Login
Menu et informations
BOESSET, Antoine (1587-1643) [d'après] : LA DÉPOUILLE D'ÉGYPTE

BOESSET, Antoine (1587-1643) [d'après] : LA DÉPOUILLE D'ÉGYPTE

Titre uniforme :
LA DÉPOUILLE D'ÉGYPTE
Source(s) du recueil :
Source musicale A

LA/ DESPOUILLE/ D'ÆGIPTE,/ OU/ LARCIN GLORIEUX/ des plus beaux Airs de Cour/ apliquez à la Musique/ du Sanctuaire./ DEDIE A LA REYNE.
Paris, Pierre Ballard, 1629
voix seule, in-8°, 165 x 105 mm, [IV]-67-[1] f.
F-Pn/ Rés Vm1 202 [coll. S. de Brossard]

Note(s) sur la source musicale A

Guillo, Ballard/ 1629-B
Durosoir/ non signalé
RISM B.I/ 1629.07

Ce recueil regroupe des contrafacta ou parodies spirituelles catholiques, très probablement d'origine jésuite, dont le titre s'inspire de Exode III, 21-22 et XII, 35-36. Le recueil réutilise le matériau musical d'airs de cour publiés entre 1608 et 1628 dans les recueils d'airs parus chez Pierre Ballard ; ces airs, sur lesquels ont été greffés des textes d'un auteur anonyme, sont de la composition d' A. Boesset, G. Bataille, P. Guédron, É Moulinié ou F. Richard (l'auteur figure généralement au départ de chaque cantique ; dans le cas contraire il est restitué entre crochets). L'incipit mentionné entre crochets après chaque pièce est celui du modèle mondain identifié ; ces identifications proviennent pour la plupart de LAUNAY p. 226-231 ; ils ont été complétés le cas échéant.

Contient :

- f. [I] [titre]
- f. [Iv] [blanc]
- f. [II] «A lA REYNE. [...]», épître dédicatoire, signé P.[ierre] Ballard
- f. [III-IV] «AU LECTEUR. [...]», avertissement anonyme

[Cantiques :]
[ 1] - f. [IVv]-1 BOESSET. Quel Astre favorable [Quelle est cette merveille]
[ 2] - f. 1v-2 GUEDRON. Las ! ne sera-ce jamais [Las qui hâtera le temps]
[ 3] - f. 2v-3 MOULINIE. Ce Dieu qui d'un pouvoir supresme [Cloris qui dompte tout le monde]
[ 4] - f. 3v-4 BATAILLE. Est-ce un Dieu que je voy gisant en cette estable [Enfin nulle douleur ou feinte ou véritable]
[ 5] - f. 4v-5 GUEDRON. Que de miracles dans les Cieux [Cette princesse dont le nom]
[ 6] - f. 5v-6 MOULINIE. Soleil si long-temps attendu [Le ciel pitoyable à mes voeux]
[ 7] - f. 6v-7 BOESSET. Quel soleil à dans les Cieux [Quelles beautés ô mortels]
[ 8] - f. 7v-8 GUEDRON. Cette beauté de qui les Cieux [Cette princesse dont le nom]
[ 9] - f. 8v-9 GUEDRON. Adorable merveille [Adorable princesse]
[10] - f. 9v-10 BOESSET. Ou va ce flambeau de ma vie [Ils s'en vont ces rois de ma vie]
[11] - f. 10v-11 MOULINIE. C'est en vain que je veux celer [C'est enfin trop celer mon mal]
[12] - f. 11v-12 BOESSET. Jesus, vos attraits sont si doux [Philis vous avez tant d'appas]
[13] - f. 12v-13 BOESSET. Seul objét de mes voeux, & le but de ma gloire [Seul objet de mon bien mes amours et ma gloire]
[14] - f. 13v-14 BOESSET. O Mort ! l'objét de mes douleurs [Ô mort l'objet de mes plaisirs]
[15] - f. 14v-15 BOESSET. Puis que l'Astre qui me domine [Puisqu'en cette absence cruelle]
[16] - f. 15v-16 MOULINIE. Quand je vay desplorer dans ce desert sauvage [Si parmi les déserts au fort de mes atteintes]
[17] - f. 16v-17 BOESSET. Quelle rigueur du grand Dieu [Quelle colère des cieux]
[18] - f. 17v-18 BOESSET. Ne vantez plus à nos esprits [Ne vante point flambeau du monde]
[19] - f. 18v-19 GUEDRON. En fin apres de longs combats [Enfin l'excès de mon amour]
[20] - f. 19v-20 MOULINIE. A ce coup il me faut souffrir [C'en est fait il me faut mourir]
[21] - f. 20v-21 BOESSET. Cher nourricier de mes desirs [Cruel tyran de mes désirs]
[22] - f. 21v-22 GUEDRON. Cesse mortel d'importuner [Cessez mortel de soupirer]
[23] - f. 22v-23 BOESSET. Astre jaloux du bon-heur de mon ame [Je voudrais bien ô Cloris que j'adore]
[24] - f. 23v-24 GUEDRON. En fin cette Nymphe des Cieux [Karite de qui le bel oeil]
[25] - f. 24v-25 BOESSET. Qu'on servy les ruisseaux de ces pleurs infidelles [Qu'ont servi tant de pleurs]
[26] - f. 25v-26 BOESSET. J'avois brisé mes fers, & rompu la prison [J'avais brisé mes fers et pris déjà congé]
[27] - f. 26v-27 GUEDRON. Miserable jeunesse [Misérable Cléandre]
[28] - f. 27v-28 BOESSET. Armez vous mes esprits [Arme-toi ma raison]
[29] - f. 28v-29 BOESSET. S'il est vray qu'en vous offenceant [Puisqu'il est vrai qu'en vous laissant]
[30] - f. 29v-30 BOESSET. O Dieu ! ce ne sont point vos armes [Iris vos rigueurs inhumaines]
[31] - f. 30v-31 BOESSET. Si mon coeur autre-fois aveugle en te servant [Si mon coeur autrefois dans tes noeuds arrêté]
[32] - f. 31v-32 GUEDRON. Quels tourments rigoureux [Quel espoir de guarir]
[33] - f. 32v-33 BOESSET. Je suis du siecle ingrat le principe & la vie [Je suis cet Amphion la merveille du monde]
[34] - f. 33v-34 BOESSET. Jamais le jour delicieux [Jamais n'aurai-je le pouvoir]
[35] - f. 34v-35 BOESSET. Je veux trouver mon dernier jour [Je vais mourir dans le moment]
[36] - f. 35v-36 BOESSET. Que servent ces regrets, mon ame il faut partir [Que servent tes conseils Amour il faut partir]
[37] - f. 36v-37 RICHART. Il n'est plus temps de resister aux graces [Il n'est plus temps de faire résistance]
[38] - f. 37v-38 RICHART. Je veux mourir s'il me prenoit envie [Je veux mourir s'il est vrai que Sylvie]
[39] - f. 38v-40 GUEDRON. Lors que la nuit obscure [Quand le flambeau du monde]
[40] - f. 40v-42v BOESSET. Esprits qui nourrissez vos imperfections [Amants qu'un vain espoir d'ilicites plaisirs]
[41] - f. 43-44 BOESSET. D'un oeil abismé dans ses larmes [D'un coeur amoureux et fidèle]
[42] - f. 44v-46 GUEDRON. C'en est fait, helas ! il est mort [C'en est fait je ne verrai plus]
[43] - f. 46v-47v GUEDRON. En fin mon beau Soleil dont la mort violente [Enfin mon beau soleil qui rend dès qu'il s'absente]
[44] - f. 48-49 GUEDRON. Donc cette ingratte nation [Doncques celle de qui mon coeur]
[45] - f. 49v-50v BOESSET. Je port' au coeur une amoureuse flamme [Fut-il jamais une rigueur pareille]
[46] - f. 51-52 GUEDRON. En fin le juste Ciel à mes voeux pitoyable [Enfin le juste ciel à mes voeux pitoyable]
[47] - f. 52v-53v BOESSET. Qui veit jamais un cour [Qui vit jamais amant]
[48] - f. 54-55 BOESSET. Trompeuse volupté, que ta fureur cruelle [Que d'épines Amour accompagnent tes roses]
[49] - f. 55v-57v [MOULINIE.] Ou fuyez vous esprits volages [Quel nouveau dieu sur ce rivage]
[50] - f. 57-58 GUEDRON. Rosier qui fus jadis l'objét de mes prunelles [Heureux qui nuit et jour pour un bel oeil soupire]

«MIROIRS/ DE L'AME» [texte seuls, sans musique notée ni timbre] :
[51] - f. 58v-59v MIROIR/ DE LA VANITE. [...] Vous avez beau consulter
[52] - f. 60-61v MIROIR/ DE L'ORGUEIL. [...] Que maudit soit le miroir
[53] - f. 62-63v MIROIR/ DE COMPUNCTION. [...] A vous qui dans un cristal
[54] - f. 64-67 MIROIR/ DE LA VERITE. [...] Ravie aux divins attraits

- f. 67v-[68] «TABLE. [...]» [ordre alphabético-topographique]
- f. [68v] «EXTRAIT DU PRIVILEGE. [...]» accordé à Pierre Ballard, daté du 28 juillet 1623

Description :
1 volume, in-8°, 165 x 105 mm, [4]-67-[1] f., [A]4B-I8K4. Titre dans l'encadrement ERD. Musique notée (type PMF), portées de 85 mm. Lettrines, bandeaux, fleurons, frises, titre courant.

Pièces liminaires :
[dédicace :]
«A LA REYNE.
MADAME,
Puis que la justice Eternelle a rendu des le commencement toutes les creatures tributaires des couronnes, & des vertus : que le Ciel n'avoit point d'estoilles que pour en faire des guiralndes sur la teste du Roy de tout le monde, ny la Terre de fleurs que pour orner le diadesme de son innocence. Je croyrois faire un peché contre nature de ne pas offrir aux autelz de vostre royale pieté cette riche moisson d'un printemps plus heureux que celuy qui nous germe des Oeilletz & des Roses, afin qhà mesme temps que les Cieux, & les mains du plus grand Monarque de l'Univers arrosent & cultivent si glorieusement les lys de vos Couronnes, que les plus beaux parterres de la France essayent à donner quelque divertissement aux yeux de vostre Majesté, dans le raport ordinaire de ce qu'ils ont de plus agreable, vous cognoissez aussi que l'esprit de vos sujéts ne sçauroit esclorre une seule pensée qui ne soit redevable à vos contentements. Je pensois induire l'Autheur à vous les presenter luy mesme, sçachant bien qu'il n'y a point de fleurs que vous estimiez davantage que celles qui croissent dans les campagnes de Betheleem, ou sur la montaigne du Calvaire : mais son humilité ayant eu de plus fortes raisons que les miennes pour luy persuader qu'elles n'estoyent bonnes qu'en la main des Bergers, & des Religieuses. J'ay pensé qu'il valoit mieux contredire à ses intentions, que de ne les pas offrir à vostre Majesté : laquelle possedant en eminence les meilleures qualitez de ces conditions, m'oblige aussi bien que tout le reste des hommes à conter entre les premieres faveurs que nous tenons du Ciel, l'honneur d'estre, & de me pouvoir dire,
DE VOSTRE MAJESTÉ,
Le tres-humble, tres-obeissant,
& tres-fidelle serviteur.
P. BALLARD.»

«AU LECTEUR.
Ne vous estonnez point, mon Lecteur, si montrant mes oeuvres au jour je cache mon nom à tout le monde, & si je veux estre incognu dans un sujét où les plus simples esprits se veulent faire voir : C'est si peu de chose que de sçavoir faire de ryme, & composer des vers, que la plus part des Poëtes ayant cette perfection des la naissance, elle doit (ce me semble) passer au rang des choses naturelles qu'on ne devroit n'y louer n'y blasmer. Il est vray que la bonne poësie merite quelque sorte de louange, aussi bien que la beauté, puis que l'une & l'autre sont des faveurs du Ciel qu'il ne communique pas à tous esgallement : mais comme il arrive bien souvent que les plus belles creatures ne sont pas les meilleures, & que la malice des ames nous fait trouver du crime dans les beautez du corps, aussi void on pour l'ordinaire qu'il n'y a point de plus mauvaises poësies que celles qu'on estime les mieux faites, & que les piesces qu'on veut faire passer pour excellentes, sont aussi criminelles en la matiere qu'elles sont delicates en la façon : La bonté de toutes les choses ne se devant considerer qu'au fond de la substance, on offenceroit la verité d'appeller bon ce qui n'a que les accidents, & ne crois pas qu'on puisse dire sans blasphemes (& sans tomber dans l'erreur que S. Augustin condamne en ses confessions) qu'il n'y a rien dans l'Evangile qui soit esgal à ce qu'on trouve dans les oraisons de Ciceron, & de Demosthene : ou bien il faut dire à mesme temps que le hommes parlent mieux que le Sainct Esprit, & que l'eslegance, & les bonnes paroles ne sont pas si familieres en la bouche de Dieu qu'en celle des mortelz. J'oseray dire (sans en vouloir tirer des consequences en ma faveur) que comme un diamant n'est pas estimé bon pour estre bien taillé : mais pour conserver beaucoup de flammes au milieu de son eau, qu'il ne faut pas aussi donner la gloire, & les lauriers de la bonne poësie à celle qui n'a de la bonté que dans la mignardise des paroles, & la consonnance des rymes : mais qu'elle est veritablement digne de ses honneurs lors qu'elle emprunte ses beautez, & ses graces de la perfection de son sujet. J'avoüe ingenument que ce siecle nous a donné des Poëtes à qui l'on ne peut rien desirer que de beaux, & genereux desseins, & qu'ils feroyent des ouvrages dignes des couronnes du Ciel, & des marbres de la memoire, s'ils travailloyent autant pour Dieu qu'ils consomment de temps pour des beautez dont l'inconstance & la vanité destinent leurs oeuvres à quelque chose de plus rigoureux que la mort & l'oubly. Et pleut à Dieu que ces petits essays, ou je passe les heures de mon loysir, leurs donnassent de l'emulation pour faire voir à tous les yeux de la France que rien ne leur est impossible, & que si les erreurs de la jeunesse leur ont fait mettre des enfants au monde des Anges, & des recompenses de l'immortalité. Mais quoy ? la malice du siecle donne aussi peu de place à mes voeux que d'esperance à mes justes desirs : nous sommes en une saison ou les Poëtes, & les Musisicens ne donnent que les heures perdues à la devotion, on n'estime plus les pensées si elles ne sentent un peu du blaspheme & de l'impieté, & les sainctes fureurs de la poësie deviennent plus froide que la glace quand on ne se propose plus de sujéts sur la Terre qui les puisse animer. Cela m'a fait resoudre, mon cher Lecteur, à vous mettre ces Cantiques entre les mains, pour delasser un peu vostre esprit, & luy fournir quelque espece de recreation dans les exercices de la pieté. Le larcin que j'ay fait des plus beaux Airs de cour, & des passions prophannes que j'imite autant qu'il m'est possible en des affections plus sainctes, m'a fait donner à ce petit livret le nom de LA DESPOUILLE D'ÆGIPTE. Vous me pardonnerez volontiers les rudesses qui se trouvent en la versification si vous considerez les gesnes qu'il faut donner à nos pensées dans l'imitation de quelque autre sujét. Au reste je ne vous aurois pas celé mon nom si j'avois l'ambition qu'on me teint pour un poëte, tout mon dessein ne butte qu'a desrober vos yeux & vostre coeur à toutes ces chansons impudiques, pour le faire voller à Dieu sur les aisles de mes pensées : je me croiray bien payé de mes peines, & vous promets encor quelque autre chose pour recompense de la vostre, si je puis cognoistre que ce petit ouvrage donne de la gloire à JESUS, & de l'edification aux ames rachetées de son precieux sang. Adieu.»

Autres exemplaires :
- F-Pa/ 8° BL 10568
- F-Pa/ 8° BL 10569 [avec annotations ms/ texte et musique de quelques modèles mondains]
- F-Paris, collection particulière Laurent Guillo [avec mentions ms des modèles mondains]
- F-Pn (impr.)/ Ye 11295

Dépouillement (sigle RISM/ cote)

F-Pn/ Rés Vm1 202
F-Pa/ 8° BL 10568
F-Pa/ 8° BL 10569
F-Pn/ Ye 11295

Lieu(x)

PARIS

Note(s) lieu(x)

PARIS : ville d'édition de la source musicale A

Date(s)

1629
1623.07.28

Note(s) date(s)

1629 : édition source musicale A
1623.07.28 : privilège imprimé à la fin de la source musicale A

Dédicataire(s)

ANNE D'AUTRICHE [1601-1666], reine de France

Éditeur(s) / Graveur(s) / Libraire(s)

BALLARD, Pierre [1581 ca-1639]

Référence(s) bibliographique(s) :
Bibliographie :

GASTOUÉ, Amédée
Le cantique populaire en France : ses sources, son histoire, augmentés d'une bibliographie générale des anciens cantiques et Noëls.
Lyon, 1925, p. 265

LAUNAY, Denise
La musique religieuse en France du Concile de Trente à 1804
Paris, Klincksieck, 1993, p. 223-235

Les identifications des airs de cour ayant servi de modèles aux cantiques, données par Denise Launay, ont été vérifiées et complétées.

PACKER, Dorothy S.
«Collections of Chaste Chansons for the Devout Home (1613-1633)»
Acta Musicologica, LXI/ II (mai-août 1989), p. 209

Cote CMBV

CMBV/ ARC ANT 31 [F-Pn/ Rés Vm1 202]

Informations sur la notice :

Notice créée par Laurent Guillo (mars 2007).

Date de référence :

<<<< retour <<<<