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VIANNY, François Bernard (1740-1805 av.)
État civil
NOM : VIANNY     Prénom(s) : François Bernard     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : VIANI
VIANNI
VIANY
Bernard
Date(s) : 1740-10-12   / 1805-5 av.
Notes biographiques

Bernard VIANNY est en 1790 organiste des bénédictins de Saint-Benoît-sur-Loire. Après avoir tenté quelque temps de poursuivre sa carrière d'organiste, c'est comme musicien militaire qu'il termine sa vie à une date et en un lieu qui restent à découvrir. Sa signature lors de son mariage en 1786 atteste qu'il écrivait son nom VIANNY, graphie qui, parmi toutes celles, très variées, qui lui sont appliquées par les divers scripteurs, a été ici retenue.

• Bernard VIANNY serait né [où ?] le 12 ou le 17 octobre 1740 (mentions relevées dans des tableaux dressés par le directoire du Cher), mais les "états" du Loiret lui donnent 45 ans en 1791 (ce qui le ferait naître vers 1746) et le 1er juillet 1791 il se dit "âgé de 47 ans passés", ce qui le ferait naître plutôt vers 1744.
Son acte de mariage indique qu'il est d'André Noble Vianny et d'Anne-Marie Canavese. Les patronymes de ses parents évoquent le sud de la France, voire l'Italie.

• [à partir de 1765 environ] : Bernard VIANNY commence sa vie professionnelle en tant qu'organiste. L'administration du Loiret en 1791 écrit elliptiquement à son sujet qu'il "a 25 ans de service tant à Saint-Benoit et Aubigny qu'autres lieux".
Parmi ces "autres lieux", il faut compter le "monastère de Cisteaux en Bourgogne" puisqu'en 1791, il en appelle au témoignage des religieux de Citeaux sur son compte ("Messieurs les religieux du monastère de Cisteaux en Bourgogne pourront rendre temoignage de sa conduite, et de ses moeurs…"). Ce poste à Citeaux se place à une date inconnue, peut-être dès 1765 et les trois années suivantes – jusque vers la fin de l'année 1768 où Jean-Joseph VIENNE et  Simon FRUICKER sont attestés comme organistes à Citeaux.

• [Date inconnue, avant 1785], Aubigny [Cher] :  Bernard VIANNY devient organiste à Aubigny en Berry. Cette petite ville active, comptant environ 1700 habitants, vit de la fabrication et du commerce de drap. Sa fabrique paroissiale a les moyens d'entretenir des orgues et de rémunérer un organiste ainsi qu'au moins deux chantres.

• 8 février 1786, Aubigny : Lorsque, contraint et forcé par la grossesse en cours, il épouse Antoinette Poupat, il est dit "de cette paroisse", ce qui indique qu'il y a plus d'un an qu'il y réside. Les bans ne sont d'ailleurs publiés qu'à Aubigny. La mariée est ici dite fille majeure d'un tanneur (décédé), mais les renseignements donnés ultérieurement à son sujet disent son père journalier [voir ci-après au 15 mai 1805]. Née à Henrichemont [Cher] – à 25 km au sud d'Aubigny – le 23 février 1760, elle est donc plus jeune que son mari de quinze à vingt ans.
Bernard VIANNY – dont les deux parents sont décédés antérieurement, sans qu'il soit précisé où – est accompagné de Guillaume RICHARD maître cardeur [et chantre de la paroisse], et d'un autre cardeur. La plupart des présents – et en particulier la mariée – ne savent pas signer. Seuls signent l'un des témoins (maître sellier) et le marié ("Bernard Vianny").
• 31 mai 1786, Aubigny : Lors du baptême de sa fille Marie-Anne, née un peu moins de quatre mois après les noces, Bernard VIANNY est dit "organiste de cette paroisse". Le parrain choisi est Pierre Coudereau, chapelier. La marraine, peut-être une amie de la mère, est domestique et ne sait pas signer.

• [À une date qui reste à préciser entre mi-1786 et 1790] Bernard VIANNY quitte l'orgue d'Aubigny pour celui de l'abbaye bénédictine de Saint-Benoît. Il s'agit pour lui d'une migration de faible ampleur, l'abbaye étant située à 40 km seulement au nord d'Aubigny, soit de l'ordre de huit heures de marche, en traversant la Loire à Sully. Parmi les organistes précédents attestés à Saint-Benoit, on peut citer André AMNON, qui avait quitté Saint-Benoit (pour Sully) fin 1768 ou début 1769, puis Jean-Louis GONNIN, qui avait quitté Saint-Benoît (pour Paris puis Pithiviers) vers l'été 1783 : ce n'est donc pas à lui que succède VIANNY, il nous manque (au moins) un nom d'organiste entre GONNIN et VIANNY.

1790, Saint-Benoit-sur-Loire [Loiret] : Organiste de l'abbaye mauriste Saint-Benoit, Bernard VIANNY reçoit un traitement de 600 livres par an. L'abbaye rémunère aussi un bedeau sous-sacristain et un sonneur.

• 26 mars 1791 : Le directoire du district de Gien envoie au comité ecclésiastique un tableau récapitulatif de l'état des officiers laïcs et musiciens du monastère de Saint-Benoit. Le directoire du district juge VIANNY "pauvre, chargé de famille, et hors d'état de travailler". Il propose à la fois une pension viagère de 200 livres et une gratification de 300 livres, ce qui n'est pas habituel.
• 27 mai 1791 : VIANNY rédige une supplique autographe, dans laquelle il se dit âgé de 48 ans. Il renvoie à l'avis des administrateurs "d'Aubigni-en-Berri" [Aubigny-sur-Nère, Cher] et des religieux du monastère de Cîteaux en Bourgogne pour compléter celui des administrateurs du Loiret, et affirme "qu'il n'y a jamais eu aucune plainte contre lui". On remarque qu'il inverse les chiffres de la proposition de l'administration et affirme que "Messieurs du Directoire de Gien, connoissant son besoin extrême et son talent, lui ont accordé 300 livres de pension et 200 livres de gratification".
• 1er juillet 1791, Paris : Bernard VIANNY rédige une autre supplique, adressée aux "Augustes représentants". Se disant "âgé de 47 ans passés, chargé de famille et hors d'état de travailler" (on retrouve ici la phraséologie de l'administration), il dramatise son cas à dessein, parlant de "l'état affreux où il se trouve réduit", de "la dernière misère où il se trouve". Il traite la pension viagère proposée par le District et validée par le Département de "médiocre". Il semble être venu présenter lui-même sa supplique au Comité ecclésiastique puisqu'elle est datée de Paris et qu'il se décrit comme "un pauvre et malheureux qui est obligé de faire une route de 64 lieues et a laissé toute sa famille dans la plus grande nécessité".

•  8 juin 1792, Saint-Calais (Sarthe) : Bernard VIANNI "citoyen de la ville et paroisse de St-Benoit-sur-Loire (Loiret) ancien organiste de l’abbaye de St Benoit sur Loire" signe avec les fabriciens de la paroisse un contrat pour "toucher l’Orgue de la paroisse les jours de dimanche et fêtes" pendant neuf ans, aux gages de 400 livres / an. Bossé, le curé constitutionnel, a fait transférer l'orgue de l'abbaye dans l'église paroissiale, et c'est sans doute lui aussi qui a recruté Vianny. De Saint-Benoît-sur-Loire à Saint-Calais, il y a environ 130 km par l'itinéraire pédestre le plus direct.
• Juillet 1792, Saint-Calais : Le sieur "VIANI" ci devant organiste de St-Benoit-sur-Loire apparaît pour la première fois dans le registre des pensions ecclésiastiques de la Sarthe avec la somme de 50 livres "pour son 3ème trimestre de 1792".
• 7 janvier 1793, Saint-Calais : Bernard VIANNY reçoit 150 livres de la fabrique paroissiale pour deux quartiers en tant qu'organiste de la paroisse, dont le second est échu au 1er janvier. Plus aucun autre document ne vient ensuite prouver sa présence à Saint-Calais. L'organiste est reparti pour le Berry.

• [1796/an V], Aubigny (Cher) : Bernard VIANNY figure dans la liste des traitements et pensions ecclésiastiques du district d'Aubigny, comme "organiste", avec un paiement de 200 livres par an. Est-ce un salaire ou une pension ?

• 1er semestre an VII [début 1799], Aubigny :  Bernard VIANNY est mentionné comme "salarié" (200 lt) dans le tableau des pensionnés du Cher pour le 1er semestre de l'an VII.
• 17 messidor an VII [5 juillet 1799], Toulouse : Bernard VIANNY/VIANY, ex-organiste, reçoit sa pension ecclésiastique du 2ème semestre de l'an VI, d'un montant de 33,33 francs, dans le département de la Haute-Garonne. Est-ce le même individu ou un homonyme ?

• [À une date inconnue] : Bernard VIANNY devient musicien dans l'armée. À son décès, il est "musicien en Chef à la 14ème demi-brigade d'infanterie". Cette 14ème demi-brigade ayant été engagée sur divers théâtres d'opération, en particulier en Italie, il n'est pas impossible que le musicien y ait trouvé la mort.

• Bernard VIANNI est décédé avant le 25 floréal an XIII (15 mai 1805), date à laquelle sa veuve, Antoinette Poupat, 45 ans, se remarie à Moulins avec un jeune dragon de 24 ans et demi, Pierre Battault (il signe "Battau"). L'acte de mariage fait état de l'acte de décès "en bonne forme" de Bernard VIANNY, "époux en premières noces de la dite Antoinette Poupat", sans qu'en soient précisés le lieu et la date. Son statut de musicien militaire pouvait suggérer un décès à Moulins, ville de garnison, mais son nom ne figure pas dans les deux tables possibles.

• 3 septembre 1808, Moulins : Sa fille Marie-Anne se marie avec Jean-Baptiste Lafaix, charron, à Moulins, en présence de son beau-père. L'ancien dragon est devenu cabaretier. L'acte de décès de Bernard Viany, "père de la future", est mentionné parmi les pièces fournies au moment du mariage, mais toujours sans davantage de précision.

Mise à jour : 17 juin 2019

Sources
F-Ad03/ NMD Moulins  ; F-Ad18/ 1 L 637 ; F-Ad18/ BMS Aubigny-sur-Nère  ; F-Ad18/ BMS numérisés en ligne ; F-Ad31/ 1 L 1097/93-94 ; F-Ad31/ 1 L 1150/84-85 ; F-Adio Le Mans/ Dossier fabrique St-Calais ; F-An/ C*/II/14 ; F-An/ DXIX/090/739/06 ; F-An/ DXIX/090/755/11 ; L.Froger, "La paroisse et l'église Notre-Dame de Saint-Calais", RHAM, 1895

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