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BARDON, Marie Magdelaine (1771-1797 ap.)
État civil
NOM : BARDON     Prénom(s) : Marie Magdelaine     Sexe : F
Autre(s) forme(s) du nom : BARDOU
Madeleine
Magdeleine
Date(s) : 1771-1-30  / 1797 ap.
Notes biographiques

Marie Magdelaine BARDON est un bon exemple de ces femmes musiciennes de la fin du XVIIIe siècle souvent ignorées. Elle est né et a grandi dans un milieu de musiciens ; son père Antoine BARDON est basse-taille à la cathédrale Saint Front de Périgueux, François JAUBART, haute-taille est présent à son baptême en 1771. Certainement formée à la musique dans sa famille, elle poursuivit sa formation dans d'autres structures non définies pour le moment. A moins de 17 ans, elle devient organiste à l'abbaye de Ligueux, assez proche de Périgueux où elle exerce ses talents jusqu'à la fermeture de l'établissement en septembre 1792. Elle se marie cinq ans plus tard à Périgueux.

• 30 janvier 1771, Périgueux : Marie-Magdelaine BARDON est baptisée paroisse Saint-Front. Elle est fille d'Antoine BARDON, musicien de la cathédrale, et de Pétronille Pechmajou. Elle reçoit son double prénom de son parrain, François-Marie Collesse et de sa marraine Madeleine Demaison, qui tous deux savent signer. On remarque que François JAUBART, musicien de la cathédrale, est présent et ajoute lui aussi sa signature à l'acte.

• [dates inconnues], Périgueux : Elle reçoit une formation musicale. "Depuis son enfance élevée dans l'exercice journalier de la musique", dit d'elle un dossier de 1791. Cette formation musicale a probablement été débutée dans le cadre familial, par son père. Mais elle semble avoir été poursuivie et élargie en dehors puisqu'un autre document évoque "ses talents développés par une éducation soignée qui a coûté des sacrifices à son père". Dans ces années de formation, elle a dû être très proche de Françoise JAUBART (elles ont le même âge), fille de François JAUBART, haute taille à Saint-Front et qui comme elle sera organiste.

• Octobre 1787,  Ligueux [Dordogne] : Marie-Magdelaine BARDON est reçue comme organiste à l'abbaye bénédictine de Ligueux. Cette abbaye est située à 15 km au nord-est de Périgueux. Fondation carolingienne, elle fut relevée au XIIe siècle et connue les dégâts liées aux guerres (Guerre de Cent ans, Guerres de Religion). Aux XVIIe et XVIIIe siècles, elle connue un grand renouveau sous la direction de femmes de la famille Saint-Aulaire très implantée en Périgord. Au XVIIe siècle fut fondé un pensionnat pour jeunes filles nobles où elles apprenaient, entre particulier, le chant, la musique et le clavecin. Marie Magdelaine BARDON est engagée certainement pour ces activités et l'accompagnement des offices à l'orgue.

1790,  Ligueux : Marie-Magdelaine BARDON est toujours organiste à l'abbaye de Ligueux. Ses gages semblent être de 200 livres. De plus, elle est nourrie et entretenue par les religieuses.

• 6 mars 1791, Périgueux : Le directoire de la Dordogne envoie un rectificatif au Comité ecclésiastique, expliquant que lors de l'élaboration des tableaux des effectifs des chapitres supprimés, l'organiste de Ligueux avait été oubliée. Or "cette artiste a depuis réclamé". Les administrateurs  précisent à son sujet : "Depuis son enfance élevée dans l'exercice journalier de la musique elle a négligé toute autre profession qui jusqu'à ce jour avoit contribué à lui fournir des aliments, privée maintenant de son état, elle se trouve par conséquent dans la misère". Le tableau rectificatif indique "cette jeune personne est d'une santé très faible". Dans le document envoyé le 16 février 1791, par ce même directoire, le nom et toutes les informations sur Marie Magdelaine  sont en fait rayés. Pourquoi cette action et pourquoi dire ensuite que la jeune organiste a été oubliée ? Une curieuse inexactitude que le document démontre!

• 1er septembre 1792 : Marie Magdelaine Bardon effectue de nouvelles démarches pour bénéficier de la loi du 1er juillet 1792. Elle déclare avoir été employée pendant 5 ans comme organiste et maîtresse de musique à l'abbaye de Ligueux. Cette durée peut paraître surprenante mais le pensionnat rouvre bien en octobre 1790 et Marie Magdelaine dut reprendre son activité auprès des pensionnaires. Cependant la situation matérielle de l'abbaye reste précaire car des biens avaient déjà été mis sous séquestre et au printemps 1791, ils sont vendus comme Biens nationaux. Le couvent est finalement évacué fin septembre-début octobre 1792, les religieuses se réfugiant dans leur famille ou dans des familles amies du bourg. Marie Magdelaine perd son emploi à ce moment là.

Son dossier est étayé par un certificat de service établi par "la citoyenne Saint Aulaire cidevant supérieure de la communauté de Ligueux". Il indique que "la citoyenne Bardon a été constament attachée à la communauté en qualité d'organiste et de maîtresse de musique depuis le mois d´octobre 1787 jusqu´au 1er septembre 1792 aux gages et appointements annuels de 500 lt" (cette somme amalgame sans doute ses 200 livres de gages et l'évaluation de son entretien antérieur). Sans pouvoir affirmer qu'il s'agit là d'un certificat de complaisance, on peut penser que la supérieure a donné une durée globale (cinq ans) qui dut connaître des moments d'interruptions entre 1790 et 1792. 

• [octobre 1792] : son dossier est examiné par les diverses instances. Après l'avis de la municipalité de Périgueux, puis celui du district, le directoire du département de la Dordogne examine son mémoire le 19 octobre et lui accorde une gratification de 500 livres. Le dossier est transmis au ministre de l'Intérieur afin de procurer les fonds nécessaires à ce paiement.

• 8 juin 1797, Périgueux : Marie Madeleine épouse Pierre Léonard Andrault de Sainte-Foy (Gironde).

Les recherches sont à poursuivre pour mieux connaître la vie de Marie Madeleine à partir de la fin du XVIIIe siècle.

Mise à jour : août 2018

Sources
F-Ad24/ 1 L 661 ; F-Ad24/ 5 E 317/9 ; F-Ad24/ 8 L 10 ; F-An/ DXIX/090/738/04,03

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