ; F-Ad86/ L 234 ; F-Ad86/ L 278 ; F-An/ DXIX/090/749/01
Module MUSEFREM : situation en 1790
Période :  1776-7-1  / 1790-11 
Lieux :  Collégiale Notre-Dame-la-Grande (POITIERS)  
Fonction :  basse-contre (Église)  
Formation ? :  Non
Formation maîtrisienne attestée : non renseigné    
Ecclesiastique ? : laïc    
Situation maritale : non renseigné    

Il commence à travailler comme basse-contre vers ses 17-18 ans. Cela correspond à l'âge auquel les enfants de chœur sortent de la maîtrise. Mais son éventuelle formation maîtrisienne n'est jamais mentionnée.

Par ailleurs sa situation maritale reste à éclairer : en 1785-1788 il est marié, en 1794 il est veuf. Qu'en est-il en 1790 ?


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