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DEPOIX, Jacques (1693-1742)
État civil
NOM : DEPOIX     Prénom(s) : Jacques     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : DE POIX
DESPOIX
Date(s) : 1693-7-21   / 1742-9-1 
Notes biographiques

Décédé près d'un demi-siècle avant l'année de référence de l'enquête Muséfrem, 1790, Jacques DEPOIX n'en mérite pas moins de figurer dans la présente base de données. D'une part parce qu'il s'inscrit dans une famille de chantres et de musiciens d'Église, d'autre part parce qu'il présente un cas intéressant de passage de la musique profane – le Concert – à la musique d'Église, et enfin parce qu'il est une belle illustration de la pluriactivité en action – en même temps qu'il chante à la cathédrale d'Orléans, il est dit "maître vinaigrier", et un peu plus tard "marchand teinturier".

• 21 juillet 1693, Othis [Seine-et-Marne] : Dans ce village situé à environ 18 km au sud de Senlis naît et est baptisé Jacques DEPOIX. La date correspond bien aux âges indiqués à son décès et à son mariage, qui le font naître vers 1692 ou 1693. Il est fils de Simon DEPOIX et de Marguerite Dumesnil, et donc un frère de Simon DEPOIX fils, qui chantera lui aussi à l'église. Au moment de sa naissance, son père est "maître d'eschole" à Othis. Son parrain est procureur fiscal et signe avec une petite ruche.

• 25 juin 1723, Orléans : DEPOIX, taille, figure dans la distribution d'un divertissement donné à l'Académie de musique d'Orléans, laquelle a été recréée dès 1721/1722 par Louis HOMET. Ce divertissement, "mis en Musique par M. Mathieu Belouard", est intitulé Le Triomphe de l’Académie. Le livret conservé montre que DEPOIX y a rempli les rôles d’Apollon, Un Plaisir, Un suivant de Mars.

• 19 juin 1724, Orléans : À Saint-Pierre-Empont, paroisse de la mariée, Jacques DEPOIX, épouse Françoise Espolart / Espaulard. Les bans ont été publiés pour lui paroisse St-Victor, où il demeure, et à Notre-Dame de Senlis, paroisse où demeure son père (lequel a envoyé procuration pour autoriser le mariage). Jacques DEPOIX est dit âgé d'environ 31 ans, aucun métier n'est indiqué le concernant. Toutefois, l'identité de son second témoin, "messire Nicolas GRONIARD, prestre, chanoine semi prébendé en l'église d'Orléans", qui est en fait le maître de musique de la cathédrale, incite à penser que le marié exerce une activité musicale, et ce probablement à la cathédrale Sainte-Croix. Son autre témoin, Christophe Marie, est marchand vinaigrier, et c'est lui qui est chargé de la procuration du père de l'époux.

• 10 janvier 1725, 17 février 1726, 8 mars 1727 et 7 mai 1728 : Quatre premières filles Depoix / Espaulard sont baptisés paroisse Saint-Liphard. L'une d'elles, Anne-Françoise, morte à deux ans et huit mois, est inhumée le 24 septembre 1727. Dans ces cinq actes, Jacques DEPOIX est dit maître vinaigrier. Et aucun des parrains / marraines ne semble avoir de lien avec le milieu musical... Le premier parrain est le maître vinaigrier qui avait été témoin au mariage.

• 15 mai 1726, Orléans : Le chapitre de la cathédrale Sainte-Croix prend une double décision contradictoire. D'une part il confirme "l’ancien usage du chapitre de ne point prendre de musicien marié" ; d'autre part, il fait une entorse à ce règlement en recevant "cependant le nommé DEPOIX, basse taille marié, pour chanter en habit laïc les jours de musique". Il recevra 250 livres payables par quartiers. Cette délibération a dû sembler suffisamment importante aux rédacteurs du Coutumier de l'église d'Orléans en 1779 pour qu'ils la prennent en note – ce qui nous permet aujourd'hui d'en avoir connaissance grâce au répertoire thématique de ce Coutumier, qui a survécu, contrairement à la plus grande part des archives capitulaires, brûlées avec les archives départementales dans le bombardement de juin 1940. Le Coutumier se trouvait, lui, au diocèse, auquel il appartient.

• Après le milieu de l'année 1728, la faille Depoix quitte la paroisse Saint-Liphard, d'abord pour Saint-Paterne, au nord de la ville, ensuite pour Saint-Pierre-Empont, à nouveau au plus près du  cœur de la ville, à proximité de la cathédrale. Le basculement de la vinaigrerie à la musique a probablement été progressif, peut-être les deux activités ont-elles durablement continué à coexister. Mais au cours des années 1730, la vinaigrerie s'estompe au profit de la teinturerie.

• 1er mai 1729 : Dans l'église Saint-Paterne a lieu le baptême de Jeanne-Cécile Depoix, née la veille sur la paroisse, fille de Jacques DEPOIX et de Françoise Espolart. Si aucun métier n'est indiqué pour le père, le choix des parrain et marraine est révélateur des liens qu'il entretient désormais avec les milieux musicaux de la ville : Louis HOMET, "Maître de Musique du Roy de Pologne et de l'église d'Orléans", et Jeanne Patenotre, épouse de Christophe MOYREAU, "organiste de l'église royalle de St-Agnan". Précisons que le roi de Pologne, Stanislas, était alors en exil à Chambord, soit à 45km environ d'Orléans.

• 15 août 1731, Orléans : Le sieur Jacques DEPOIX, "bourgeois", est parrain d'un fils du sieur Christophe MOYREAU, "organiste de l'église royalle de St-Aignan", et de dame Jeanne Patenotre. La marraine est dame Marie Gravier, femme du sieur Michel Desrosiers, maître serrurier. Tous deux signent.
• 28 octobre 1731 : La famille Depoix est installée paroisse Saint-Pierre-Empont lorsque la petite Madeleine meurt à l'âge de quatre ans et sept mois. Aucun métier n'est indiqué pour le père. Les deux témoins sont Michel Marillé, le sonneur, et Édouard Pinson, le sacristain de la paroisse.

•  24 septembre 1734, 8 décembre 1735, 4 octobre 1737, 10 mai 1739 et 24 avril 1741 : Les baptêmes Depoix continuent à se succéder à un rythme soutenu, ces cinq derniers à Saint-Pierre-Empont. Le couple Depoix / Espaulard a donc eu en tout au moins dix enfants, dont deux garçons seulement. Quatre de ces enfants, au moins, meurent en bas âge (entre 22 mois et quatre ans sept mois), sous réserve de ceux qui ont pu décéder dans d'autres paroisses et n'ont de ce fait pas été repérés. Lors des derniers événements familiaux retrouvés dans le registre de Saint-Pierre-Empont, Jacques DESPOIX est presque toujours qualifié de "marchand teinturier"

• 2 septembre 1742, Orléans : Lorsque Jacques DESPOIX, décédé sur la paroisse de Saint-Pierre-Empont, est inhumé "dans le cimetière commun de cette ville", en présence de deux neveux, il est dit "marchand teinturier, garde de Mr le Gouverneur". Cette dernière fonction interroge quelque peu puisque rien jusqu'alors ne l'avait fait apparaître. Il était âgé d'environ 50 ans.

Mise à jour : 17 septembre 2019

Sources
F-Ad45/ 2 J 582 ; F-Ad45/ 51 J 2 ; F-Ad45/ BMS St-Liphard d'Orléans ; F-Ad45/ BMS St-Paterne d'Orléans ; F-Ad45/ BMS St-Pierre-Empont d'Orléans ; F-Ad45/ BMS St-Vincent d'Orléans ; F-Ad45/ BMS Ste-Catherine ; F-Ad77/ BMS Othis

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