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HATTON, André (1704-1780)
État civil
NOM : HATTON     Prénom(s) : André     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : HATON
ATHON
ATTON
Date(s) : 1704-11-26  / 1780-6-9
Notes biographiques

Que son patronyme s'orthographie HATTON, HATON ou ATHON, ce musicien a été durant 18 ans maître de musique de la cathédrale Sainte-Croix d'Orléans avant de démissionner brusquement de cette charge et de poursuivre une obscure carrière canoniale de semi-prébendé, toujours au sein du chapitre d'Orléans.

• 26 novembre 1704, Orléans : Dans l'église paroissiale de Saint-Donatien est baptisé André, fils de Agnan Athon [sic], ouvrier en bas, et de Anne Houdé. Son parrain, André Houdé, est cordonnier paroisse Saint-Laurent. Ni lui, ni la marraine, Mathurine Dorgny, ne savent signer leur nom. L'enfant a manifestement vu le jour dans un milieu modeste, éloigné de la culture écrite, et sans doute de la musique dite 'savante'.

• [1711-1721 ou environ] : On peut supposer que le jeune garçon est élevé dans une maîtrise d'enfant de chœur, peut-être à celle de la cathédrale Sainte-Croix. Ce point n'a pu être documenté (les registres capitulaires de cette période sont perdus, tant ceux de Sainte-Croix que ceux de la collégiale Saint-Aignan). Toutefois, seule une formation approfondie dans une maîtrise ou psallette a pu le doter des compétences indispensables aux activités qu'on lui connaît ensuite.

• [1722-1738] : Où André HATTON a-t-il fait ses premières armes ?

• 20 août 1738, Orléans : À cette date, un registre confectionné en 1779 et intitulé "Materiaux receüillis Pour un Coutûmier du chapître de l’Eglise d’Orleans" note elliptiquement "Mr HATTON reçu maître de musique aux conditions enoncées dans la conclusion". Jules Brosset, qui a consulté les registres capitulaires avant leur destruction dans l'incendie de 1940, confirme que c'est en 1738 que André HATTON est devenu maître de musique de la cathédrale Sainte-Croix. Il est aujourd'hui difficile de préciser davantage les conditions de sa réception. Il succédait sans doute à Louis BACHELIER, précédent maître identifié.

• Mars 1751, Orléans : Lorsque commence l'unique registre capitulaire de la cathédrale Sainte-Croix conservé pour cette période, on voit le maître de musique André HATTON coordonnant un groupe de musiciens composé d'un nommé BIGOT, basse contre, de Paterne GOURGOULIN, Claude LEBÈGUE, Louis-Michel LHUILLIER, Toussaint ROTROU, Louis-Vincent SIONEST, Florent VIGNON, et sans doute quelques autres.
• 1er décembre 1751, Orléans : Le sieur HATTON, maître de musique et chanoine semi-prébendé de la cathédrale Sainte-Croix, présente une "requeste verbale" au chapitre pour lui demander huit jours de congé afin de "se présenter à Mr le Révérend Évesque d’Orléans pour recevoir les quatres mineurs et le sousdiaconat". Le 22 décembre 1751 ses lettres de sous-diacre sont enregistrées en chapitre.

• Pâques 1754, Orléans : Le maître de musique de la cathédrale Sainte-Croix voit arriver au chœur deux musiciens nouveaux engagés par le chapitre. L'un est Maître Pierre RIBAULT, prêtre du diocèse de Rennes, "chantant la Haute Contre". L'autre est Maître Jean-Baptiste François MORET, lui aussi prêtre mais du diocèse d’Évreux, pour chanter la basse contre. Le 8 juin de la même année, Roland SÉNÉCHAL, lui aussi basse-contre, intègre à son tour le chœur.
• 16 avril 1754 :  Mr André HATON, "sous diacre et Maistre de Musique de l'église cathédrale", assiste à l'inhumation "dans le cimetière commun de cette ville" de sa mère, Anne Houdet, veuve de feu Mr Agnan Haton, décédée la veille à l'âge de 86 ans. Il signe l'acte "Athon".
• 15 septembre 1754 : "Sur la requeste verbale du Maître de musique", le chapitre accorde quinze jours de congé au maître, André HATTON, et "au nommé GOURGOULIN".

• [Début 1755], Orléans : André HATTON compose un "Concert chanté avec symphonie" célébrant "l’heureux retour de mr Nicolas Joseph de Paris Evéque d’Orleans". Ce dernier était revenu à la fin de décembre 1754 (à la suite du départ prématuré du précédent évêque, jugé trop intolérant vis-à-vis du jansénisme). Le livret, seul conservé, s'ouvre sur l'incipit "Dieu de la paix et du silence". Des indications de répartition d’effectif (parties de solistes chantées, duos et chœurs) prouvent qu'il s'agit du livret d'une œuvre musicale et non simplement de "Vers" adressés à l'évêque.
• 6 mars 1755 : Le maître de musique a la douleur de perdre l'un de ses grands enfants de chœur, Laurent ROGER, 18 ans et demi, mort d'une "pulmonie".

• 4 septembre 1756, Orléans : Le maître de musique démissionne brutalement et "signifie sa sortie de la maitrise au sindic". Le chapitre tente de le faire revenir sur sa décision par la contrainte, y compris en le menaçant de lui retirer sa semi-prébende et de faire appel à l'autorité du Lieutenant général : "le Sr Hatton sorti de la maitrise est sommé par le secrétaire d’y rentrer, avec menace de le priver de son benefice ; consultation pour la requête du chapitre au lieutenant general pour l’y contraindre" (6 septembre 1756). Sur la "réponse négative" du musicien, le 7 septembre, "on assigne le Sr Hatton a rentrer et defense a lui de battre la mesure dans le chœur avant sa rentrée". La tension entre le maître démissionnaire et son chapitre est à son comble.
Comprenant que la décision de HATTON était irrévocable, le chapitre de la cathédrale Sainte-Croix multiplie les contacts pour lui trouver rapidement un remplaçant. Dès le 25 septembre, il décide de "mander M. GIROUST pour maitre de musique", alors grand enfant de chœur (spé) à Notre-Dame de Paris. François GIROUST entre dans son poste de maître de musique de la cathédrale Sainte-Croix à la Toussaint 1756. Il a 19 ans et demi.
Toutefois, malgré les difficultés liées à sa brusque démission, André HATTON ne quitte pas la cathédrale Sainte-Croix, au bas-chœur de laquelle il reste attaché par sa semi-prébende. Il semble y poursuivre une modeste carrière interne, et continuer à y assumer certaines tâches à la charnière du musical et du liturgique.

• 31 octobre 1757, Orléans : "Mr HATON semi prebendé cy devant maitre de musique" est chargé par le chapitre cathédral de travailler à un cérémonial, avec le chanoine Le Roi.

• Le 31 janvier 1759, une commission est formée pour examiner le résultat de leur travail.

• 17 juin 1767 : Maître André HATTON, entre temps devenu prêtre, "autrefois maître des enfants de chœur en notre église", reçoit la semi-prébende laissée vacante par Louis LE VASSEUR, parti pour Paris. Son acte de prise de possession dit (en latin) qu'il est tenu de chanter, psalmodier en mesure tous les offices de la nuit et les autres offices au chœur, et de célébrer douze messes par an soit une par mois. Il est placé dans les stalles hautes.

• Fin août 1776 : Maître André HATTON, prêtre de ce diocèse, se voit conférer une nouvelle chapelle.

• 10 juin 1780, Orléans : Maître André HATTON, décédé la veille, âgé de 77 ans, est inhumé "au cimetière commun de cette ville" en présence de plusieurs dignitaires du chapitre Sainte-Croix, le Doyen, deux archidiacres et le secrétaire. Il est dit "prêtre chanoine semi prébendé de cette église", sans aucune allusion à son ancien rôle musical.

C’est le sieur MOUTHON qui reçoit sa chapelle.

Mise à jour : 16 août 2019

Sources
F-Ad45/ 51 J 2 ; F-Ad45/ 51 J 4 ; F-Ad45/ 51 J 8 ; F-Ad45/ BMS St-Donatien ; F-Ad45/ BMS St-Pierre-Lentin, Orléans ; F-Ad45/ BMS St-Vincent ; F-Ad45/ S chapitre Ste-Croix ; F-BmOrléans/ Ms. 974, n°23 ; J.Brosset, L’orgue et les organistes de St-Paul d’Orléans, 1909

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