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ROISIN, Charles Antoine (ca 1743-1780)
État civil
NOM : ROISIN     Prénom(s) : Charles Antoine     Sexe : M
Date(s) : 1743 ca  / 1780-11-17 
Notes biographiques

Charles Antoine ROISIN, sans doute formé dans une psallette parisienne a été successivement haute-contre à la paroisse des Saints-Innocents à Paris puis dans les cathédrales de Chartres, Paris et Rouen. Son dernier poste est à la collégiale Saint-Martin de Tours où le chapitre n'a cessé d’œuvrer pour le faire venir, indubitable indice de la qualité de sa voix. Il meurt en 1780 à l'âge de 37 ans, sans doute des suites de son alcoolisme chronique qui suscitait l'ire des chanoines et des sanctions financières de plus en plus fréquentes.

• [Vers 1743], diocèse d'Amiens : Charles Antoine ROISIN, fils de Charles Roisin et de Marie-Marguerite François, vient au monde. Au moment de son mariage en 1776, ses parents semblent résider à Paris. Son frère Jacques se marie à Breteuil [Oise] le 23 février 1773; il est précisé qu'il est de fait et de droit de la paroisse Saint-André-des-Arts à Paris.

• Quand ?, Chartres : Le sieur ROISIN est musicien haute-contre à la cathédrale (voir ci-dessous au 23 mai 1771).

• 1er décembre 1764, Paris : Il est reçu comme haute contre en l'église des Saints-Innocents. Il "assistera au chœur en surplis les dimanches et festes et jeudy de même qu'aux processions qui se font hors de l'Eglise dans le courant de l'année moyennant la somme de trois cent livres d'apointement par an". On ne sait rien de sa formation. A-t-il été enfant de chœur dans cette église?

• 1er août 1768, Paris : Charles Antoine ROISIN, laïc originaire du diocèse d'Amiens, est reçu parmi les machicots [musiciens] de la cathédrale Notre-Dame. Il ne semble pas être resté longtemps à ce poste mais le registre ne mentionne jamais les dates de départ des gagistes.
• 17 septembre 1768, Rouen : Les chanoines de la cathédrale prennent lecture d'une lettre de leur maître de musique, Lambert-Ignace-Joseph RIQUEZ, alors en séjour à Paris, qui leur propose un musicien haute-contre. Il décident de "luy répondre que ledit musicien peut se rendre à Rouen pour être entendu et que le chapitre luy paiera son voïage s’il n’est point reçu".
• 21 septembre 1768, Rouen : Le chapitre reçoit officiellement le sieur ROISIN, musicien haute contre, "pour chanter dans cette église aux appointements de 800 livres, lesquels commenceront à courir du 18 du présent mois". Soit le lendemain même de la réception de la lettre de RIQUEZ : peut-être est-ce ROISIN lui-même qui l'avait apportée de Paris ? De plus, il lui sera donné "un louis pour son voïage".
• 10 décembre 1768, Tours : Le chanoine de Saint-Martin Duperche écrit au facteur d’orgues Lefebvre de rechercher à Rouen une haute-contre pour la collégiale.
• 23 décembre 1768, Tours :  Le chapitre fait écrire à la haute-contre ROISIN. 

• 7 janvier 1769, Tours : ROISIN est toujours à Rouen. Le chapitre de Saint-Martin lui propose 800 livres par an dont 600 en titre et 200 livres de frais de voyage (baissés à 120 livres le 21). L’affaire ne se conclue pas.
• 11 janvier 1769, Rouen : Le musicien s'est fait surprendre – prétend-il – en étant absent à des offices auxquels il aurait dû être présent, ce qui lui a occasionné une retenue salariale. Il supplie le chapitre "de le traiter favorablement, attendu qu’alors il ne sçavoit point encore les usages"… ce que le chapitre accepte : il est "remis en gain par grâce spéciale".
• 1er février 1769, Rouen : ROISIN vient "représenter" à son chapitre employeur "qu’on luy offroit une condition fixe dans une autre église". En clair, il tente de faire jouer la concurrence entre Notre-Dame de Rouen et Saint-Martin de Tours pour obtenir "une partie de ses appointements d’une manière fixe et certaine". Après délibération, le chapitre de Rouen se contente de lui offrir "seulement pour le présent une augmentation de 100 livres de gages". Même si le chapitre lui refuse un contrat viager, l'augmentation consentie n'est pas négligeable, loin de là, et le musicien accepte manifestement puisqu'il reste à Rouen. Ses gages sont donc maintenant de 900 livres / an.
• 16 octobre 1769 : Le chapitre est saisi d'une demande de gratification de la part de M. ROISIN musicien haute contre. Il renvoie à "la chambre" le soin d'y répondre.

• 23 mai 1771, Chartres : Le sieur ROISIN, "cy devant musicien haute contre en cette église, et actuellement en celle de Rouen, offre ses services" à la cathédrale Notre-Dame. Le chapitre chartrain ne donne pas suite à sa proposition.

• 1er juin 1776, Tours : Le chanoine Duperche est chargé de faire venir de Rouen cette haute-contre afin de l'auditionner à la collégiale Saint-Martin en lui précisant que ses frais de voyage seront pris en charge.
• 11 juillet 1776, Tours : Charles Antoine ROISIN est reçu officiellement haute-contre pour 700 livres en titre et 200 livres « ad nutum », il est toujours à Rouen mais il prendra son poste après le 15 août le temps de régler ses affaires. On lui versera 120 livres de frais de voyage.
• 11 juillet 1776, Rouen : Une fois sa situation établie, il épouse, paroisse Saint-Nicolas, Adélaïde Lepage dont le père est mort à Laon. Les parents de Charles-Antoine ont donné leur consentement écrit le 1er juillet et celui-ci a été légalisé par l'archevêque de Paris. L'acte de mariage ne contient aucune précision quant aux professions du marié et des témoins.

• 5 juillet 1777, Tours : Leur enfant né la veille, ondoyé à la maison, est inhumé dans le cimetière de l'église paroissiale Saint-Venant.

• 29 juillet 1778, Tours : Il signe comme témoin au mariage de la basse-récitante de la cathédrale Saint-Gatien, Émery Henri LEFEBVRE.
• 25 octobre 1778, Tours : Charles Antoine ROISIN, musicien de l'église collégiale Saint-Martin, signe à l'inhumation du père d'Adrien Quentin BUÉE, maître de musique de la même église.

• 8 juin 1779, Tours : Suite aux plaintes de plusieurs personnes à son encontre, ce musicien haute-contre sera muleté et cité à comparaître à la barre capitulaire afin de rendre des comptes au sujet de sa fréquentation assidue et indécente des tavernes ["popinas"] qui commence à altérer son état de santé et l'empêche d'accomplir correctement son office comme lorsqu'il été dans l'incapacité de chanter correctement lors de la dernière messe solennelle de la Fête-Dieu. Il est reçu aussitôt et admonesté par le Maître d’École, qui préside alors le chapitre et menacé des plus terribles peines s'il récidive.
• 16 août 1779 : Il obtient un congé de huit jours avec maintien des gages.
• 22 août 1779 : Son fils Antoine François Pierre est baptisé en l'église Saint-Denis. Il a pour parrain François Joseph PELLÉ, musicien de la collégiale Saint-Martin.
• 25 septembre 1779 : ROISIN obtient un congé jusqu'à la Toussaint avec maintien de ses gages mais devra revenir chanter les jours de fête solennelle.

• 10 juillet 1780, Tours : On lui retranchera 100 livres par an sur ses gages à partir du 25 car il n'a pas bien rempli son office au service divin.
• 15 novembre 1780 : La fabrique est chargée de lui verser 25 livres pour les dépenses liées à sa maladie.
• 17 novembre 1780 : On annonce son décès au milieu de la nuit, à l'âge de 37 ans. Le corps sera examiné le lendemain après les matines puis inhumé.
• 20 novembre 1780 : La compagnie fait verser à sa veuve la somme de 72 livres.

• 18 janvier 1781, Tours : Le fabricier verse 35 livres 10 sols au clerc d’œuvre au sujet des frais d'obsèques de cette haute-contre au service de la collégiale.
• 24 septembre 1781, Tours : En l'église Saint-Étienne, sépulture d’Antoine René, fils de feu Charles Antoine et d' Adélaïde Lepage. Le 14 janvier 1782, cette dernière signe comme marraine d'un fils de Jean Claude VERNIER musicien de l’église Saint-Gatien.

Mise à jour : 27 mars 2019

Sources
F-Adio.Tours/ registre capitulaire St-Martin n°17 ; Almanach musical, 1776 ; F-Ad28/ G330 ; F-Ad37/ 6NUM6/ 261/ 101 ; F-Ad37/ 6NUM6/ 261/ 696 ; F-Ad37/ 6NUM8/ 261/ 046 ; F-Ad37/ G 590 ; F-Ad76/ 4E 02 151 ; F-Ad76/ G 9856 ; F-Adio.Tours/ registre capitulaire St-Martin n°26 ; F-Adio.Tours/ registre capitulaire St-Martin n°27 ; F-Adio.Tours/ registre capitulaire St-Martin n°29 ; F-AdioTours/ registre capitulaire St-Martin n°24 ; F-An/ LL 232/32/1  ; F-An/ LL 761

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