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CHOLLET, Jean François (1755-1840)
État civil
NOM : CHOLLET     Prénom(s) : Jean François     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : CHOLET
Date(s) : 1755-5-13  / 1840-12-9 
Notes biographiques

Jean François CHOLLET fait partie de ces excellents chanteurs qui, la Révolution arrivant, passent de l'Église à la scène lyrique. Formé à Saint-Martin de Tours, il s'oriente d'abord vers une activité d'instrumentiste : son premier employeur, la collégiale de Saint-Quentin (Aisne), le rétribue comme serpent et basson. Reçu à la cathédrale de Noyon (Oise) vers 1778, il se spécialise dans le chant. Sa voix de haute-contre, très spécifique, séduit non seulement le public mais aussi l'évêque Grimaldi, qui lui fait faire un essai à l'Opéra de Paris, peu concluant semble-t-il, néanmoins CHOLLET a démontré qu'il pouvait se rendre utile. Il est engagé au "Théâtre des Arts" en 1792. Il y reste 23 ans, employé dans les chœurs. Ses supérieurs sont contents de lui, en dépit de ses sautes d'humeur qui lui valent parfois des suspensions. En 1814, le directeur Picard le fait entrer à la Chapelle royale, où il succède à son fils, qui obtiendra le succès quelques années plus tard à l'Opéra-Comique. Les bouleversements politiques de l'année 1815 mettent fin à sa belle carrière. Mis à la pension, il retourne à Tours, sa ville natale, pour s'y remarier. Il meurt cependant à Paris en 1840.

• 13 mai 1755 : Jean François CHOLLET, fils de Claude François, marchand fabricant, et de Marie-Thérèse Monthizon, naît à Tours [Indre-et-Loire]. Il est baptisé en la paroisse Saint-Pierre-le-Puellier.

• 20 août 1761, Tours : Jean François CHOLLET est reçu enfant de chœur à la collégiale Saint-Martin.

• 20 mai 1769, Tours : Le chapitre ordonne qu'on apprenne à jouer des instruments [basson et serpent très probablement] à CHOLLET. Ses maîtres sont Louis PINSON et/ou François Jean GRATIEUX.

• 20 août 1772, Tours : Le procureur général est chargé de récupérer le basson qui a été prêté à cet enfant de chœur sortant ; on lui verse ses gages s'élevant à 72 livres 10 sols pour environ huit années de service.

• 17 juillet 1775, Saint-Quentin [Aisne] : Un certificat de bonnes vie et mœurs est remis à CHOLLET, musicien de l'église collégiale, qui se dispose à prendre la tonsure.
• 1er septembre 1775, Saint-Quentin : CHOLLET, serpent, obtient une gratification "pour avoir donné des leçons à un enfant de chœur et l'avoir mis en état de jouer du serpent au chœur".
• 16 octobre 1775, Saint-Quentin : Le chapitre ordonne l'achat de deux serpents, l'un pour l'église, l'autre pour CHOLLET, dont le prix lui sera retenu ultérieurement.

• 24 décembre 1777, Saint-Quentin : CHOLLET s'apprêtant à quitter sa place, le sous-chantre est autorisé à faire venir un serpent de Reims et à lui payer sa place. 
• 29 décembre 1777, Saint-Quentin : CHOLLET reçoit une attestation en tant que basson

• 1777-1778, Noyon [Oise] : Jean François CHOLLET est reçu dans la communauté des chapelains de la cathédrale Notre-Dame au cours de l'année comptable. Il paye un droit de 23 livres.

• 29 mars 1780, Noyon : Le chapitre donne la permission à M. CHOLLET, chapelain-vicaire [musicien], "d'aller à Paris pour chercher les moyens de rétablir sa santé" ; pendant ce temps, il sera tenu présent et on lui avancera la somme de 144 livres.
• 11 décembre 1780, Noyon : Le chapitre offre à M. CHOLLET, chapelain-musicien, la somme de 48 livres sur l'aumône du cloître. On ne lui retiendra que 20 sols par semaine sur ses gages jusqu'à ce qu'il ait remboursé les 6 louis qui lui ont été avancés. L'endettement du musicien est sans doute la conséquence de ses soucis de santé.

• 14 décembre 1781, Noyon : Le sieur CHOLET "pourra montrer chez lui à jouer du serpent au nommé Grébert enfant de chœur, pourvu qu'il l'accompagne depuis l'église jusqu'à sa maison et qu'il le fasse reconduire à la maîtrise".

• 3 juin 1782, Noyon : Le receveur des blés est autorisé à arrêter les gages du sieur CHOLLET, chapelain-vicaire, et à se faire payer 20 sols par semaine sur iceux à commencer d'août prochain, jusqu'au paiement intégral d'une somme d'environ 20 livres que CHOLLET doit à cause de sa chapelle des quatre saints docteurs.

• 19 septembre 1783, Noyon : Il obtient 10 jours de congé.

• 24 mai 1784, Noyon : Le chapitre accorde 10 jours de vacances à CHOLLET, à prendre du lendemain de la Pentecôte.

• 16 août 1785, Noyon : Le chapitre lui accorde un mois de vacances.
• 28 octobre 1785, Noyon : CHOLLET, chapelain-vicaire, s'est "retiré sans congé du chapitre", laissant "ses parens sans secours". Les chanoines, touchés par leur situation, leur ont conservé ses appointements pendant 15 jours. La retraite de CHOLLET "vient en partie d'une difficulté continuelle qui étoit entre le m[aîtr]e de musique et lui" (il s'agit d'HOMET). Les anciens sous-chantres sont chargés de faire un mémoire des "abus qui règnent dans la maîtrise".
• 31 octobre 1785, Noyon : Les chanoines reviennent sur la délibération du 28 ; les gages de CHOLLET sont supprimés du jour de son départ, sauf à soulager ses parents par la voie de l'aumône s'ils se trouvent dans le besoin.
• 30 novembre 1785, Noyon : Le sous-chantre est autorisé à ordonner au sieur CHOLLET de remplir à nouveau ses fonctions de chapelain-vicaire, sans rétablir ses honoraires.

• 4 janvier 1786, Noyon : Compte tenu de l'assiduité aux offices du sieur CHOLLET, ses gages lui sont restitués à compter de la présente semaine.
• 5 mai 1786, Noyon : Les chanoines, satisfaits "de l'assiduité et de l'attention que fait paroitre aux offices" le sieur CHOLLET, chapelain-vicaire, arrêtent qu'il récupérera sous forme de gratification les appointements journaliers dont il a été privé du 30 novembre au 7 janvier, en lui retenant acompte sur la somme de 400 livres que le chapitre lui a avancée le 24 février 1785.

• 22 janvier 1787, Noyon : Marie Thérèse "de" Montison, décédée à l'âge de 67 ans, épouse de Claude François Chollet, bourgeois, est inhumée au cimetière de Saint-Martin (sa paroisse de résidence) en présence de son fils Jean-François CHOLLET, chapelain de la cathédrale.
• [1787], Noyon et Paris : Apprenant que Salieri et Beaumarchais cherchent une haute-contre pour interpréter l'eunuque Calpigi dans Tarare, Louis-André de Grimaldi, évêque de Noyon, propose l'abbé CHOLLET, dont la belle voix enchante les habitants de la ville. À son arrivée dans la capitale, celui-ci fait d'abord excellente impression, à la fois par son physique, son jeu et ses qualités de chanteur. Malheureusement, il perd ses moyens lors de la première répétition sur la scène de l'Opéra, au point de s'évanouir. Il est remplacé par Rousseau mais tient tout de même le rôle du coryphée. Nul doute que c'est cette première expérience lyrique qui l'incita, quelques années plus tard, à se reconvertir au théâtre.

• 13 octobre 1788, Noyon : Jean François CHOLLET, clerc tonsuré du diocèse de Tours, chapelain-vicaire de cette église, obtient la chapelle vicariale de Sainte-Luce vacante par la démission de Thomas Antoine ROUSSELLE, avec 25 sous par jour, "à condition qu'il montrera à jouer des instrumens aux enfans de chœur gratuitement". Le chantre a été prié de faire venir d'Arras le sieur PAMARS, "qui sera vicaire du chœur et aura la chapelle et les appointements qu'a eus jusqu'à ce jour le sr Chollet".
• 15 octobre 1788, Noyon : MM. ont accepté la démission de la portion de la chapelle vicariale de Saint-Éloi fondée à l'entrée du chœur de la cathédrale par Charles PICARD, prêtre, et celle de la chapelle vicariale des Quatre Docteurs par M. CHOLLET, clerc tonsuré. CHOLLET est reçu à la chapelle de Sainte-Luce puis installé au chœur en la manière accoutumée.
• 29 octobre 1788, Noyon : La chapelle vicariale des Quatre Saints Docteurs vacante par la démission de Jean François CHOLLET, clerc tonsuré, est conférée à Philippe Joseph PAMARS, clerc tonsuré du diocèse de Cambrai et vicaire de chœur de la cathédrale.

• 26 février 1790, Noyon : Jean François CHOLLET, clerc tonsuré, fait la déclaration des revenus de la chapelle de sainte Luce. Il perçoit 54 setiers de blé, 224 livres en argent de fermages, 10 setiers de blé et 14 livres en argent pour assistance à certains offices de chœur pendant l'année, 456 livres d'appointements, 30 livres de distributions manuelles à la chapelle de la communauté, 56 livres de surcens sur plusieurs maisons de la ville et 56 livres de lods et ventes. En outre, sa part dans les revenus de la communauté des chapelains s'élève chaque année à environ 50 setiers de blé et 200 livres en argent. Ses charges consistent à dire 156 messes par an. Il doit aussi résider et assister à tous les offices du chœur. Il paye 16 livres 10 sols pour les décimes.

• 10 septembre 1790, Noyon : CHOLLET, chapelain-vicaire, "s'étant comporté avec indécence dans le chœur de cette église pendant les Vêpres du jour de la nativité de la Ste Vierge", devra comparaître au prochain chapitre pour y recevoir "les avis convenables". 
• 13 septembre 1790, Noyon : CHOLLET n'ayant point comparu "mais s'étant excusé par une lettre toute remplie de plaisanterie", il a été arrêté qu'il serait privé de ses gages et gratification journalière tant qu'il ne comparaîtrait pas.
• 17 septembre 1790, Noyon : Jean François CHOLLET, chapelain-vicaire, s’est présenté à la barre ; le chantre lui a représenté combien la compagnie avait été indignée des "irrévérences" par lui commises dans le chœur le jour de la nativité de la Vierge, l'a incité à reconnaître ses torts et à demander pardon. Loin d'obtempérer, il a lu un écrit dans lequel il soutient qu'il n’est coupable d'aucune irrévérence et que sa conduite, au contraire, est "digne de louanges". Les chanoines ne pouvant souffrir plus longtemps semblable discours "ni le ton élevé avec lequel il étoit prononcé", lui ont demandé de se retirer. Ils ont arrêté que ce "dangereux exemple" ne devait pas rester impuni. Il est donc privé de ses appointements hebdomadaires, toutes ses absences seront marquées exactement "et si le cas y échet, il sera muleté sur les revenus de sa chapelle".
• 13 octobre 1790, Noyon : Le chapitre prend connaissance d'une lettre de CHOLLET, chapelain-vicaire, dans laquelle il reconnaît s'être mal comporté dans le chœur de l'église pendant les vêpres de la Nativité de la Vierge et prie la compagnie de lui pardonner ses torts. La compagnie a accepté et lui a rendu ses appointements à compter de cette semaine. 

• 25 juin 1791, Noyon : Jean François CHOLLET accepte de prêter le serment civique.

• 1er avril (ou mai) 1792, Paris : Jean François CHOLLET est engagé dans les chœurs de l'Opéra en qualité de haute-contre. Entre 1792 et 1794, il touche 1 200 livres d'appointements dont 200 de gratification. En 1796-1797, ses appointements s'élèvent à 1 400 livres.

• 29 prairial an II (17 juin 1794), Paris : CHOLLET adresse une requête aux "citoyens composant le comité de l'Opéra national" pour obtenir une augmentation, ses appointements étant insuffisants pour le faire vivre d'après lui. Il aimerait aussi tenter sa chance comme soliste : "Les citoyens Lassuze et Guichard connoissent assez mes moyens, qu'il me soit permis une fois de me faire entendre et je serai satisfait. Si je suis assez maladroit pour ne pas réussir, je rentrerai alors dans les chœurs pour n'en plus sortir".

• 9 janvier 1796, Paris : Il se marie à la mairie du 2e arrondissement avec Marie Catherine Barin [Bazin ?].
• 1er juillet 1796-23 septembre 1805 : Jean François CHOLLET sert comme musicien dans l'infanterie. Fin 1799, il fait partie de la Garde consulaire. Il a les cheveux et sourcils châtains, le front "ordinaire", les yeux gris, le nez long, la bouche moyenne, le menton pointu, le visage ovale et mesure 1,77 mètre.

• 20 mai 1798, Paris : Leur fils Jean-Baptiste Marie CHOLLET voit le jour.

• 28 brumaire an IX (19 novembre 1800), Paris : CHOLLET, artiste des chœurs du Théâtre de la République et des Arts, demande à Cellerier, administrateur, de ne pas oublier sa promesse de lui verser la même indemnité qu'à son camarade LEROY.
• 2 frimaire an IX (23 novembre 1800) : GEBAUER, chef de la musique du corps d'infanterie, informe le citoyen CHOLLET que, quoiqu'il ait femme et enfants, il est "désigné pour partir avec le corps" et doit se tenir prêt.
• 3 frimaire an IX : Jean-François CHOLLET, artiste du Théâtre de la République et des Arts et musicien de la Garde des Consuls, adresse une requête au ministre de l'Intérieur pour toucher 823,83 francs d'arriérés d'appointements. Il vient d’être désigné pour partir avec le corps des grenadiers de la Garde des Consuls, alors qu'il a une femme et deux enfants "à l'entretien desquels il est forcé de pourvoir par son seul talent de musicien". Il souhaite le prompt paiement de cet arriéré.
• 6 frimaire an IX (27 novembre 1800), Paris : CHOLLET, musicien de la Garde des consuls, écrit au ministre de l'Intérieur pour réclamer ses "bontés". L'arriéré d'appointements qui lui est dû a été payé en numéraire à presque tous les "premiers sujets" de l'Opéra. Il a reçu l'ordre de se tenir prêt à partir à l'armée, par conséquent sa famille, "indigente et prête à être abandonnée", va se trouver dans une "circonstance douloureuse". Il réside rue Saint-Thomas-du-Louvre, cloître Saint-Nicolas, maison des musiciens de la Garde.
• 19 frimaire an IX (10 décembre 1800), Paris : Le ministre de l'Intérieur Chaptal ordonne à l'agent comptable du Théâtre des Arts Cellerier de payer l'arriéré dû à CHOLLET "de préférence à tout autre". En marge de sa lettre, on lit la réponse "Inutile, Chollet est payé".

• 23 septembre 1801-22 octobre 1802 : Son tout jeune fils Jean-Baptiste Marie CHOLLET est enfant de troupe dans la Garde consulaire. 

• 20 juin 1802, Paris : Lecoq, DEVILLIERS et LEROUX, artistes des chœurs de l'Opéra, obtiennent un supplément de 100 francs chacun, les deux premiers comme chefs des basses, le dernier en tant que chef des tailles. Bien que chef des hautes-contre, "c'est-à-dire le plus ancien", CHOLLET n'obtient rien, "un oubli reconnu par monsieur Bonet et les maîtres de chant".
• 2 octobre 1803, Paris : CHOLLET, doyen des hautes-contre au Théâtre des Arts, écrit au préfet du palais de Luçay avec l'assentiment du directeur Bonet au sujet de son statut et de sa rémunération. Il demande le supplément que tous ses collègues doyens ont obtenu 15 mois plus tôt, plus une gratification de 125 francs qui correspond au temps écoulé sans en jouir. Sa requête est transmise aux maîtres du chant. Il se dit par ailleurs "occupé tout entier de l'éducation et des intérêts de [sa] nièce". 
• 15 octobre 1803, Paris : Le directeur Bonet est favorable à une augmentation de 100 francs des appointements de CHOLLET, non pour les motifs qu'il exprime (le supplément réclamé revenant à Duchamp, d'après les maîtres du chant), mais parce qu'il a bien mérité du Théâtre, et pour l'éducation qu'il a donnée à sa nièce. 
• 25 vendémiaire an XII, Paris : Les maîtres du chant Lasuze, CANDEILLE et PERSUIS rendent leur rapport. Pour eux, l'augmentation demandée doit revenir au citoyen Duchamp, doyen des hautes-contre, quoique chantant dans les tailles. 
• 15 novembre 1803, Paris : Le préfet du palais se range à l'avis de Bonet et arrête que les appointements de CHOLLET passeront de 1 400 à 1 500 francs à compter du premier vendémiaire dernier. 
• 4 décembre 1803, Paris : PERSUIS, maître de chant au Théâtre des Arts, adresse au directeur Bonet un rapport sur CHOLLET, artiste des chœurs, coupable d'insubordination. Il s'est querellé avec CANDEILLE pendant une répétition et a été insolent avec PERSUIS à la fin de la répétition, l'accusant de battre la mesure à faux et lui déclarant "que les chœurs n'allaient plus à l'Opéra depuis [son] entrée à ce théâtre", qu'il "savait son métier et que je ne savais pas le mien". En privé, PERSUIS lui a pardonné ce moment de vivacité, mais comme il a remis en cause sa qualité de chef, il doit être officiellement rappelé à l'ordre devant tous ses camarades. Le même jour, CANDEILLE envoie un rapport tout aussi sévère contre CHOLLET. 
• 20 décembre 1803, Paris : Le directeur de l'Opéra arrête que CHOLLET, chanteur des chœurs suspendu par l'arrêté du 13 [frimaire] pour avoir manqué au C. PERSUIS, maître du chant, est autorisé à reprendre son service, mais qu'il lui sera fait une retenue de 12 francs sur le premier paiement de ses appointements. 

• 30 octobre 1811, Paris : Un arrêté du directeur Picard suspend CHOLLET de service et d'appointements pendant un mois. En même temps, il lui écrit que sa conduite envers ses chefs est "trop répréhensible" et qu'on ne peut plus souffrir son "manque de subordination". Pendant sa suspension, la porte de l'Académie lui restera fermée.
• 15 novembre 1811, Paris : LEBRUN, chef de chant, écrit en sa faveur à Picard. CHOLLET s'est certes mal conduit, estime-t-il, "mais il a de la famille, et 125 F de moins seraient une bien grande privation pour lui et ses enfans". Il demande donc qu'il soit rappelé dès le 16 et que son amende soit réduite, voire remise entièrement. 
• 20 novembre 1811, Paris : Picard écrit à CHOLLET qu'à la demande de LEBRUN, il l'autorise à reprendre son service et qu'il ne lui retient qu'un demi-mois. Il lui rappelle que sa faute est grave et qu'à l'avenir il ne devra plus manquer de respect à ses chefs, car les critiquer revient à critiquer l'administration. 

• 21 août 1812, Paris : CHOLLET réclame à Picard la place de vacante (après le décès de Rodolphe) de maître de solfège à l'Opéra ; il pense être en état de la remplir avec "une extrême exactitude". Il rend des services à l'Opéra depuis 21 ans et demande cette place "pour retraite". Il en a aussi besoin pour soutenir la demoiselle Chollet, sa nièce, "qui n'ayant pu retrouver de place à ce même Opéra, où elle a rendu quelques services, se trouve sans pain et est à ma charge depuis son retour à Paris".
• 28 août 1812, Paris : Picard l'informe que la place de maître de solfège a été accordée à un autre, qui a réuni tous les suffrages.

• 3 août 1814, Paris : CHOLLET rappelle à Picard qu'il est employé à l'Opéra depuis 23 ans et qu'il s'est "consacré tout entier à cet établissement". Ces derniers mois, il a fait entendre son fils aux maîtres de chant et l'a adressé au directeur. Les maîtres, "flattés de son fisique, de sa voix qu'ils trouvent fort belle et de son instruction", lui ont assuré qu'ils le feraient entrer incessamment à l'Opéra, mais aucune décision n'a encore été prise. M. BERTON l'a engagé à se rendre à la classe de M. PLANTADE, et il en fait "un cas très particulier". Il a besoin d'appointements pour s'entretenir. "Si ses [sic] messieurs ont jugés qu'il devait faire honneur à l'écolle de l'opéra, veuillez bien lui en assurer touttes les prérogatives et tous les avantages", insiste-t-il. CHOLLET souhaite une réponse rapide, car il a l'occasion de le placer dans un "corps militaire très distingué" avec environ 1 200 francs d'appointements, et l'habillement. Il a grand besoin "qu'il ne soit plus à [sa] charge".
• 9 août 1814, Paris : CHOLLET remercie le directeur Picard de l'intérêt qu'il porte à son fils. S'il veut bien donner l'ordre de l'admettre avec un traitement suffisant, il se rendra utile à l'Opéra. Il aimerait aussi qu'il ait "ses entrées dans la salle, afin qu'il prenne connaissance de tous les ouvrages du répertoire, qu'il saura très promptement". Par ailleurs, en cas de "nouvel ordre des choses" à l’école de l'Opéra et "qu'on augmentât le nombre des maîtres de solfège", il sollicite une place "semblable à celle qu'occupait Rodolphe".
• 27 décembre 1814, Paris : Jean François CHOLLET père est reçu comme haute-contre à la Chapelle du roi, en remplacement de son fils Jean-Baptiste Marie CHOLLET, démissionnaire, avec des appointements annuels de 1 100 francs.

• 3 mars 1815, Paris : Le directeur de l'Académie fait suivre au comte de Blacas, ministre de la Maison du roi, une lettre du sieur CHOLLET, artiste des chœurs, qui demande pour pension la moitié de ses appointements, avec un certificat de chirurgien qui constate ses infirmités. Le directeur n'a pu que proposer une pension en conformité avec l'ordonnance du premier septembre 1814, et c'est contre cette fixation que CHOLLET réclame les "bontés" du ministre.
• 21 mars 1815, Paris : CHOLLET rappelle à Picard qu'il lui doit sa nomination à la Chapelle du roi et lui en témoigne sa reconnaissance, cependant il craint que le "nouvel ordre des choses" ne lui fasse perdre sa place. Il lui demande à nouveau son intervention : "Je deviens malheureux si vous ne daignez me continuer vos bontés auprès de M. Lesueur ainsi qu'au premier gentilhomme qui sera chargé de l'organisation de la chapelle de l'empereur".
• 20 avril 1815, Paris : CHOLLET, artiste des chœurs, a demandé un ordre au grand chambellan surintendant des spectacles un pour continuer son service qui doit cesser au premier juillet prochain. Il représente qu'il ne lui manque que 21 mois pour compléter le temps de service imposé par le décret du 20 janvier 1811 "et qu'il est parfaitement en état de le faire". Cependant, les chefs de chant, indique le rapport du directeur, l'ont compris parmi les personnes proposées à la pension et il n'est pas concevable de faire une exception pour lui. Sa réclamation doit donc être rejetée.
• 30 juin 1815, Paris : Il est mis à la retraite avec pension. 
• 27 juillet 1815, Paris : Son épouse Marie Catherine Bazin meurt dans le troisième arrondissement. 

• 13 avril 1821, Tours : Jean François CHOLLET, pensionnaire du roi, demeurant 2, rue Saint-Pierre, se remarie à Victoire Adélaïde Pichard, âgée de 24 ans, fille d'un marchand, en présence de Sulpice Philippe LEJAY, professeur de musique. Son épouse lui survivra de beaucoup puisqu'elle s’éteindra à Nemours [Seine-et-Marne] le 23 mars...1884. Dans l'acte, on la dit veuve de Jean-Baptiste François CHOLLET.
• 16 juin 1821, Tours : Leur fillle Jean-Baptiste Victoire Adélaïde Chollet vient au monde.

• 9 décembre 1840, Paris : Jean François CHOLLET s'éteint dans le deuxième arrondissement. On possède l'information grâce à l'acte de mariage de sa fille en 1872 à Larchant [Seine-et-Marne].

Mise à jour : 21 avril 2018

Sources
F-Adio.Tours/ registre capitulaire St-Martin n°17 ; F-Adio.Tours/ registre capitulaire St-Martin n°20 ; Braillon, Le clergé du Noyonnais pendant la Révolution ; Castil-Blaze, L’Académie impériale de musique ; F-Ad02/ G819 ; F-Ad02/ G820 ; F-Ad37/ 6NUM6/ 261/ 493 ; F-Ad37/ 6NUM8/ 261/ 098 ; F-Ad37/ 6NUM8/ 261/ 099 ; F-Ad60/ 1Q2/1013 ; F-Ad60/ 1Q2/401 ; F-Ad60/ 3E471/77 ; F-Ad60/ G 1336/1 ; F-Ad60/ G 1591/1 ; F-Ad60/ G 2620 ; F-Ad77/ 5MI 3760 ; F-Ad77/ 5MI 3761 ; F-Ad77/ 6E351/42 ; F-Adio.Tours/ registre capitulaire St-Martin n°11 ; F-AdiocésainesTours/3 D1 ; F-An/ AJ/13/176 ; F-An/ AJ/13/45 ; F-An/ AJ/13/54 ; F-An/ AJ/13/57 ; F-An/ AJ/13/80 ; F-An/ O/1/842 n°104-105 ; F-An/ O/3/375  ; F-SHD/ GR 20 YC 5 ; Filae.com ; L.Mazières, Noyon de 1789 à 1795..., 1899

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