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LAGUNA, Joseph (1723-1792 ap.)
État civil
NOM : LAGUNA     Prénom(s) : Joseph     Sexe : M
Date(s) : 1723   / 1792 ap.
Notes biographiques

Sa longue existence d'organiste, de facteur d'orgues et de compositeur, quadrille le sud-ouest occitan, avec une certaine instabilité. C'est à Castelnaudary que le trouve la Révolution commençante.

• 1723, Codalet [Pyrénées-Orientales] : Joseph LAGUNA naît et reçoit le baptême à Saint-Michel de Cuxa, [actuelle commune de Codalet], dans le diocèse d'Elne. Il est fils de Joseph Laguna et de Catherine Sarda.

• [Vers 1738],  ? : Il débute son service à l'église comme organiste. Il dira avoir plus de 52 ans de service en 1791.

• 6 août 1742-juin 1758, Béziers : Le 5 août 1742 il se fait entendre à Béziers. La qualité de son jeu éblouit les membres du chapitre cathédral, qui disent par ailleurs "connoître son habileté". Le lendemain, il est reçu organiste de la cathédrale Saint-Nazaire de Béziers à la place de FERRIER et au bénéfice d'une prébende que l'on convertit quelques jours plus tard en argent. Il obtient 450 livres d'appointements.

• 28 décembre 1744, Béziers : Joseph LAGUNA fait un riche mariage avec Marguerite Canabassier (née vers 1710, elle décèdera le 4 janvier 1783). Outre les biens venus des Canabassier, l'épouse apportait l'héritage de son neveu, Jean Pierre Denuys, fils du maître de musique de la cathédrale. En tout, plus de 8 000 livres, sans compter avantages en nature, et biens mobiliers.

• Août 1745 : Joseph LAGUNA entreprend des réparations aux orgues de la cathédrale de Béziers endommagés à la suite de fortes pluies, réparations qui lui demandent 15 jours de travail payés 70 livres, dont 10 pour l'achat de matériel.

• 26 juillet 1746 : Sa fille Claire est baptisée. Elle décèdera le 13 mai 1751.

• 22 octobre 1755, Lodève [Hérault actuel] : Joseph LAGUNA est présent, avec Dom BEDOS DE CELLES, à la réception de l'orgue construit par Jean François LÉPINE à la cathédrale Saint-Fulcran de Lodève.

• Mars 1756, Béziers : Joseph LAGUNA est impliqué dans un conflit sérieux avec les autorités de Béziers au sujet d'une fille habillée en garçon qui est enfermée chez lui, dont l'identité n'est pas donnée et au sujet de laquelle il parle d'un conflit avec ses sœurs. On dit de LAGUNA que, s'il a "des talents pour toucher l'orgue", il est reconnu à Béziers "pour estre fort impertinant, tres libertin ce qui a obligé le chapitre de le chasser".

• Juin 1758, Rodez [Aveyron] : En juin 1758 Joseph LAGUNA quitte Béziers sans doute pour Rodez [?].
Le 30 avril 1765, lorsqu'il signe comme témoin au testament du médecin Merlin, il y est organiste de la cathédrale.
Lors de son départ de Béziers, Joseph LAGUNA y a laissé sa femme, d'avec qui il s'était séparé, et une fille vivante, Marie Catherine Jacquette. Cette dernière épousera Jean Lutran, toujours à Béziers, le 18 février 1766, et y décédera trente ans plus tard, le 3 janvier 1796.

• 14 octobre 1771 : En poste à Rodez, Joseph LAGUNA annonce dans L'Avant-Coureur, à Paris, un choix de morceaux (surtout de chœurs) d'opéras de Jean Philippe RAMEAU arrangés pour l'orgue, avec indication des jeux qui conviennent dans chaque cas. Il en vend des copies manuscrites à 1 livre 4 sous la page et prie les "amateurs et organistes" de s'adresser directement à lui pour les obtenir. La même annonce est reproduite sur le Journal Encyclopédique de Bouillon (Belgique) en janvier 1772.

• 11 août 1772-[avril 1784 ?], Carcassonne : Le 17 juillet 1769, Joseph LAGUNA est engagé comme organiste de la cathédrale de Carcassonne, mais il semble n'avoir réellement quitté Rodez qu'à l'obtention d'un contrat à vie à Carcassonne qui porte date du 11 août 1772. En mai 1770 il est toujours à Rodez lorsqu'on le demande comme expert à Toulouse pour la réception du travail de MICOT à la cathédrale Saint-Étienne et ce n'est que le 9 septembre 1772 que le chapitre cathédral de Rodez délibère sur la fin de son service et sur la question de son départ, sans doute pour Carcassonne.
À Carcassonne, entre environ 1779 et 1783, il forme à l'orgue le futur pianiste compositeur et marchand de musique Bernard VIGUERIE, qui avait été enfant de chœur du chapitre.

• Août 1776, Rodez : Joseph LAGUNA fait le voyage de Carcassonne à Rodez (165 km en droite ligne, soit au moins 35 heures de marche) pour vérifier les réparations faites sur l'orgue de la cathédrale par le Frère ISNARD, qu'il approuve. Sa présence récurrente lors de la vérification de ce type de travaux montre que, malgré son caractère contestataire, qui éclate une fois encore à cette occasion au sujet de ses frais de voyage, il est apprécié par ses compétences techniques en matière de facture d'orgues.

• Juin 1778, Castelnaudary : LAGUNA se déplace à Castelnaudary (à 37 km à l'ouest de Carcassonne) pour la réception de l'orgue construit par Jean Pierre CAVAILLÉ dans la collégiale Saint-Michel. Le 11 juin, il est payé 120 livres pour les cinq jours employés à la vérification de l'orgue.

• 22 avril 1784, Castelnaudary : Joseph LAGUNA est engagé comme organiste de la collégiale Saint-Michel de Castelnaudary, où il succède à TOUTINT, avec prise de fonctions le 1er mai 1784.

1790, Castelnaudary : Joseph LAGUNA est toujours organiste de la collégiale Saint-Michel. Il y est attaché par un contrat à vie, avec 700 livres d'appointements. Parmi ses obligations figure celle d'enseigner l'orgue à un enfant de chœur choisi par le chapitre. Il déclarera ensuite avoir formé un grand nombre d'élèves qui lui font honneur.

• 6 mars [1790] : Joseph LAGUNA adresse au Comité ecclésiastique un courrier où il explique les conditions de son contrat à Castelnaudary et, au cas où le chapitre serait supprimé et les membres pensionnés par la nation, il le supplie de prendre en considération sa position car il a environ 70 ans et il est hors d'état de se procurer sa subsistance.
• 10 août 1790, Castelnaudary : Il fait une demande de pension au Comité ecclésiastique. Il dit avoir une épouse. Il s'est donc remarié, car sa première épouse est décédée en 1783. Il adresse à l'Assemblée nationale un mémoire dans lequel il expose qu'il se trouve privé de tout moyen de subsistance parce que le chapitre vient de lui refuser le quartier de ses appointements échus le premier août 1790, contrairement au chantre, probablement Philippe BARBE.
• 30 août 1790 : Le Comité ecclésiastique, après réception de sa demande, la renvoie au directoire du département qui à son tour la renvoie au district (7 septembre).
• 16 septembre [1790] : Le directoire du district est d'avis que le second quartier de 1790 devait être payé à LAGUNA. Confirmation de cet avis par celui du département. Le tout est envoyé au Comité pour qu'il donne sa décision à cet égard.
• 14 novembre [1790] : LAGUNA n'a toujours rien reçu, car l'avis du Comité manque.

• 5 janvier 1791 : Le directoire du département de l'Aude délibère que son trimestre de pension de 175 livres échu le dernier décembre 1790 lui sera payé par le district de Castelnaudary.
• 12 avril 1791 : Le directoire, compte tenu de "ses longs services, ses grands talents et son âge", est d'avis d'accorder à Joseph LAGUNA 500 livres "pour avoir une ressource dans la vieillesse" et considérant qu'il est encore en état d'exercer sa profession d'organiste soit pour la paroisse de Castelnaudary soit ailleurs, il est d'avis qu'il y a lieu de lui accorder un traitement de 300 livres annuelles à compter du premier janvier 1791.
• 18 avril 1791 : Le directoire du département de l'Aude délibère sur sa demande et décide, cependant, de lui accorder une pension annuelle de 700 livres payable en quatre fois.

• 23 août 1792, Castelnaudary : Joseph LAGUNA prête le serment civique en compagnie du musicien Jean LOZE et de Pierre SAVAIRE.

• 1792-1793 : Il reçoit toujours 700 livres de pension et il est dit résidant "à Chaury" (abréviation pour Castelnaudary ?).

La fin de son existence demeure à éclairer...

Mise à jour : 20 juin 2016

Sources
"L'Artiste Toulousain" (1888) ; F- 3 G 254 ; F-Ad11/ 1 L 1236 ; F-Ad11/ 1 L 1252 ; F-Ad11/ 1 L 213 ; F-Ad11/ 3 L 131 ; F-Ad11/ 3 L 20 ; F-Ad12/ 3 G 268 ; F-Ad12/ 3 G 269 ; F-Ad34/ C 6705] ; F-Ad34/ G 119] - F-Béziers Am/ GG 171] - F-Ad34/ C 6705] ; F-Ad34/ G 120] - F-Ad34/ G 121] - F-Ad34/ G 122] - F-Ad34/ G 126] - F-Ad34/ G 817] - F-An/ Colonies/E 89] ; F-Ad34/ G 121] - F-Ad11/ G 281] - F-Ad12/ E 1513] - F-Ad11/ G 283] - F-Béziers Am/ 2 E 12] - F-Béziers Am/ GG 175] - F-Béziers Am/ GG 159] ; F-An/ C/II/*15 ; F-An/ DXIX/030/482-2/02 ; F-An/ DXIX/071/485/01,03-04 ; F-An/ DXIX/09 - F-An/ DXIX/08 ; F-An/ DXIX/099/013/06 ; F-Béziers Am/ GG 177] - F-Béziers Am/ GG 171] - F-Béziers Am/ GG 72] - F-Béziers Am/ GG 175] - F-Béziers Am/ GG 176] ; François-Joseph Fétis, "Biographie universelle" ; Journal Encyclopédique (Bouillon, 1772) ; Orgues en Languedoc-Roussillon. Tome 3: Hérault, 1988 ; R. Machard, Musiciens de la cathédrale St-Étienne…
Module MUSEFREM : situation en 1790
Période :  1784-4-22  / 1790-12
Lieux :  Collégiale Saint-Michel (CASTELNAUDARY)  
Fonction :  organiste (Église)  ;  maître d'orgue (Église)  
Formation ? :  Non
Formation maîtrisienne attestée : non renseigné    
Ecclesiastique ? : laïc    
Situation maritale : marié    

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