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HILDEN, Charles François (1746-1822)
État civil
NOM : HILDEN     Prénom(s) : Charles François     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : HELDEN
HILLEDEN
HYLDEN
Date(s) : 1746-10-22   / 1822-2-11 
Notes biographiques

Né et très probablement formé à la musique en Picardie, Charles-François HILDEN mène d'abord une vie assez itinérante puisqu'on l'aperçoit en Flandre, avant qu'il ne vienne chanter la basse-taille dans plusieurs grandes églises du centre-ouest de la France, les cathédrales de Chartres et d'Évreux, la collégiale Saint-Martin de Tours, puis la cathédrale d'Orléans. C'est là qu'il exerce lorsque commence la Révolution.

• 22 [ou 25] octobre 1746, Manancourt-Étricourt [auj. Étricourt-Manancourt, Somme] : En 1791, Charles-François HILDEN déclare avoir 45 ans et être originaire de Péronne. Mais d'autres documents des années 1790, ainsi que ses actes de mariage et de décès, apportent des précisions plus fines : fils de Laurent Hilden et de Marie Theri/Thery/Thiery, il est né le 22 [ou le 25 selon les sources] octobre 1746 à "Saint-Martin de  Manancourt, près Péronne, diocèse de Noyon", c'est-à-dire Étricourt-Manancourt dans la Somme (dont le registre paroissial correspondant à l’époque de son baptême manque), à 13 km au nord de Péronne. L’acte de décès de Charles-François nous apprend que son père était serrurier.

• [1754-1766], [Cambrai] : L'état des musiciens de la cathédrale d'Orléans dressé en juin 1791 ne reconnaît à HILDEN que vingt ans de carrière, soit théoriquement à partir de 1770 seulement environ. Selon ce même tableau, il aurait effectué douze années de service à Cambrai que l'on ne sait pas où placer puisque, à partir de 1776 on le suit assez bien de poste en poste. L'hypothèse de loin la plus logique est que ces douze années à Cambrai correspondent à son temps d'enfant de chœur, ce qui, de fait, entre en contradiction avec une carrière commencée en 1770 seulement. L'explication est probablement la suivante : les vingt ans enregistrés à Orléans correspondent aux certificats de service qu'il a pu produire, et le reste manque (notamment le séjour à Évreux, pourtant dûment attesté dans le registre capitulaire ébroïcien). Il n'y a que 25 km entre son village natal et la cathédrale de Cambrai, ce qui renforce la probabilité d'un recrutement à la maîtrise de cette ville lorsque le petit garçon avait environ 7 ans.

• 5 février 1771, Gand [Belgique] : Dans l'église Saint-Jacques (Sint-Jacobs) est célébré le mariage d'un certain Carolus Franciscus HILDEN, domicilié paroisse Saint-Michel, avec Catharina Philippa Goreels. Le double prénom est celui du musicien, et surtout le nom et l'un des prénoms de la mariée correspondent à ceux qui seront mentionnés ultérieurement lors du remariage de HILDEN en 1781.

• [13 novembre 1776], Chartres : Le sieur HILDEN est reçu une première fois à la cathédrale de Chartres pour chanter la basse-taille. La conservation des registres capitulaires chartrains comporte une lacune entre 1772 et 1777, ce qui empêche d'en savoir plus [voir ci-après au 17 juillet 1777]. Il est très probablement déjà veuf de Catharina Philippa Goreels puisque le chapitre de Chartres n'admet pas d'hommes mariés dans son bas-chœur.

• [avant juillet 1777] : HILDEN quitte Chartres pour Nantes. Mellinet (De la musique à Nantes..., 1837), mentionne "en 1776", sans plus de précision de date, la réception comme choristes à la cathédrale Saint-Pierre de Nantes, pour 700 livres d'appointements annuels, des sieurs PITON, de Rennes, et HILDEN. Il est plus vraisemblable que le court séjour fait par HILDEN à Nantes se soit placé au printemps 1777.
• 5 juillet 1777, Chartres : Le chapitre prend connaissance d'une lettre écrite (depuis Nantes ?) par HILDEN, "cy-devant musicien basse taille", pour demander à revenir à Chartres.
• 17 juillet 1777 : HILDEN est arrivé à Chartres et il est réengagé à la cathédrale comme basse contre récitante — par la suite cependant, il est toujours désigné comme basse taille. Le 19 juillet, le chapitre confirme sa réception "au nombre des autres heuriers, matiniers aux mêmes gages qu’il avait cy-devant, c’est à dire de 17 livres par semaine, suivant l’acte capitulaire du 13 novembre 1776". Cette formulation incite à penser qu'il avait précédemment été reçu à cette date. Ses gages atteignent donc la somme de 884 livres par an. Il obtient une avance pour obtenir des habits d'église, puis une autre pour "ses besoins". On sait par ailleurs qu'il prête de l'argent (15 livres) à VAN ARKHEN, aussi musicien basse taille, lequel le 22 octobre 1777 "s’est en allé pour ne pas revenir"...
Le 5 novembre 1777, HILDEN obtient 36 livres du chapitre, ce qui correspond à "deux semaines de congé qui lui étaient accordées avant son voyage de Nantes, lesquelles ne lui ont point été payées".
C'est sa dernière apparition dans les registres chartrains. Sans doute quitte-t-il Chartres peu après. On peut admettre que, sans tenir compte de l'interruption du séjour à Nantes, il a en effet effectué une année de service à Chartres, durée qui est portée dans le tableau orléanais de juin 1791 évoqué précédemment.

• [De fin 1777 à septembre 1780] : On perd de vue Charles-François HILDEN pendant presque trois années (en l'état actuel des dépouillements). Il a sans doute chanté durant ce laps de temps dans une autre église, qui reste à localiser, et dont il n'est pas fait mention dans son récapitulatif de carrière en 1791.

• 9 octobre 1780, Évreux : Charles "HILLEDEN" (régulièrement ensuite orthographié HILDEN) est reçu comme basse taille à la cathédrale, aux gages de 12 livres par semaine, soit 624 livres par an (260 livres de moins qu'à Chartres). Il portera également la chape pour 60 livres par an en 1781.

• 7 juin 1781, Évreux : Charles-François HILDEN, "musicien de Notre-Dame d’Évreux", veuf de Marie-Catherine Gareil ou Garcel [sic, pour Goreels], épouse Marie-Louise Blanchard, fille d’un maître tailleur de Chartres, domiciliée chez un marchand bonnetier d’Évreux. Il demeure, à Évreux, paroisse de Notre-Dame-de-la-Ronde. Le mariage est célébré à St-Thomas d’Évreux par Louis-Jacques THIAU, maître de musique et chapelain de la cathédrale.

• À la mi-juin 1782, Charles HILDEN demande "une vacance de trois semaines pour prendre les remèdes nécessaires à sa santé". Les chanoines d'Évreux, mécontents de ses services, préfèrent le renvoyer avec 100 livres d'indemnité, puis se ravisant, lui accordent trois mois considérant que "la voix dudit M HILDEN pourrait être la même lorsqu’il serait guéri de son infirmité". Il obtient pour cela le droit de se rendre à Chartres "prendre les bains chaux" [sic].

• 31 janvier 1783, Évreux : HILDEN, basse taille, se présente en chapitre et demande aux chanoines "une vacance de quinze jours pour vaquer à des affaires de famille". Sa demande lui est accordée, "à commencer le lendemain de la Présentation". En réalité, au lieu d'aller traiter des affaires de famille en Picardie, il met le cap au sud et s'en va présenter sa candidature à Saint-Martin de Tours, à 200 km de là (probablement après une première prise de contact par voie épistolaire).

• 13 février 1783, Tours : Les chanoines de la collégiale Saint-Martin assemblés en "gallerie" après la messe canoniale reçoivent ce musicien qui vient d’Évreux aux gages de 800 livres par an.
• 15 mars 1783 : On lui verse 24 livres pour supplément de frais de voyage et ses gages sont fixés à 850 livres par an. Dans cette délibération, on date du 11 février son arrivée à Saint-Martin.
• 15 juillet 1783 : Il obtient un congé de huit jours avec maintien des gages.
• 21 août 1783 : Il est remercié et reçoit 120 livres pour ses trois mois de service effectif.
• 26 août 1783 : Le chapitre l'autorise à partir après avoir chanté à la messe solennelle le jour de la Nativité de la Vierge dans l'église Notre-Dame-la-Riche.
• 2 octobre 1783 : Il est toujours au service de Saint-Martin puisqu'il obtient huit jours de congé avec maintien des gages.
• 3 novembre 1783 : Le fabricier doit lui verser la somme de 332 livres et 10 sols de gratification.
• 14 novembre 1783, Tours : Le secrétaire capitulaire de Saint-Martin est prié de lui délivrer un certificat de bonne vie et mœurs.

• [Probablement à la mi-novembre 1783, juste après son départ de Tours], Orléans : Charles François HILDEN est reçu musicien basse taille à la cathédrale d'Orléans. Le registre capitulaire correspondant à sa réception n'existe plus (incendie de juin 1940).

• 11 août 1787, Orléans : Le chapitre de la cathédrale Sainte-Croix accorde un mois de congé à "HYLDEN musicien basse taille pour vacquer à ses affaires".

1790, Orléans : Charles François HILDEN est toujours musicien basse taille à la cathédrale Sainte-Croix d'Orléans où il déclare avoir effectué sept années de service et recevoir une rémunération de 828 livres.
Vers le 15 mai 1790, les musiciens de la cathédrale Sainte-Croix d'Orléans et de la collégiale Saint-Aignan d'Orléans signent tous ensemble une "requête" adressée à "Nosseigneurs les Députés de l'Assemblée Nationale" pour plaider leur cause, et, au-delà, celle des maîtrises, qu'il faut maintenir car "les maîtrises tant des cathédrales que des collégiales sont pour ainsi dire les seules qui aient fourni les célèbres musiciens qui ont paru jusqu'à présent, soit dans la musique de nos rois, soit sur les théâtres et autres spectacles."
Pour la cathédrale Sainte-Croix signent  HÉRISSÉ, le maître de musique, CARRÉ, l'organiste puis les musiciens dans l'ordre suivant : CONSCIENCE, COMPÈRE, CHAILLOU, SILVESTRE, PRESTAT, LEFEBVRE, BOSSUGÉ, FOUCART, HILDEN, BEREUTHER, QUÉNELADAM et SIONEST. On remarque l'absence de deux des basse-contre, ÉVIN et FAUQUET.
• 25 septembre 1790 : Le chapitre accorde quinze jours de congé "au nommé HYLDEN musicien pour rétablir sa sancté". Les congés accordés par le chapitre sont habituellement "pour vacquer à ses affaires". Celui-ci, pour raisons médicales, est exceptionnel.

• Mai 1791, Orléans : Après la dissolution du chapitre fin 1790, la musique de la cathédrale constitutionnelle est réorganisée et dotée d'un règlement qui, en particulier, règle minutieusement les tarifs de "la pointe" en fonction des types de fêtes ou d'offices. Sont également prévus "les tours pour les enterrements" assurés de semaine en semaine par des binômes fixes. "Dans une assemblée tenue chez M. l'abbé Hérissé", le règlement est amendé puis adopté et signé par 11 musiciens : QUÉNELLEPRESTAT, CHAILLOU, HILDEN, CONSCIENCEADAM, MAUGARS, BOSSUGÉ, COMPÈRE, LEFEBVRE, SILVESTRE. Cet ordre correspond-il à une hiérarchie ou est-il dû au hasard ? Charles HÉRISSÉ, qui est alors maître de musique de la ci-devant cathédrale, n'est pas signataire, mais son nom est mentionné trois fois dans le texte et il a joué un rôle de coordination manifeste.
• Juin 1791: Le directoire du district d'Orléans propose pour HILDEN une pension de 450 livres, qui est accordée par le directoire du département du Loiret, avec un premier acompte de 125 livres.

• 2 octobre 1792, Orléans : Charles François HILDEN, Antoine CONSCIENCE, François CHAILLOU, Jean Claude COMPÈRE, Jacques MAUGARS, tous musiciens de la paroisse épiscopale, prêtent serment "d'être fidèle à la nation, de maintenir la liberté et légalité, ou de mourir en les défendant". Deux jours plus tard, le 4 octobre, Jean-Baptiste BOSSUGÉ, malade, prête le même serment par l'intermédiaire de Claude François LEFÈVRE, lui aussi musicien.
 Charles François HILDEN a donc continué à chanter à la cathédrale constitutionnelle, sans doute jusqu'à la suspension du culte.
• 28 novembre 1792 : Le sieur HILDEN, au nom des musiciens de la cathédrale d'Orléans, sollicite une personne influente pour obtenir du ministre de l'Intérieur le paiement des arriérés des pensions dues et le versement des gratifications ("peignez lui bien Notre besoin urgent et Notre Malheureuse Cituation"…). Il demande l'envoi de fonds à Orléans.
• 1er décembre 1792 : Le premier vicaire épiscopal écrit au ministre de l'Intérieur pour lui demander de tenir compte de la demande précédente.

• 3 ventôse an II (21 février 1794), Orléans : Le divorce du citoyen François HILDEN, marchand, domicilié à Orléans, section de Brutus, rue du Puits de Linière, n°12, et de la citoyenne Marie-Louise Blanchard, est prononcé "pour cause d'absence" de cette dernière. Des voisins attestent qu'elle a quitté le domicile conjugal le 21 décembre 1787. HILDEN explique "que depuis, telle recherche qu’il ait pu faire" il n'a jamais pu "découvrir l’endroit de sa retraite ni se procurer de ses nouvelles". Il relate qu’ils avaient pris la décision ensemble de quitter Évreux pour Orléans. Le couple n’avait pas d’enfant.
• 21 prairial an II (9 juin 1794), Orléans : Devenu "greffier de juge de paix", toujours domicilié "section de Brutus, rue du Puits de Linière, n°12", le citoyen Charles-François HILDEN épouse la citoyenne Louise Mouthon, couturière et fille majeure de François Mouthon (l'ancien suisse de la cathédrale) et de feue Catherine Blanchard. Elle est donc une sœur du prêtre musicien Jean-François MOUTHON, qui n'est pas mentionné dans l'acte. En revanche, on remarque parmi les présents l'ancien musicien Jacques MAUGARS, mercier, ami du futur. Un autre frère de la future, Joachim Mouton, "coutellier", 33 ans, est témoin.

• 17 février 1809, Orléans : Devant notaire, HILDEN passe bail de la maison dont il est propriétaire, et qu'il habite encore, au maire de la ville d’Orléans Antoine-Édouard Crignon des Ormeaux, ce dernier agissant "en qualité de maire" et non à titre personnel. Le sieur HILDEN s'engage à quitter sa maison le 24 juin 1809. Il recevra 300 francs de loyer annuel, payés en quatre termes le 25 des mois de septembre, décembre, mars et juin, pendant neuf ans. Or cette maison n'est autre que l’ancienne maison presbytérale dite de St-Pierre-Lentin, située à Orléans, cloître Ste-Croix n°35. On peut supposer que le musicien l'avait peut-être acquise lors de sa mise en vente au titre des biens nationaux.

• 11 février 1822, Orléans : Vers sept heures du soir, Charles-François HILDEN, "ancien musicien", décède à l'âge de 75 ans à son domicile du n°24 rue Saint-Liphard à Orléans. Cette adresse, très proche de la cathédrale, ainsi que la mention "ancien musicien" pourraient suggérer qu'il avait repris du service à Sainte-Croix à la réouverture du Culte ou après le Concordat.
La déclaration du décès est effectuée le lendemain par son beau-frère Joachim Mouthon, coutelier, 61 ans, et son neveu François Buyer, géomètre du cadastre, 26 ans. Ils apportent de nombreuses informations sur le défunt : né à Manancourt (Somme), il était fils de défunts Laurent Hilden, serrurier, et Marie Thierry. Il était "divorcé en premières noces" [sic, en fait, il avait été marié une première fois antérieurement, voir ci-dessus, mais son entourage l'ignore ou l'a oublié] de Marie-Louise Blanchard, "depuis décédée" et marié à Louise Mouthon.

Mise à jour : 12 septembre 2019

Sources
B-AE/ BMS St-Jacobs, Gand ; C. Mellinet, De la musique à Nantes... 1837 ; F-AD27/ G 1912 ; F-Ad27/ 8 Mi 1594 ; F-Ad27/ G 1912 ; F-Ad27/ G 1913 ; F-Ad28/ G 331 ; F-Ad28/ G331 ; F-Ad37/ G 590 ; F-Ad45/ 3 E 41938 ; F-Ad45/ 51 J 5 ; F-Adio.Tours/ registre capitulaire St-Martin n°30 ; F-Am Orléans/ 2 J 16 ; F-AmOrléans/ 2 E 8 ; F-AmOrléans/ 2 E 96 ; F-An/ DXIX/090/755/01 ; F-An/ DXIX/090/755/15 ; F-An/ F19/1128

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