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CHAUCHAT, Pierre Dominique (1751-1823)
État civil
NOM : CHAUCHAT     Prénom(s) : Pierre Dominique      Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : CHAUCHAT (il signe ainsi à son mariage et aux baptêmes de ses enfants)
CHAUSSAT
Date(s) : 1751   / 1823-11-26 
Notes biographiques

Comme pour beaucoup de musicien de Sarlat, les informations sont fragiles en ce qui concerne Pierre Dominique CHAUCHAT, avant 1790. Il est né en 1751 à Mende mais on ignore tout de sa formation. 1768 est une date possible pour son entrée dans le groupe des musiciens de la cathédrale de Sarlat mais est-il organiste dès cette époque ou musicien ou chanteur ? Le peu d'archives qui reste du chapitre n'apporte pas de réponse. Par contre en 1781, il obtient un statut plus privilégié : un emploi à vie à 500 livres par an et un logement dans l'enclos du chapitre. A partir de 1790, commence, pour lui comme pour tous ses collègues, les longues et répétitives démarches pour obtenir une pension décente, en particulier pour lui qui n'avait que cette activité et une nombreuse famille. Au bout de plus de deux ans, il obtient gain de cause et retrouve une pension de 500 livres, égale à son traitement. Fut-elle maintenue dans les années qui suivirent (1793-1794), où la Révolution durcit ses positions vis-à-vis de tout ce qui avait un lien avec la religion catholique ? On ne sait pas. CHAUCHAT vécut encore trente ans en reprenant du service à l'orgue au début du XIXe siècle. Il fut chaudement remercié par la fabrique à plusieurs reprises pour avoir aussi sauver l'orgue pendant la Révolution. Il meurt en 1823.

•  [1751], Mende : D'après les informations fournies par le directoire du département de la Dordogne le 6 avril 1791, Pierre Dominique CHAUCHAT a 40 ans en 1791. On peut estimer qu'il est né en 1751 ce que confirme une petite information sur le site internet des orgues de la Dordogne. L'acte de décès de 1823 nous apprend qu'il est né à Mende (Lozère).

• [1768], Sarlat : Dans une lettre rédigée par lui en juin 1791, Pierre Dominique CHAUCHAT parle de 22 ans d'exercice, il aurait donc été reçu organiste à la cathédrale Saint-Sacerdos de Sarlat. Il touche l'orgue alors que Jean GAGNERIE est le maître de musique ; à partir de 1779 c'est Michel LEFFRY des FONTAINES qui est à ce poste. Cependant, on peut se questionner sur la chronologie à partir de l'information suivante.

• 27 avril 1781, Sarlat : Dans un acte capitulaire, on apprend qu'il obtient un contrat à vie avec des appointements de 500 livres garantis à vie ; une autre source le dit logé jusqu'en 1790 dans un bâtiment de l'enclos du chapitre de la cathédrale. Alors arrive-t-il à Sarlat après avoir touché un autre orgue ailleurs ou n'obtient-il cette confirmation qu'au bout d'un douzaine d'années à Sarlat ?

• 6 mai 1783, Sarlat : Pierre CHAUCHAT épouse Pétronille Marrain. Une vingtaine de personnes signent le registre dont des officiers de justice (du présidial de la ville, en particulier) mais aucun musicien ! Trois enfants sont issus de mariage (cf. la Nd)

1790, Sarlat : Pierre Dominique CHAUCHAT est toujours organiste à la cathédrale Saint-Sacerdos. Les autres musiciens de la cathédrale de Sarlat sont GARDIE, VINCENOT, VEDRENE et six enfants de chœur dirigés par le maître de musique Michel LEFFRY.
• 13 mai 1790 : Avec ses collègues GARDIE et VINCENOT, CHAUCHAT écrit au Comité ecclésiastique pour rappeler que leurs gages étaient leur seul moyen de subsistance et que le 1er acompte de mars était déjà consommé. Le Comité devait soit régler le montant de leur pension soit autoriser le département à fournir une provision. 

• 6 avril 1791 : Dans le tableau envoyé au Comité ecclésiastique, le directoire du département de la Dordogne estime qu'il faut lui accorder une pension de 500 livres et il précise qu'il est très pauvre et chargé d'une nombreuse famille. Cette somme équivaut à son traitement de ses années d'exercice. Plus tôt dans l'année (en janvier), le district de Sarlat avait fait cette proposition à la condition que CHAUCHAT continue à toucher l'orgue dans la cathédrale devenue église paroissiale de Sarlat et il lui avait fait verser le reliquat de l'année 1790 (322 livres et 12 sous). Le département a donc suivi cette avis.
• Le 1er juin 1791 : N'ayant pas eu de réponse du Comité ecclésiastique, Pierre Dominique CHAUCHAT envoie une lettre au président du Comité pour lui signifier sa détresse, "son besoin journalier" et sa nombreuse famille. Il demande à ce qu'il lui soit fait une avance sur traitement si ce dernier n'est pas encore arrêté.
• 1791 : CHAUCHAT n'a reçu que 250 livres alors que sa pension annuelle semblait, pour lui, bien établie à 500 livres. 

• 23 août 1792 : CHAUCHAT fait une réclamation solidement argumentée au directoire du département. Dans un arrêté du 23 janvier, celui-ci avait établi sa pension à 200 livres, or CHAUCHAT, en s'appuyant sur la loi du 1er juillet 1792 savait que si l'emploi occupé avant le 1er janvier 1789 était défini comme "à vie", la pension devait être du même niveau que le traitement (article 1er de la loi). Il accompagne sa requête des pièces nécessaires : l'acte capitulaire du 27 avril 1781 entre l'évêque de Sarlat, le chapitre et lui pour cet emploi à vie à 500 livres de traitement par an, un certificat de l'ancien chanoine Lacaprade syndic du chapitre et l'avis favorable du directoire du district de Sarlat.

Le directoire du département lui donne raison en déclarant que sa pension s'établit bien à 500 livres à compter du 1er janvier 1791 et que comme il n'a reçu que 250 livres pour cette année, il bénéficiera d'une ordonnance de 250 livres pour 1791 et de trois ordonnances pour les trois premiers quartiers de 1792.

• [période de la Révolution] : CHAUCHAT sauve soin instrument des destructions fréquentes à cette période de l'Histoire. Selon des sources, il aurait jouer des airs et chants révolutionnaires dont la Marseillaise. Avec d'autres, il a été actif pour empêcher le transfert de l'orgue à Périgueux qui était voulu par les administrateurs du département.

• 16 novembre 1808, Sarlat : CHAUCHAT reçoit une lettre de Bouffanges juge de paix de la ville et du canton de Sarlat et président de la fabrique. Le musicien est qualifié de greffier du tribunal et membre du conseil municipal. La fabrique a délibéré le 13 novembre et lui exprime sa reconnaissance pour son zèle, ses soins, ses sacrifices et son dévouement car il a été attaché à l'orgue pendant 30 ans et "a veillé à la conservation de cet instrument avec une sollicitude continue". A la réouverture de l'église, il s'est "empressé de concourir à la solennité et à la pompe du culte en mêlant les harmonies de l'orgue aux chants religieux".

C'est pourquoi la fabrique lui décerne les titres de "conservateur surveillant de l'orgue et d'organiste émérite et honoraire". Par rapport à ses diverses occupations, ses problèmes de santé, sa famille, il peut prendre sa retraite. D'ailleurs un traité a été signé avec le sieur Rodaulos comme remplaçant mais celui-ci aurait trouvé la rémunération insuffisante et aurait quitté Sarlat. CHAUCHAT dut reprendre du service peu après.

• 6 janvier 1811, Sarlat : Nouveau courrier des administrateurs de la fabrique qui disent les éloges de tous pour son "zèle dans la direction de l'orgue à l'occasion de la nouvelle année" et renouvellent leur "reconnaissance plus étendue et mieux ressentie. Sa femme et ses filles pourront bénéficier de chaises dans l'église "sans abonnement ni rétribution"

• 26 novembre 1823, Sarlat : CHAUSSAT décède à 72 ans.

Sans être certainement complètes, les informations réunies permettent d'avoir une vue assez précise de la carrière de ce musicien.

                                                                                                                                      Mise à jour : septembre 2018

Sources
F-Ad24 /Q 18 ; F-Ad24/ 10 L 29 ; F-Ad24/ 10 L 3 ; F-Ad24/ 5 E 514/5 ; F-Ad24/ Etat civil Sarlat 1823 ; F-An/ DXIX/090/738/02 ; F-An/ DXIX/090/738/08 ; F-An/ DXIX/090/738/11 ; Site de l'Assoc. pour le Dévelpmnt de l'Orgue en Aquitaine.

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