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POIRIER, Pierre, dit LATAILLE (1754-1841)
Complément de nom : dit LATAILLE
Autre(s) forme(s) du nom : POIRRIER
Date(s) : 1754-9-21 / 1841-10-3
Pierre POIRIER-LATAILLE est connu dans la capitale sous l'Empire et jusque sous la Monarchie de Juillet comme compositeur mais aussi comme arrangeur de musique, surtout pour la guitare et la harpe, instruments qu'il enseigne par ailleurs. Dans sa jeunesse, avant la Révolution, ce fils de tailleurs d'habits parisien a servi successivement deux établissements ecclésiastiques de premier plan comme joueur de basson et de serpent, la cathédrale d'Orléans et la Sainte-Chapelle du Palais à Paris. En dépit d'appuis prestigieux à la Cour et parmi les grands noms de la musique, il échoue à obtenir sous la Restauration un poste de professeur ou de surveillant dans une école de musique ou de chant.
• 21 septembre 1754, Paris : Pierre POIRIER vient au monde. Il est baptisé deux jours plus tard en l'église paroissiale Saint-Eustache. Il est le fils de Louis Poirier dit Lataille, maître tailleur, et d'Anne Françoise Laporte, demeurant rue Saint-Honoré. Son parrain est un bourgeois de Paris et sa marraine la veuve d'un maître tailleur.
• Où le jeune garçon a-t-il été formé ? Peut-être a-t-il été enfant de chœur dans sa paroisse de baptême ? A priori, son nom n'apparaît pas dans les registres capitulaires de la Sainte-Chapelle ou de la cathédrale de Paris.
• 15 novembre 1775, Orléans [Loiret] : Le chapitre de la cathédrale Sainte-Croix délivre à Pierre POIRIER un certificat de vie et mœurs. Ce certificat, en latin, déclare d'abord que le jeune homme, originaire de Paris, est "habile dans l'art musical" ("artis sacra musica peritum", formule accolée systématiquement aux chantres professionnels). Sa durée d'exercice reste vague : il est à la cathédrale "depuis quelques mois" ("ab aliquot mensibus") durant lesquels il a participé à la symphonie en cette église. Il a fait preuve d'assiduité et d'une grande modestie dans l'exercice de ses fonctions, et rien ne permet de douter de ses mœurs.
Il ne semble pas pour autant quitter la cathédrale d'Orléans, où il est toujours attesté les années suivantes, mais sans s'élever dans les ordres ou accéder à un bénéfice (à noter : ce certificat ne le dit pas clerc).
• [Vers fin 1779-1785], Orléans : POIRIER figure dans la liste des maîtres de musique "pour la musique vocale" publiée par le Calendrier historique de l'Orléanois pour l'année 1780. Il demeure rue de l'Université en 1779-1780, rue du Bourgneuf en 1783-1785. En plus du chant, il enseigne le basson en 1779-1783 et en 1785, on ajoute qu'il apprend "la Harpe, la Guitarre & Cistre".
• 29 mai 1781, Orléans : Pierre POIRIER, Pierre VALON, Pierre CROISY et Claude MARTIN, tous quatre musiciens de l'église cathédrale d'Orléans, sont présents et signent l'acte de mariage de Jean-Baptiste QUESNEL, musicien de la cathédrale, et de Marie-Catherine Timonier, célébré dans l'église paroissiale de Saint-Pierre-Empont. Est également présent le sieur Julien LEROY, maître de musique de la collégiale Saint-Aignan, ainsi que Pierre Claude Cantin et Jean Moreau qui pourraient être eux aussi musiciens.
• 24 décembre 1785, Paris : "Ce jour mr l'abbé Sooz chanoine tournaire pour nommer une place de clerc serpent vacante s'étant trouvé malade, a écrit à la compagnie pour lui donner avis qu'il avoit fait choix du sieur Pierre Poirier, clerc de Paris", indique le registre capitulaire de la Sainte-Chapelle.
• 7 janvier 1786, Paris : Le sieur POIRIER, clerc de messieurs, a demandé à être tenu présent à matines à cause du quartier où il réside, fort distant de la cour du Palais. En outre, il a demandé un logement vacant et les distributions de la semaine passée qu'il pense avoir mérité, "l'époque de son installation qui avoit été tardive, étant plus l'ouvrage de la négligence de Mr le thrésorier que de la sienne". La compagnie a refusé de le dispenser des matines, et a accordé le reste.
• 25 octobre 1786, Paris : Le chapitre décide de ne lui accorder que la somme de trente-six livres "pour tout le temps qu'il prétend avoir été malade jusqu'à ce jour".
• 14 avril 1790, Paris : La compagnie lui octroie 30 livres de gratification.
• 7 novembre 1790, Paris : Il déclare être clerc [serpent] de la Sainte-Chapelle, demeurant Grande Rue Taranne, n° 8, faubourg Saint-Germain, paroisse Saint-Sulpice. Le revenu attaché à son titre de clerc s'élève à 1020 livres 9 sols 6 deniers dont 456 livres 5 sols pour assistance aux offices, 32 livres pour gros représentatif de la nourriture, 100 livres pour sa part dans la distribution du Carême, 50 livres 2 sols pour fondations et complies du Carême, 82 livres 2 sols 6 deniers pour sa portion d'un legs fait par feu M. de Champigny, trésorier de la Sainte-Chapelle, 300 livres pour indemnité de logement payée annuellement par le domaine ; sans compter 150 livres pour deux distributions supprimées en 1783. Il déclare que ces revenus ne sont pas ceux qui lui sont véritablement dus suivant les chartes et fondations royales, mais un traitement arbitraire consenti par les chanoines de la Sainte-Chapelle. Il se réserve la possibilité de faire valoir ses droits en justice.
Au moment de la fermeture de la Sainte-Chapelle, 17 musiciens et chantres étaient au service de cet établissement, sous la direction du maître de musique Jean Nicolas FRÉCHON, l'un des chapelains ordinaires. Il s'agit des six chapelains perpétuels, qui ont théoriquement des fonctions cantorales (François Robert DORIOT, Joseph Honoré RAYMOND, Étienne Nicolas FANTIN DES ODOARDS, Claude ASSELIN, Armand Henry DE LA BACHELERIE et Pierre TISSET), de cinq autres chapelains ordinaires (Guy Antoine BRALLE, Anne François DUPREY, Jean François VAVASSEUR, Sébastien François Marie Élisabeth TORCY et Antoine CHAVIALE) et de sept clercs (Nicolas Charles BIDAULT DE GARDINVILLE, Adrien CACHELIÈVRE, Jacques CHAUVET, Jacques François DECOMBE, Léger DOUVILLÉ, Benoît Furcy DE SACHY et Pierre POIRIER). En outre, Gervais François COUPERIN touche l'orgue de la Sainte-Chapelle et Jean-Baptiste DESSÉ vient jouer du violoncelle aux grandes occasions.
• 27 mars 1792, Paris : Un projet de règlement lui accorde un traitement de 1 205 livres. Dans ce document, il est qualifié de gagiste ou employé.
• 1793, Paris : "La Suitte du réveil du peuple ou les cris de la Nation contre les agens du crime, avec accompagnement de guitthare par le cn Poirier [dit] la taille, chantée dans les théâtres" est publiée cette année-là. C'est sans doute à cette époque qu'il arrange pour la guitare "Le voyage de l'amour et du temps", composé par le citoyen Davis, sur des paroles du citoyen Ségur le jeune, paru chez Frère.
• 15 janvier 1798, Paris : Pierre POIRIER épouse en la mairie du onzième arrondissement Marie Victoire Bacouillard. Le 21 décembre suivant, leur fille Augustine Eugénie est baptisée paroisse Saint-Côme.
• [1800-1801], Paris : Il arrange pour la guitare la "Romance de la famille suisse" de BOIELDIEU, paroles de Saint-Just d'Hancourt, publié chez Frère, passage du Saumon, rue Montmartre.
• [1806-1814], Paris : Une autre romance de BOIELDIEU est arrangée par POIRIER-LATAILLE pour la guitare ou la lyre. Elle est publiée chez Naderman.
• 1807, Paris : Il fait un arrangement pour "accompagnement de guitare ou lyre" à la romance de Pierre Jean Wachter sur des paroles de Desprades, "Madame de Lavallière : lors de sa première retraite à Chaillot". À une date non précisée, il écrit aussi un "accompagnement de guitare ou lyre de l'invocation à l'amitié" du même Wachter, publiée chez Imbault.
• 15 janvier 1821, Champigny-sur-Marne [Val-de-Marne] : Jean Nicolas Charpentier, 32 ans, vigneron et nourricier déclare le décès survenu la veille de Pierre Paul Félix, âgé de 4 mois et 12 jours, né à Paris, fils de Pierre POIRIER DIT LATAILLE, artiste, demeurant au 8, rue Cassette à Paris, onzième arrondissement, et de Marie Victoire Bacouillard dit Murielle.
• [1821], Paris : La romance de L. T. [sic] "Le retour du croisé", paroles tirées d’Ivanhoé de Walter Scott, est publiée chez Bressler dans un arrangement pour guitare de POIRIER-LATAILLE.
• 5 mars 1822, Paris : POIRIER, qui se dit ancien musicien de la Sainte Chapelle, "autrement dite la chapelle royale de Paris", demande une place de professeur de solfège à l'École royale de musique. Malgré les appuis dont il bénéficie (le duc de Polignac, PLANTADE, CHERUBINI et LESUEUR), il n'obtient pas gain de cause, car le poste est déjà pourvu. Dans sa supplique au duc de Lauriston, ministre de la Maison du Roi, il rappelle qu'il "touche une pension pour [s]es services à cette chapelle ; mais ayant été réduite au tiers, elle n’est plus en ce moment que de 266 f., somme absolument insuffisante pour faire subsister un ménage composé de plusieurs personnes".
• 27 novembre 1822, Paris : POIRIER demande une place de surveillant à l'École royale de musique, sans plus de succès. Son adresse est toujours rue Cassette n°8, au faubourg Saint-Germain.
• 1825, Paris : "L'Aveugle du Village", paroles de M. Léon B., mise en musique avec accomp. de piano ou harpe, par Poirier Lataille, prix 1-50, à Paris", est vendu "chez les marchands de musique".
• 1836, Paris : Son nom figure dans l'Agenda musical de cette année-là parmi les professeurs de harpe. Il demeure alors au n°8, rue Cassette.
• 4 octobre 1841, Paris : Marie Alexis Paul Leprieur, employé à l’école royale polytechnique et Jean-Baptiste Philippe Descamps, marchand de vins déclarent le décès survenu la veille à 10 heures du matin à son domicile du n°61 ter, rue du Colysée, de Pierre POIRIER dit LATAILLE, âgé de 87 ans, natif de la capitale, sans profession, marié à Marie Victoire Bacouillard Marielle, rentière, 63 ans.
• 1842, Paris : Son nom figure encore dans l'Almanach-Bottin du Commerce de Paris parmi les professeurs de musique de la capitale. Il est présenté ainsi : "Poirier-Lataille, harpe et guitare, r. du Colysée, 21".
• 1881 : Selon Fétis, Théodore Nisard a écrit en 1868 dans la "Biographie universelle des Musiciens" une biographie d'Étienne Alexandre LE PRÉVOST évoquant POIRIER. "Ce fut à Paris, dit cet écrivain, qu'il reçut les premières notions de musique sous la direction de Poirier-Lataille, violoniste distingué de la Chapelle du roi Louis XVIII". Le nom de POIRIER n'apparaît en réalité dans aucune liste des musiciens de la Chapelle du roi durant la Restauration.
• 1884, Paris : Gustave Chauquet publie "Le Musée du Conservatoire national de musique, catalogue descriptif et raisonné" dont la notice n° 503 évoque POIRIER-LATAILLE. "503. Basson français. Il est à 5 clefs en cuivre et marqué "Prudent à Paris". Les Tablettes de renommée des Musiciens (1785) signalent ce facteur d'instrument à vent comme un des plus justement renommés du siècle dernier. L'instrument avait été fabriqué pour Poirier Lataille (1754-1841), musicien de la chapelle du Roi, ami de Grétry et professeur distingué qui a surtout écrit pour la guitare (don de René Declée)". On a vu que cette affiliation à la Chapelle du roi résultait d'une confusion entre cette institution et la Sainte Chapelle, due à POIRIER lui-même en 1822 et par la suite entretenue par ses biographes.
Mise à jour : 7 mai 2025

